Jessica Jones – Saison 2 (2018)

La deuxième saison de Jessica Jones a-t’elle valu l’attente? Découvrez la réponse dans cette critique sans spoilers de la série.

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Résumé : Jessica Jones, souffrant de stress post-traumatique, remise son costume de super-héroïne au placard afin d’ouvrir une agence de détective dans le but d’aider certains de ses confrères avec des super-pouvoirs. Après avoir tourné la page de Kilgrave, elle part sur les traces du laboratoire qui lui a donné ses pouvoirs.

Critique :

Après une première saison géniale, la série Jessica Jones revient pour une seconde saison. Bien que l’on sait qu’elle sera inférieure à la précédente, la série de Netflix avait une stratégie publicitaire laissant à désirer. La plateforme a mis de l’emphase sur le fait que tous les épisodes étaient réalisés par des femmes ou sur Killgrave, l’ancien adversaire de notre héroïne. Pire encore, les bandes-annonces de la série pigeaient honteusement dans les anciens épisodes de Jessica Jones, plutôt que de nous montrer exclusivement les nouveaux volets de la saga télévisuelle de Marvel.

D’abord et avant tout, soulignons que cette critique restera discrète pour éviter tous spoilers. Mais nous allons parler discrètement de toute la saison de Jessica Jones… Cette fois-ci, notre héroïne doit affronter un ennemi bien plus personnel alors qu’elle continue l’enquête entourant la mystérieuse organisation qui a transformé sa vie. L’idée était excellente. Jessica Jones peut ainsi développer plus en profondeur son personnage principal du même nom, tout en ne se focalisant pas uniquement sur un épisode traumatique de la belle demoiselle.

Soyons positifs et affirmons que ce changement permet d’insinuer un nouveau souffle à la série qui devient moins sombre et drôle parfois. Les treize épisodes de la série se permettent une introspection de Miss Jones explorant son passé et répondant à plusieurs questions de la première saison. C’est comme si l’émission avait soudainement des ailes. Elle se permet de faire ce qu’elle veut avec son personnage principal et chaque couche qu’elle explore permet d’amener la série dans de nouvelles directions.

Cependant, cette exploration apporte son lot de problèmes. La deuxième saison de Jessica Jones décide également d’explorer tous les personnages de la série en plus de Jones. L’intrigue générale de l’émission se dilue assez vite à cause de cela. Tous les êtres qui peuplent Jessica Jones sont formidables, mais ils ne sont pas la raison pour laquelle nous visionnons la série. Trish doit avoir sa petite histoire, Hogarth doit affronter une maladie qui n’influe en rien avec le scénario de la saison, Malcolm doit prouver qu’il est utile… Il y a même un nouveau concierge dans l’édifice d’Atlas Investigation qui devient le Luke Cage de service.

Certains moments cruciaux sont dilués par cette abondance d’arcs narratifs. Toute la saison repose sur les liens entourant Jessica Jones et la mystérieuse organisation connue sous le nom de IGH. Les scénaristes tentent par tous les moyens de tisser leur toile d’araignée et de rendre cet arc scénaristique intense et émotif. À certains moments cela fonctionne, mais la série s’enlise constamment avec un trop grand nombre de personnages importants qui ne vivent pas des histoires nécessairement utiles au déroulement de la série.

Ce qui amène le second problème de Jessica Jones. Cette année, la demoiselle n’a pas d’ennemis à affronter. Certes, la saison a un « trio » d’antagonistes, mais aucun d’entre eux n’est réellement méchant. Si l’on compare les deux saisons ensemble, nous avons ici un fouillis qui n’apporte rien d’excitant. Killgrave était un formidable adversaire et son petit rôle dans un épisode ne fait que mettre de l’emphase sur ce point précis. Sans adversaire, nous sommes devant un drame digne d’un petit téléfilm, où quelques personnages, parfois fous parfois dépressifs, divaguent sur leurs problèmes de drogues ou sur leur folie scientifique.

Attention, Jessica Jones est une série avec des textes très riches et intéressants. C’est tout aussi vrai dans cette seconde saison. Néanmoins, avec les propos qu’elle tente d’avoir et les trames narratives avec lesquelles elle remplit désespérément ses épisodes, la série ne pouvait tout simplement pas être constante sur treize épisodes. Sur des notes brèves, notons que la deuxième saison de Jessica Jones a ouvert la porte à potentiellement introduire d’autres personnages avec des supers-pouvoirs dans un futur plus ou moins loin poche, ce qui risque de plaire à certains fanatiques de Marvel. De plus, il y a un épisode se déroulant entièrement dans le passé pour des raisons qui ne seront pas dévoilées; un épisode qui est terriblement mauvais. Il ne faut pas hésiter à faire du ménage ou un « Netflix and Chill » durant cette heure…

Sur le plan technique, Jessica Jones est une agréable déception. Il y a plus de scènes d’action, mais elles sont si courtes qu’on a l’impression qu’elles sont absentes de la série. Comme mentionné plus haut, il y a beaucoup de remplissage. Cela affecte le rythme de la série qui est parfois pénible à regarder. De plus, Netflix semble avoir coupé un brin le budget de la série qui semble être moins coûteuse que la précédente. On peut se tromper, mais il est clair que si cette théorie est réelle, cela pourrait expliquer les problèmes de l’émission. Heureusement, Jessica Jones est plus jolie à regarder avec une direction photographique supérieure et plus colorée.

Dans le rôle-titre, Krysten Ritter (Confessions of a Shopaholic) fait de son mieux avec les mauvais scénarios qu’elle en entre les mains. Elle a de bons moments, surtout lorsque David Tennant (Doctor Who) est à l’écran avec elle. Rachael Taylor (Transformers) est horrible. C’est la plus grande victime de la saison. À cause des événements de la saison, l’actrice est forcée de surjouer son personnage et c’est pénible à regarder (l’épisode Miley Cyrus surtout…). Heureusement, Carrie-Anne Moss (The Matrix) est là et l’actrice livre d’une de meilleures performances de sa carrière. La comédienne et son personnage sont la principale de visionner la série. Au niveau des nouveaux acteurs, nous avons Janet McTeer (Me Before You), J.R. Ramirez (Power), Leah Gibson (Rogue), Terry Chen (The Expanse) et Callum Keith Rennie (Californication). Ils livrent tous des performances honnêtes même leurs personnages ne sont pas tous utiles ou intéressants.

Ceux qui ont aimé la première saison de Jessica Jones ne vont pas nécessairement aimer ces treize épisodes. La série va dans toutes les directions et commet plusieurs erreurs au passage. Pour ma part, elle est possiblement la plus mauvaise série de Netflix, en excluant la première saison d’Iron Fist. C’est dommage puisque Jessica Jones est possiblement le personnage le plus intéressant des Defenders. Espérons qu’une troisième saison puisse corriger le tir…


Créatrice : Melissa Rosenberg

Diffusée sur : Netflix

Avec : Krysten Ritter, Rachael Taylor, Eka Darville, Carrie-Anne Moss, Janet McTeer, J.R. Ramirez, Leah Gibson, Susie Abromeit, Rebecca De Mornay, Terry Chen, Callum Keith Rennie

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