Marvel est de retour au grand écran. Cette fois-ci, le studio nous amène dans un monde unique. Une section où résident des héros mythiques et immortels, les Éternels. Piloté par une réalisatrice en vogue et oscarisée (Chloé Zhao pour Nomadland), Eternals se veut être une tentative sérieuse d’élever les bandes dessinées destinées aux adolescents à un niveau plus prestigieux. Mais, est-ce que le pari est réussi ??

Une tragédie inattendue force les Éternels, d’anciens extraterrestres qui vivent sur Terre en secret depuis des milliers d’années, à sortir de l’ombre pour se réunir contre le plus ancien ennemi de l’humanité, les Déviants.

Parler de ce film risque d’être assez difficile. Eternals tente de nous raconter un périple de 7000 ans et d’introduire une « équipe » de dix héros en moins de 150 minutes. Et pourtant, le film n’est tout simplement pas assez long pour s’acquitter de cette tâche, même s’il est fondamentalement trop long. Il y a un grand spectacle qui se camoufle, quelque part, dans Eternals. À la base, deux histoires font constamment en conflit. L’une souhaite nous parler de l’impact de ces extraterrestres sur la culture humaine. Et l’autre tente nous plonge dans un film pop-corn, typique de Marvel.

Eternals est incapable de faire les deux, ou même de mélanger ces deux épopées. Rapidement, on s’ennuie devant une histoire qui reprend essentiellement la même formule. Un retour dans le passé, on revient dans le présent pour introduire un nouveau héros, pour ensuite conclure la boucle avec quelques blagues ou une séquence d’action contre des monstres. Et on revient dans le passé, pour recommencer le tout… Cette machination qui tente de créer un spectacle grandiose, sur plusieurs millénaires, atteint vite ses limites.

Il y a un poids à cette mythologie que l’œuvre tente de nous expliquer. Eternals est incapable de se tenir debout, alors que chaque nouveau retour dans le passé ne fait qu’écrouler ce divertissement au sol. On ne sait pas trop pourquoi les studios Marvel ont décidé de nous lancer cette histoire à la figure. Ou quel sera le nouvel angle de cet univers, qui peine encore à se relever du massacre de Thanos. Même la distribution de Eternals ne semble pas nécessairement comprendre ce qui se passe à l’écran. Alors qu’aucun d’entre eux ne parvient à se démarquer dans un film ayant cruellement besoin de leurs talents respectifs.

Le tout est fait de manière convaincante, heureusement… Zhao et son équipe nous livrent une mise en scène sans fautes notables. Certes, aucun moment mémorable ne ressort d’Eternals. Mais le tout nous est servi avec une touche d’élégance et l’utilisation de décors réels, plutôt qu’artificiels. Deux éléments qui élèvent le niveau de prestige d’Eternals. Sauf que ce n’est pas assez pour nous sortir du niveau de somnolence que le long-métrage apporte chez ses spectateurs, petits et grands.

Eternals est effectivement un échec dans le monde de Marvel. À l’image d’Icare, Eternals a volé trop près du Soleil et il s’est brûlé les plumes. Ce qui rend la chute au sol encore plus pénible… Pour les intéressés, il y a deux scènes durant le générique de fin, ne sortez pas de la salle avant de voir celles-ci.

Note : D-

 

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