Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny (2016)

Résumé : L’histoire d’un amour perdu, d’un jeune amour, d’une épée légendaire et d’une dernière opportunité de rédemption.

Critique : 

Il est très difficile de concevoir une suite à un long-métrage quasiment parfait. Malgré quelques défauts, Crouching Tiger, Hidden Dragon a définitivement marqué plusieurs cinéphiles en offrant un divertissement de qualité qui fut reconnu aux Oscars. Il était évident que Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny (Qui nous nommerons simplement Sword of Destiny pour le reste de cette critique.) allait offrir un divertissement inférieur à son aîné. En fait, il ne restait qu’à déterminer l’écart de qualité qui allait séparer ces deux longs-métrages.

Des années après la mort de son compagnon d’armes / grand amour, Yu Shu Lien continue à errer sur les routes de la Chine jusqu’au jour où elle doit assister aux funérailles d’un ami proche, responsable de la garde d’une épée légendaire ayant appartenu à l’homme de sa vie. Alors que le monde des arts martiaux tombe en ruine, un tyran sanguinaire, Hades Dai, est prêt à tout pour récupérer l’épée la plus puissante de la Terre. Pour protéger cette arme mythique, Yu Shu Lien lancera un vibrant appel à l’aide, tout en enseignant à une mystérieuse femme qui pourrait être d’une importance capitale à cette aventure…

Sword of Deatiny est évidemment un film réalisé pour un profit financier. Crouching Tiger, Hidden Dragon n’avait pas besoin d’une suite, puisqu’il concluait parfaitement son scénario et fermait la porte à toute suite. Cela ne veut pas nécessairement dire que Sword of Destiny est une mauvaise suite. Plusieurs suites conçues par un appétit monétaire peuvent être divertissantes et géniales; il ne suffit à penser qu’au dernier Star Wars. Néanmoins, même en visionnant Sword of Destiny sans préjugés, nous sommes forcés de constater que le film est relativement mauvais.

Dès les premières minutes, nous pouvons sentir que Sword of Destiny n’aura pas la même amplitude que le premier volet. Le long-métrage se contente à nous raconter une histoire simple, qui reprend plusieurs éléments du premier chapitre, afin de radoter sensiblement la même chose. Avec ce manque d’originalité, John Fusco (The Forbidden Kingdom) se contente de faire le minimum syndical, comme s’il avait abandonné toute possibilité d’offrir quelque chose de supérieur. Même que l’on pourrait dire que Fusco a abandonné toute tentative de créer du suspense ou des émotions avec ce long-métrage.

L’histoire se concentre ultimement sur un jeune couple d’âmes perdues, coincées au milieu de Sword of Destiny. Le premier est un guerrier capturé en tentant de voler la fameuse épée et l’autre est une jeune demoiselle en quête de vengeance. Et puisque leur histoire n’est pas aussi trépidante que celle de Yu Shu Lien (Yeoh) et Silent Wolf (Yen), nous avons l’étrange impression d’assister à une version Netflix de «The Expendables 3» (Ceux qui ont vu le long-métrage comprendront la référence…). À chaque fois que Sword of Destiny lorgne jeter un coup d’œil vers leur histoire d’amour et de haine, nous voulons simplement piquer une sieste jusqu’à la prochaine scène d’action.

Et pourtant, lorsque Sword of Destiny se concentre sur Yh Shu Lien et Silent Wolf, nous n’éprouvons pas de plaisir supplémentaire. La faible durée du long-métrage et les mauvais dialogues de Fusco ne permettent pas à rendre cette histoire romantique crédible. Même chose pour les compagnons de Silent Wolf qui sont de la chair à canon et qui amputent les personnages utiles à l’histoire, de temps à l’écran et d’exposition supplémentaire avec des sous-intrigues qui seront assez inutiles. Et que dire du méchant de l’histoire, Hades Dai, qui n’a que quatre ou cinq courtes scènes dans le film, peine à être une menace crédible. Nous pourrions presque dire qu’Hades Dai représente une tâche dans la saga de Crouching Tiger, Hidden Dragon, puisque sa présence serait plus justifiée, et plus logique surtout, dans un film d’action des années 80 ou 90.

