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Paradis du cinéma d'action

Elimination Game (2015)

Résumé : Rick Tyler, un ancien soldat devenu prisonnier est forcé de participer à une télé-réalité l’opposant à des tueurs sanguinaires. Chaque combat contre ces tueurs approche Tyler du but ultime de ce jeu, la liberté…

Critique : 

De façon incognito, un nouveau remake tentera de se faire une place dans l’univers cinématographique canadien. Et c’est Elimination Game (Anciennement Turkey Shoot), remake australien d’un film culte du même pays, Turkey Shoot. Alors que ce film originel a connu un certain succès à l’époque (Et il est encore considéré par certains fans comme étant un des bons films australiens des années 80…), Elimination Game a connu un accueil mitigé lors de sa sortie en salles australiennes. Et vu qu’il prend d’assaut le Canada, c’est le temps de le critiquer…

Rick Tyler, un soldat emprisonné à «New Alcatraz» pour avoir commis le meurtre de plusieurs femmes et d’enfants. Un jour, il est forcé de participer à l’émission Turkey Shoot, qui permet à des détenus de gagner leur liberté en gagnant à trois mini-jeux. Chaque mini-jeu consiste à une course contre la montre dans des environnements inconnus. Sauf que pour empêcher le détenu de gagner, on place des tueurs sanguinaires prêts à tout pour éliminer leur objectif…

Alors que le film originel se voulait être une sorte de critique sociale où les détenus et les marginaux de la société sont placés dans un camp et un jour, le chef de la prison décide d’organiser une petite chasse à l’homme où le gibier est évidemment constitué de quelques détenus de cette prison. Elimination Game n’a aucuns liens avec le film original, en excluant quelques références bien placées. Elimination Game tente plutôt d’être un «remake» de The Running Man (Avec Schwarzenegger), mais à la sauce 21ème siècle.

Sur papier, cela fonctionne parfaitement avec un scénario plus intelligent et plus osé que les apparences semblent montrer. L’intrigue se déroulant dans un avenir proche (Où l’occident est en guerre contre la tyrannie des peuples de l’Afrique, créant ainsi la troisième guerre mondiale…) parvient à balancer parfaitement l’action, le drame et les critiques sociales à travers une intrigue se dévoilant peu à peu, tel un roman d’anticipation. Et tel un mauvais Robocop, le tout nous est présenté comme une émission de télévision avec des commentateurs et des entrevues et c’est sans oublier une sous-intrigue sur le fait que Rick Tyler aurait été accusé à tort. Néanmoins, Elimination Game risque d’être le film le plus mauvais de 2015 et voici pourquoi…

Réalisé par Jon Hewitt, Elimination Game souffre de la pire réalisation qu’il m’ait été donné de voir depuis des années. Elimination Game est une usine à faux-raccords, d’erreurs de montage et d’idées géniales sur papier mais horribles à l’écran. Par où commencer? D’abord, le long-métrage n’a aucune envie d’approfondir les thèmes du scénario écrit par Hewitt et par Belinda McClory (La femme du réalisateur qui tient également l’un des rôles principaux de ce projet.). En fait, il a juste l’intention d’offrir des scènes d’action, mais il ne parvient jamais à faire un travail adéquat dans ce domaine.

Le montage de ces scènes est digne d’un rappeur qui tente de faire une chanson avec un film de Kung-fu. Eliminiation Game parvient presque à concevoir une chanson avec «Yiaaahh» que certains tueurs lancent à la figure de Purcell,  un peu comme si le monteur avait coincé la fonction répétition de son DVD au moment où l’acteur crie «Yiaaahh» et qu’il s’amuse à laisser ces répétitions pendant de longues secondes. Également, puisque nous sommes dans une émission de télévision, il fallait bien jouer au montage quelques plans de caméras cachées.

Lorsque ces caméras sont placées en hauteur, cela apporte un certain style à l’ensemble, mais lorsque ces caméras sont placées sur l’arme des tueurs, Elimination Game atteint un niveau de stupidité jamais atteint par les pires nanars de ce monde. Cela donne des moments invraisemblables, comme lorsqu’un tueur vide son M60 (Popularisée notamment grâce à la saga Rambo.) sur Purcell, que le tueur vise parfaitement (La caméra placée sur cette arme nous le prouve.) et qu’aucune balle n’atteint Purcell ou lorsqu’un tire une flèche sur Purcell et qu’il y a une «caméra invisible» sur cette flèche. Croyez-moi lorsque je dis que c’est impossible de tirer une flèche équipée d’une caméra, surtout dans l’interprétation que ce long-métrage fait de cet acte.

Ensuite, il faut mentionner le fait que ce long-métrage ait été tourné en Australie, mais que l’action se déroule aux États-Unis. Afin de camoufler cet aspect, le réalisateur a eu l’idée d’inverser l’axe des images, notamment lorsque l’intrigue s’éloigne du jeu Turkey Shoot. Sauf que cette idée cause deux énormes problèmes : Nous avons l’impression de regarder quelques scènes devant un miroir et les plaques d’immatriculations de tous les véhicules sont inversés, un détail qui a été corrigé en post-production en ajoutant des barres blanches devant les immatriculations des véhicules. Mais lorsque la caméra et / ou le véhicule bougent, la barre maladroitement dessinée ne bouge pas, créant ainsi un effet spécial assez comique. Honnêtement, chaque scène d’Elimination Game comporte au minimum un détail stupide de ce genre (Et pour certaines scènes ce nombre monte exponentiellement.)…

Heureusement Dominic Purcell (Prison Break) semble avoir un certain plaisir à jouer dans ce long-métrage. Il offre même la meilleure performance de ce casting avec quelques moments biens sentis. Que l’on aime ou pas cet acteur, il faut se rendre à l’évidence qu’il mérite de meilleurs projets. Viva Bianca (Spartacus : Blood and Sand) a également une bonne présence, même si elle ne fait qu’une courte apparition en mi-parcours. Même chose pour Robert Taylor (Longmire) qui a également une courte présence en étant l’un des tueurs à la poursuite de Rick Tyler. La grande surprise de ce casting, c’est l’apparition de Nicholas Hammond (The Sound of Music), un bon acteur qui n’a jamais eu une carrière à la hauteur de son talent.

Critiquer Elimination Game fut une tâche assez ardue. Malgré la bonne volonté des artisans derrière ce film, l’immensité des problèmes devant (et derrière) la caméra ne permet pas au spectateur d’apprécier ce long-métrage à sa juste valeur. Espérons jusque qu’un jour, Dominic Purcell puisse jouer dans des longs-métrages à la hauteur de son talent…

.75 / 5


Réalisation :  Jon Hewitt

Scénario : Jon Hewitt, Belinda McClory

Avec : Dominic Purcell, Viva Bianca, Robert Taylor, Belinda McClory, Nicholas Hammond, Carmen Duncan, Roger Ward, Suzannah McDonald, Juan Jackson, Stephen Phillips

Elimination Game (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
1.2

En conclusion

Fuyez ce long-métrage tant que vous le pouvez encore…

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