Hellboy (2019)

Résumé : Hellboy, tiraillé entre deux réalités, doit combattre une ancienne sorcière ayant soif de vengeance.

Critique :

Après que Guillermo del Toro soit parvenu à nous livrer deux chapitres solides de Hellboy, le cinéaste Neil Marshall (Dog Soldiers) tente une décennie plus tard de rallumer la flamme du démon dans le coeur de nombreux cinéphiles. Néanmoins, le tout ne s’est pas fait sans douleur, alors que de nombreux rapports indiquent que le tournage fut un véritable enfer pour le cinéaste. Incapable d’assouvir la vision de son cinéaste, ce Hellboy est loin du désastre tant annoncé.

Après une mission infructueuse au Mexique, Hellboy est rappelé auprès de son père qui lui demande de porter assistance à un groupe de chasseurs de géants en Grande-Bretagne. Là-bas, le démon apprendra ses origines, liées à une sombre prophétie, avant de subir une profonde trahison. Laissé pour mort, Hellboy tentera de reprendre des forces tout en empêchant une apocalypse qu’une sorcière souhaite réaliser en se servant de lui…

S’il est loin du désastre annoncé par les nombreuses critiques, Hellboy parvient à être un étrange hommage au cinéma d’aventure qui a bercé mon enfance durant les années 90. Pire encore, à de multiples reprises le divertissement m’est apparu comme étant une reprise inconsciente de The Mummy Returns. Hellboy et le film de 2002 ont les mêmes qualités, les mêmes défauts et des passages assez similaires.
Bien que je risque d’être le seul à l’avoir remarqué, cela n’a gâché en rien mon appréciation du film.

Hellboy est un produit d’une époque dépassée. S’il faut jouer le jeu des comparaisons, Hellboy est plus proche d’une folle soirée de débauche avec une fille rencontrée dans un bar que des films de Del Toro. Cette version vise les jeunes adultes remplies d’hormones. L’histoire va dans tous les sens et nous bombarde constamment avec des nouvelles sous-intrigues. Il faut rester attaché sur notre siège pour pleinement apprécier Hellboy. Un seul moment d’inattention votre part, et vous serez cuits.

Dans son ensemble, l’intrigue se vocalise principalement sur la crise d’identité de son personnage principal. Il cherche à trouver sa place dans un monde où il est forcé de tuer chez de son espèce. Et bien que le divertissement ne tente aucunement de conclure cet arc narratif, le tout apporte un bon message sur l’acceptation et la différence. Hélas, le démon rouge est le seul être à vivre une véritable histoire. Tous les autres personnages font de la figuration ou presque, incluant la fameuse sorcière rouge, dont la présence n’apporte rien qui n’a pas été vu dans les deux précédents Hellboy.

Et pourtant, Hellboy est un spectacle de haute voltige. Enfin, lorsque Neil Marshall est aux commandes. On sent que l’oeuvre est coincée entre deux visions. Parfois, Hellboy nous garde sur le bout de notre siège. Notamment lorsque le héros doit combattre un trio de géants dans les plaines d’Europe; dans un moment éblouissant. Mais à d’autres moments, Hellboy est incapable de créer une séquence d’action sans la massacrer au montage. Les effets spéciaux montrent également cette dualité. Bien que plus sobre dans son approche, le long-métrage a tout de même les meilleures créatures dans un blockbuster de l’année – tant qu’il reste loin d’un ordinateur. Parce que certains effets créés en postproduction sont ridicules et mauvais. Certains acteurs subissent le même traitement que Dwayne Johnson dans The Mummy Returns, se voyant être transformés dans un personnage de jeu vidéo d’une génération fort fort lointaine.

Parlant de ces derniers, David Harbour (Stranger Things) est splendide dans le rôle-titre. Malgré des tonnes de maquillage, Harbour réalise un tour de force et mérite à lui seul le prix du ticket. Tout son entourage n’a la même dévotion. Le reste de la distribution est assez fade, avec aucune chimie ou joie de vivre entre les acteurs. Personne n’est horrible, bien que n’importe qui aurait pu tenir leurs rôles. Sur une note plus positive, Hellboy nous apporte une apparition aléatoire et à mourir de rire de Thomas Haden Church (Spider-Man 3) dans le rôle d’un tueur professionnel pour une scène, ou deux…

Hellboy est un film d’action de haute voltige. Il a un rythme effréné et il n’a pas peur de bâcler ce qu’il entreprend pour sauter immédiatement à la prochaine scène. Il en découle une expérience jouissive pour un public très limité. S’il avait pris le temps de bien faire les choses et de ralentir un peu, on aurait bien pu assister à un digne renouveau de la saga Hellboy.


Réalisation : Neil Marshall

Scénario : Andrew Cosby

Avec : David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane, Sasha Lane, Daniel Dae Kim, Thomas Haden Church, Stephen Graham

3.3

Résumé

Génial dans une salle obscure, Hellboy souffre malgré-tout d’une vision pas assez complète pour pouvoir survivre au travers des superproductions que nous réserve l’été 2019.

Sending
User Review
0 (0 votes)

Add a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *