First Love (2019)

Résumé : Un jeune boxeur et une call-girl se retrouvent pris dans un stratagème de trafic de drogue au cours d’une nuit à Tokyo.

Critique : 

Le cinéaste Takashi Miike a connu une longue carrière prolifique. Elle est loin d’être terminée. D’ailleurs, son dernier long-métrage vient de débarquer au Canada, après un passage remarqué à Cannes en 2019, ainsi qu’une sortie en salles américaines un plus plus tard la même année. Au menu, nous avons First Love, une belle vitrine sur les yakuzas dans un monde trop moderne pour cette organisation criminelle.

Leo est un jeune boxeur talentueux incapable de vivre pleinement. Il est encore hanté par l’abandon de ses parents, un geste qui le tient renfermé et qui l’empêche de devenir la nouvelle sensation du monde de la boxe. Après un diagnostic peu reluisant, Leo erre dans les rues jusqu’au moment où une jeune femme passe à côté de lui, hurlant à l’aide. Il se débarrasse de son poursuivant; sans se douter qu’ils deviendraient la cible d’un policier corrompu, de yakuzas et de nombreux criminels voulant récupérer un magot.

First Love mélange le romantique avec une folle violence avec une maîtrise digne de Quentin Tarantino. On pourrait même presque dire que l’oeuvre de Miike est presque un clone des codes typiques du cinéaste américain. Dans cet hommage involontaire, First Love parvient à devenir une porte d’entrée pour de nombreux cinéphiles qui n’ont jamais exploré la filmographie d’un cinéaste avec une certaine de films à son actif.

L’histoire est d’ailleurs assez universelle. Un garçon rencontre une femme. Le garçon sauve la demoiselle, et leurs destins seront changés à jamais. Il y a même quelques baisers possibles à l’horizon. Durant près de deux heures, le cinéaste part avec cette prémisse et nous plonge dans un chaos où tout est possible. Entre un gangster capable de manier un fusil à pompe avec un seul bras ou un dessin animé au milieu du climax final, First Love est comme un plat de spaghetti qu’on lance au plafond. C’est un film prêt à tout lancer dans les airs, en espérant ne pas recevoir de la sauce tomate à la figure.

La seule chose que First Love ne réussit pas réellement, c’est lorsqu’il tente d’être drôle. Entre une séquence de masturbation ou les apparitions d’un fantôme en sous-vêtements chez Monica, une jeune droguée, l’humour se perd un peu dans la traduction. Même si en visionnant le divertissement dans sa langue originelle, cet aspect de First Love n’obtient pas l’impact que Miike souhaite lui consacrer.

Ceci étant dit, nous ne pouvons que louanger le travail du réalisateur et de ses collègues derrière la caméra. Il dirige sa troupe d’interprètes d’une main de maître. Chacun livre propose des jeux d’acteurs forts réussis; totalement en synchronisation avec le scénario du film ou son action. Parlant de cette dernière, First Love propose un ensemble très varié. Miike y va d’images fortes et de séquences minutieusement préparées. Le long-métrage marche à un rythme effréné. Aux cinq minutes, les nombreuses intrigues du divertissement forcent ses protagonistes à se sortir de situations difficiles. Et les solutions qui sont proposées seront principalement violentes.

Une note toute spéciale est d’ailleurs réservée au dernier tiers de First Love. Bien que les derniers instants sont longs et vides de contenus à la hauteur du reste de l’oeuvre, tout ce qui vient ensuite est très spectaculaire. Un peu comme Denzel Washington dans The Equalizer, l’affrontement final entre notre héros et une vague d’individus armés se déroule dans un magasin à grande surface. Entre les allées d’outils et d’articles divers, un véritable jeu de cache-cache nous est offert par ce divertissement. Le scénario prend le risque de mettre de côté la romance de Leo et de Monica pour se concentrer uniquement sur les personnages secondaires.

Un pari risqué qui va aliéner plusieurs personnes. Une comparaison stupide pourrait être celle d’un film de Batman où le chevalier noir disparaîtrait pendant une vingtaine de minutes durant sa conclusion pour laisser Alfred affronter la mafia de Gotham avec une machette. L’exécution de cette idée frôle le génie puisqu’un jeu d’échecs minutieux et mis en place pour développer des personnages parfois que l’on a précédemment tenus à l’écart. Pour permettre aux véritables tueurs de First Love de s’exprimer librement.

First Love, c’est une histoire d’amour entre deux êtres malheureux. Une aventure romantique peu originale où viennent se greffer plusieurs criminels extravertis. Dirigeant ce chaos d’une main de fer, Takashi Miike nous offre un autre succès à une filmographie très généreuse.


Réalisation : Takashi Miike

Scénario : Masa Nakamura

Avec : Masataka Kubota, Nao Omori, Shota Sometani, Sakurako Konishi, Becky, Takahiro Miura, Mami Fujioka, Yen Cheng-kuo

First Love (2019)
4

Résumé

First Love est un retour réussi dans le cinéma de gangster pour un réalisateur qui n’a plus à faire ses preuves.

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