Heist (2015)

Résumé : Deux apprentis voleurs décident de cambrioler un criminel nommé Pope, mais rapidement ils perdent le contrôle de leur opération et sont coincés dans une fusillade. En fuite les deux criminels n’auront d’autre choix que d’occuper par la force un bus municipal afin de gagner un peu de temps, avec quelques otages, tout en tentant d’échapper à la police locale et au bras droit de Pope.

Critique : 

Même si je doute que l’on se souviendra de Heist dans quelques années, il y a une chose que ce long-métrage réussit à merveille : nous donner le goût de (re)visionner Speed, le meilleur film d’action se déroulant sur dans un autobus. Comme vous vous en doutez, Heist n’avait pas l’ombre d’une chance de prétendre à ce titre, mais cela ne veut pas dire qu’il ne parvient à faire de grandes choses…

Vaughn est un croupier travaillant dans un casino géré par un criminel nommé Pope. Lorsque ce dernier refuse d’aider Vaughn en lui prêtant la somme nécessaire pour couvrir les soins médicaux de sa fille, Vaughn se voit obligé d’accepter l’offre d’un collègue et de braquer le casino. Malheureusement pour Vaughn, le vol ne se déroule pas comme prévu forçant ces hommes à prendre d’assaut un bus municipal.

Heist se glisse dans une catégorie assez étrange puisque son casting et son budget sont trop volumineux pour être associés aux films qui sortent directement en DVD ou en VOD, mais ils sont trop petits pour concurrencer les blockbusters hollywoodiens (C’est peut-être pour cela que le long-métrage connaît une sortie simultanée en VOD et dans une seule salle de cinéma au Québec…). Même la date de sortie du long-métrage n’aide pas sa distribution alors que l’automne est la période préférée des distributeurs pour pousser des longs-métrages à la cérémonie des Oscars.

Et pourtant, Heist a quelques atouts dans sa manche. Le long-métrage débute comme une imitation d’Ocean’s Eleven à la sauce Tarantino, alors que l’intrigue se met en place, que nos héros planifient leur coup et que les personnages jurent comme des marins d’eau douce. Ensuite, comme vous l’avez probablement deviné, Heist prend un autobus et devient peu à peu un «remake» honorable de Speed, transportant l’action jusqu’à l’autre bout des États-Unis.

Cependant, Heist parvient à étonner malgré des dialogues peu subtils et des personnages mal-construits. Ce film a un sens du timing (Pensons à la séquence où nos criminels planifient leur coup.) et propose des revirements de situation assez audacieux pour un divertissement du vendredi soir, dont quelques revirements que nous ne verrez jamais venir. Parmi ces derniers, nous pouvons vous dévoiler le moment où une chaîne de télévision locale montre, par accident, le meurtre d’un otage en direct, offrant un moment satirique involontairement drôle. Néanmoins, la plus grande force du scénario réside dans le parallèle subtile qu’il parvient à faire entre le personnage de Vaughn et de Pope, montrant même que ces deux hommes vivent des cheminements semblables tout au long du long-métrage, même si l’un vole l’autre. Cela permet à ces deux personnages de connaître une évolution assez sympathique qui se finira dans un final poignant.

Derrière la caméra, nous avons Scott Mann, un réalisateur britannique s’étant démarqué avec le sympathique The Tournament. Ici Mann effectue un travail assez remarquable et parvient à créer des scènes d’action dignes d’un petit film hollywoodien, avec un budget qui peine à dépasser les 20 millions de dollars. Soulignons même le travail des cascadeurs qui parviennent à faire quelques prouesses techniques lors d’une séquence où la police attaque et entrent dans l’autobus roulant à pleine vitesse sur l’autoroute. De plus, Mann parvient à être un grand communicateur d’émotions avec quelques scènes qui sauront vous émouvoir.

Notons également le travail de Brandon Cox (The Collector) au poste du directeur de la photographique qui colore habilement la pellicule de Mann, apportant des teintes supportant le fait que le long-métrage se déroule au sud des États-Unis. La trame sonore est composée par James Edward Barker et Tim Despic, deux hommes qui ont déjà travaillé ensemble par le passé dans le film britannique Extraordinary Rendition. À ce niveau, les deux hommes offre une musique splendide avec des morceaux époustouflants, par-contre, il est assez difficile de concevoir que ces morceaux s’agençaient parfaitement avec le style de divertissement que propose Heist, alors que les deux hommes croient qu’ils composent la musique d’un film épique.

Mais, une chose est sure, c’est que Heist repose avant-tout sur le jeu de ses acteurs. Dans le rôle titre, Jeffrey Dean Morgan (The Possession) offre l’une des meilleures performances de sa carrière avec une prestation magnifique et réaliste. Étonnamment Robert De Niro (Goodfellas) n’a pas qu’un seul caméo, mais un des rôles importants de l’intrigue en jouant Pope, un rôle de criminel avec quelques nuances d’humanité, un rôle que De Niro peut jouer subliment les yeux fermés. Pour leurs parts, Dave Bautista (Guardians of the Galaxy), D.B. Sweeney (Fire in the Sky) et Morris Chestnut (The Call) offrent des performances honnêtes, avec leurs rôles de soutien respectifs.

Cependant il y a un acteur qui se démarque dans un rôle de soutien et c’est Mark-Paul Gosselaar (Saved by the Bell). Il joue un policier aux trousses de l’autobus, un rôle que l’on a vu mille fois à Hollywood, mais l’acteur parvient à y insérer sa touche personnelle, illuminant l’écran de sa présence. Finalement, nous avons Kate Bosworth (Superman Returns) présente pour un caméo d’une seule scène, un caméo étrange pour une actrice de sa notoriété, un caméo où elle offre une présence assez fade à l’écran devant un De Niro en grande forme et nous avons Gina Carano (Haywire) dont la présence n’est requise pour une seule et unique raison : avoir un personnage féminin «important».

Non, Heist n’est pas le film de 2015, mais dans une période de l’année où tous les divertissements ont pour objectif de gagner la course des Oscars, Heist arrive comme une bouffée d’air frais avec un divertissement sans prise de tête. Malgré les quelques problèmes d’un scénario qui aurait bénéficié d’une relecture, le long-métrage vous permet de passer un bon moment et sera capable de maintenir constamment sur le bout de votre siège, tout en vous faisant verser quelques larmes à l’occasion.


Réalisation : Scott Mann

Scénario : Stephen Cyrus Sepher, Max Adams

Avec : Jeffrey Dean Morgan, Robert De Niro, Dave Bautista, Gina Carano, Morris Chestnut, Mark-Paul Gosselaar, D.B. Sweeney, Summer Altice, Alyssa Julya Smith, Kate Bosworth

Heist (2015)
3.8

En conclusion

Sans être parfait, Heist est le meilleur film d’action dans un bus depuis Speed. À voir en toute vitesse!!

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Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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