Eraser (1996)

Résumé : Un spécialiste en protection des témoins devient suspicieux de ses collègues lorsqu’il travaille sur une affaire impliquant des armes de haute pointe.

Critique : 

La fin des années 90 représente un moment difficile dans la vie d’Arnold Schwarzenegger (Terminator). la majorité des longs-métrages mettant en vedette cet acteur ont été des flops (Pensons notamment à Batman & Robin…) et ce dernier a connu quelques ennuis de santé cardiaque. Néanmoins, cela n’a pas empêché le célèbre géant autrichien d’offrir quelques bons divertissements, dont Eraser qui fut un film marquant pour l’humble spectateur que je suis. Malheureusement, comme tous les projets de cette époque, Eraser n’a jamais été réellement aimé par son public cible…

John «The Eraser» Kruger est un agent du gouvernement spécialisé dans la protection de témoins dont la vie serait en danger. Mais lorsque Lee Cullen, employée d’une entreprise fabriquant des armes, décide de dénoncer une conspiration gouvernementale touchant son employeur, Kruger aura le défi de sa carrière alors que cette conspiration s’étend jusqu’aux portes de son bureau.

Eraser est un drôle de moineau. Ce film tente de jouer sur plusieurs cordes en imitant les classiques musclés des années 80 de Schwarzenegger (The Terminator, Raw Deal, Commando…), en tentant d’être un film de science-fiction digne des années 90 et en ne reniant pas sa vraie forme, celle d’un petit film policier. Le hic, c’est que cet amalgame ne tient pas la route. La majorité des scènes n’a aucuns liens, au niveau de la tonalité et de l’approche qu’elle prend, avec ses confères. Nous pouvons passer soudainement d’un Arnold, avec un gilet en lambeaux, qui détruit tout sur son passage à une bataille de fusils lasers.

Mais, si nous retirons toutes ces fantaisies, nous nous retrouvons avec un film assez banal digne du long-métrage sortant directement en VHS. L’histoire suit un schéma assez classique et très prévisible, un schéma que l’on a vu et revu des milliers de fois. Sans la présence de Schwarzenegger à l’écran, Eraser ne serait d’aucun intérêt. Et contrairement à ses derniers projets qui jouent sur la carte de la nostalgie, Eraser attaque Schwarzenegger avec le plus grand des sérieux, nous donnant même l’impression que ce dernier est un dinosaure d’une autre époque.

Le scénario tente de surprendre son spectateur en jouant la carte du traître mais puisque ce détail est malheureusement dévoilé dans la bande-annonce du film, il n’a l’effet que d’un pétard mouillé. La seule chose qui permet de rendre ce divertissement unique, c’est l’utilisation d’armes futuristes. Par-contre, il est clair que le film de Chuck Russell a honte de cet aspect, puisque leurs utilisations sont limitées à quelques rares moments, essentiellement dans l’affrontement final et dans une scène en début de parcours.

Techniquement parlant, le long-métrage de Chuck Russell (A Nightmare on Elm Street 3: Dream Warriors) fait assez pitié. Russell n’est pas un mauvais réalisateur, mais nous pouvons sentir constamment ses limites dans la mollesse générale de sa caméra. Après-tout, Russell n’a jamais été reconnu pour la force de ses images, mais il parvient néanmoins à offrir quelques bons moments, notamment lors de l’incident se déroulant dans un avion en plein ciel. Celle-ci nous montre la doublure de Schwarzenegger faisant une chute mortelle d’un avion et jouant au chat et à la souris avec ce dernier. Nous parlons de la doublure de Schwarzenegger puisque Russell ne peut s’empêcher de faire quelques gros plans sur le visage du cascadeur, alors que Schwarzenegger n’est visible que sur quelques gros plans devant un écran vert.

D’ailleurs, les effets spéciaux de ce film vieillissent terriblement mals. Nous pourrions même dire que ces derniers sont dignes des années 80, alors que les écrans verts font affreusement visibles et que la production a eu l’idée imbécile d’utiliser des crocodiles générés par ordinateur, plutôt que d’y aller totalement avec des «faux-crocodiles» conçus par des spécialistes en la matière. Néanmoins, il faut admettre que les tirs de munitions laser sont toujours magnifiques à ce jour, ce qui montre un certain effort technique en la matière, un effort qui n’est pas visible dans le restant des scènes… Et parlons rapidement de la trame sonore du compositeur oscarisé Alan Silvestri (Forrest Gump) qui n’offre pas le meilleur travail de sa carrière en faisant le minimum syndical et nous lui en voulons aucunement pour ce détail mineur.

Dans le rôle de l’«Eraser», Arnold Schwarzenegger est égal à lui-même, offrant une performance aux limites de son talent d’acteur. Vanessa Williams (Ugly Betty) joue convenablement la demoiselle en détresse avec un ou deux moments pour s’illustrer, des moments qu’elle utilise amplement. James Caan (Misery) joue le méchant de service assez fadement, à l’image du reste de cette production. Nick Chinlund (Con Air) est également présent dans le rôle du bras droit de Caan, avec une présence assez mineure dans le récit.

Mais ce qui déçoit grandement, c’est le gaspillage d’acteurs de talent comme James Coburn (The Great Escape)Robert Pastorelli (Murphy Brown)James Cromwell (The Green Mile), Joe Viterelli (Analyse This) et John Slattery (Mad Men) qui doivent se contenter de rôles mineurs, dignes d’un caméo glorifié.

Eraser n’est un mauvais film, loin de là, mais les signes du temps commencent à peser lourd sur ce long-métrage qui était assez mineur, lors de sa sortie en 1996. Comme tous les longs-métrages qui ont conclu la fin de la première carrière hollywoodienne d’Arnold Schwarzenegger, Eraser ne représente aussi que le vague souvenir d’une enfance où les films d’action étaient plus grandioses, un souvenir qui continue à se perpétrer aujourd’hui, avec les nouveaux films de l’acteur qui continuent à faire écho à cette époque.

Note : 3.25 / 5


Réalisation : Chuck Russell

Scénario : Tony Puryear, Walon Green, Michael S. Chernuchin

Avec : Arnold Schwarzenegger, James Caan, Vanessa Williams, James Coburn, Robert Pastorelli, James Cromwell, Danny Nucci, Nick Chinlund, Michael Papajohn, Joe Viterelli, Mark Rolston, John Slattery

https://youtu.be/KgfUCUsAmAA

Eraser
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
2.7

En conclusion

Produit typique des années 90, Eraser passera rapidement aux oubliettes, ce contentant de faire le minimum syndical pour plaire aux fans de Schwarzenegger.

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