À la réalisation, Woo-Ping Yuen était possiblement l’un des meilleurs choix pour remplacer Ang Lee à la réalisation; après-tout, Yuen est un réalisateur et un chorégraphe de combat légendaire (Drunken Master, Iron Monkeyet The Matrix, pour ne nommer que quelques exemples.). Étrangement, Yuen n’offre qu’une réalisation honnête sans plus. Lui, qui est pourtant une référence dans le Wire-Fu, ne parvient pas à rendre le mouvement des acteurs, supportés par des câbles, crédibles et il réalise la majorité des scènes sans grande émotion. Et le réalisateur n’est pas aidé par l’utilisation excessive d’effets numériques, qui ne sont pas toujours jolis, et par la direction photographique chaotique Newton Thomas Sigel (X-Men: Days of Future Past) qui peine à camoufler le fait que le long-métrage fut tourné en Nouvelle-Zélande. Les couleurs et les filtres utilisés par ce dernier ne fait qu’accentuer le fait que Sword of Destiny ne fut pas tourné en Chine, comme le premier volet, mais dans la même région de The Hobbit et Lord of the Rings

Heureusement, les scènes d’action ne sont pas si horribles (En excluant, l’affrontement final qui semble sortir de l’adaptation cinématographique de Mortal Kombat…). La séquence de combat sur un lac gelé avec Donnie Yen est plutôt sympathique. Une séquence dans une sortie de restaurant offrant une sorte de bagarre générale l’est également, malgré un humour à la Jackie ChanYen s’amuse à marcher sur les pieds de ses adversaires. Cet humour ressort à quelques reprises durant Sword of Destiny et rate la cible plus souvent qu’autrement. Pour sa part, la trame sonore de Shigeru Umebayashi sert son but sans plus, en supportant de son mieux Sword of Destiny tout en étant facilement oubliable et ennuyeuse malgré quelques bons moments.

Dans le rôle titre, Michelle Yeoh (Tomorrow Never Dies) offre une solide performance malgré la faiblesse du script entre ses mains, même si elle ne peut rivaliser avec son jeu d’actrice du précédant volet de la saga. Donnie Yen (Ip Man ) se révèle être une solide addition, en étant crédible dans une langue qui lui est que secondaire. De plus, il faut admettre que l’acteur jouissait des meilleurs dialogues et des meilleures scènes du long-métrage. Malgré sa faible présence à l’écran, Jason Scott Lee (Dragon: The Bruce Lee Story) fait de son mieux pour rendre Hades Hai convainquant et menaçant. Le reste du casting est assez sympathique. Néanmoins, la décision discutable de filmer le long-métrage en anglais semble apporter de la confusion pour les acteurs d’origine asiatique qui ne sont pas chinois (Comme Harry Shum Jr. qui vient du Costa Rica.). Pour ces derniers, parler en anglais avec un accent chinois ressemble étrangement à parler anglais avec un accent britannique, mais à ce stade-ci, c’est surtout le spectateur difficile qui parle et non le rédacteur de ces lignes qui tente d’offrir une évaluation honnête du long-métrage.

Même s’il était évident que Sword of Destiny n’allait arriver à la cheville de Crouching Tiger, Hidden Dragon, il est dommage de constater que Sword of Destiny soit un échec quasi-total. Certains longs-métrages ne devraient jamais connaître de suite et Sword of Destiny est l’exemple parfait de ce fait prouvé depuis longtemps par Hollywood. Au final nous ne voulons qu’une seule chose : que Netflix (Et Hollywood) laisse tranquille Crouching Tiger, Hidden Dragon pour l’éternité…


Réalisation : Woo-Ping Yuen

Scénario : John Fusco

Avec : Michelle Yeoh, Donnie Yen, Natasha Liu Bordizzo, Harry Shum Jr., Jason Scott Lee, Shuya Chang, Eugenia Yuan, Juju Chan, Chris Pang, Darryl Quon, Roger Yuan

Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny (2016)
2.4

En conclusion

Après The Ridiculous 6, Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny devient le deuxième échec cinématographique pour la plateforme Netflix…

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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