C’est au tour des films animés de DC Comics de tenter dans l’adaptation de jeux vidéo. Injustice s’inspire des deux jeux du même nom, ainsi que de la bande dessinée accompagnant ces divertissements de salon. L’œuvre tente de condenser des heures de contenu en un film de 70 minutes. Une mission presque impossible qu’Injustice ne parvient pas à réaliser pleinement.

Sur une Terre alternative, le Joker incite Superman à tuer Lois Lane, ce qui provoque un déchaînement chez le héros. Tandis que l’homme d’acier décide de prendre le contrôle de la Terre, Batman et ses alliés tenteront de l’arrêter.

Injustice nous propose d’entrer dans un monde où Superman devient un tyran. On meurt en héros où on vit suffisamment longtemps pour devenir le vilain de notre histoire. Et c’est ce principe que le film nous balance à la figure. Le symbole de la justice et de l’idéologie américaine se fait corrompre par un événement magique, forçant un Batman à créer une résistance souterraine. Hélas, c’est bien trop de contenu pour un film si court.

Le premier tiers d’Injustice fonctionne alors que le film est principalement centré sur Superman qui doit tenter d’arrêter le Joker à Metropolis jusqu’au fameux incident pour ensuite prendre une tournure assez radicale. Par la suite, le divertissement n’a tout simplement pas assez de temps pour nous raconter une histoire logique et qui se tient debout. Plusieurs événements se passent hors de notre champ de vision. On est obligé d’accepter les choses telles qu’elles le sont, alors qu’il aurait été si simple de nous les montrer. Assez vite, la logique d’Injustice prend le bord. Ce qui est doublement vrai si l’on n’est pas un fanatique ardu de DC Comics, puisqu’on se fait balancer à la figure de nombreux concepts et idées, sans pour autant nous les expliquer.

Cela ne veut pas dire que le scénario d’Injustice est à chier. Loin de là. En réalité, il y a une bonne fondation qui parvient presque à nous faire oublier les problèmes fatals du texte. Aidé par le talent de l’incroyable distribution vocale, le long-métrage nous plonge dans un bel examen du deuil. Après tout, nous assistons à une réaction humaine d’un extraterrestre à un drame profondément terrestre. Ses doutes, hésitations et débordements…

Injustice parvient même à intégrer quelques moments d’action bien sanglants. Profitant d’un public cible plus adulte qu’à l’habitude, le film d’animation n’a pas peur de se salir les mains dans des moments d’opéra chaotique. Voir un Superman se battre, blessant et massacrant sans retenue, devient un plaisir presque coupable. À un point tel que l’affrontement final d’Injustice, bien que trop court, nous balance quelque chose de trop bon et de trop excitant pour un film de la trempe d’Injustice.

C’est là où Injustice perd de ses plumes. On sent qu’il se trouve les fondations d’un divertissement épique de trois heures ou d’une série télévisée. Mais en 70 minutes, rien n’a le temps de respirer alors que tout nous est lancé à la figure. Le film est simplement trop ambitieux pour ce qu’il est en réalité…

Note : D

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