Kingsman: The Secret Service (2015)

Résumé : Un agent secret décide d’enrôler un jeune prodige pour un programme d’entrainement, afin de former d’autres personnes ayant le même métier que lui…

Critique : 

Offrir un film d’espionnage est une chose bien délicate à faire pour Hollywood. Une franchise massive, James Bond, monopolise le genre, ce qui oblige les cinéastes de ce genre un  exercice supplémentaire, pour ajouter un élément unique à leur réalisation, afin de se démarquer, bien ou en mal, de cette franchise culte. Depuis quelques décennies, nous avons les films d’espions comiques (Johnny English, OSS 117), politiques (la franchise Jack Ryan), réalistes (la franchise Jason Bourne), enfantins (La franchise Spy Kids, la franchise Cody Banks), etc. Kingsman: The Secret Service y va avec sa propre interprétation, une interprétation qui lui va foutrement bien!

Kingsman: The Secret Service démarre en trompe avec une opération ratée visant à capturer et à interroger un terroriste au Moyen-Orient et à partir de cette scène, nous avons clairement le ton du récit. Ce long-métrage se veut être une sorte d’hommage et de parodie des James Bond de Sean Connery et de Roger Moore, mais avec la plume de Mark Millar (puisque ce film est inspiré d’une bande dessinée.) et avec l’effet visuel de Matthew Vaughn (Kick-Ass), devenant ainsi le «Scream» du cinéma d’espionnage. Le résultat est assez simple, un grand moment de divertissement avec des rebondissements en série, quitte à utiliser les clichés du genre à son avantage. Pour rien dévoiler de l’intrigue, qui a été suffisamment exposée sur la place publique par la 20th Century Fox, qui n’a pas su comment distribuer son propre long-métrage, disons tout simplement que le seul grand défaut de l’intrigue, c’est lorsqu’il s’inspire un peu trop de Moonraker, un des volets de James Bond, qui a grandement divisé son public lors de sa sortie, en 1979.

Mais, pourtant, ce qui choque et impressionne ici, c’est la combinaison du scénario et de la réalisation, qui s’unissent pour révolutionner le cinéma d’action en repoussant les limites de ce qu’Hollywood peut nous offrir en termes de divertissement. Les exemples sont nombreux, mais ce qui frappe le plus, c’est une séquence d’action, censurée dans certains pays (mais pas au Canada.). Cette séquence, se déroulant dans une église offrant la religion d’un culte quelconque, parvient à nous offrir un mélange de dégoût, de malaise et d’émerveillement, tout en forçant le spectateur à rester bouche bée, devant le spectacle qui se déroule devant ses yeux. En toute franchise, Kingsman: The Secret Service vient peut-être de nous offrir la scène d’action de l’année 2015 grâce à cette séquence et parvient même à répéter (ou presque) l’expérience dans un affrontement final doté d’une excellence chorégraphie fluide.

À la réalisation, Matthiew Vaughn est spectaculaire. En plus des scènes d’action qui sont magnifiquement chorégraphiées et filmées (pas de montage agressif ou de caméras branlantes.), Vaughn offre un spectacle à grand déploiement, alliant l’esthétisme britannique et à une palette de couleurs fort impressionnantes. Nous pouvons même sentir quelques références bien placées dans sa réalisation, comme Scanners de David Cronenberg, qui subit une grande marque d’admiration dans le dernier acte. Osant même dans la trame sonore, Kingsman: The Secret Service s’appuie dans une sonorité très envoûtante, qui allient des morceaux originaux à des morceaux d’anthologie, comme une pièce KC & The Sunshine Band, utilisée comme musique d’ambiance par le personnage de Samuel L. Jackson (Pulp Fiction) pour la scène d’action finale.

Au niveau de la distribution,  Kingsman: The Secret Service s’offre la quasi-perfection. Dans le rôle-titre, nous avons un jeune Taron Egerton qui impressionne dans son premier long-métrage important, ou son deuxième film en carrière si vous préférez, apportant une énergie et une attitude que plusieurs studios américains ont tenté d’obtenir, en vain, dans de nombreux films d’action mettant en scène des jeunes hommes. Mais, la véritable surprise de cette distribution, c’est Colin Firth (The King’s Speech) qui s’initie dans le monde de l’action et qui est se permet de faire de l’ombre aux Liam Neeson de ce monde. Regarder un acteur d’exception dans un long-métrage c’est une chose, mais regarder un acteur d’exception dans un film d’acteur (sans être un superhéros), c’est une chose qui n’arrive que rarement dans une année de cinéma nord-américain.

Pour accompagner ces hommes, nous avons un Mark Strong (Sherlock Holmes), qui offre une performance fort convenable, lui qui est maintenant devenu une valeur sure d’Hollywood. Seule ombre au tableau, Michael Caine (The Dark Knight) est le maillon au peu faible de la distribution, lui qui se croit encore dans un long-métrage de Christopher Nolan. Au rayon des méchants, Samuel L. Jackson prouve à nouveau qu’il a le talent et la volonté d’offrir aux spectateurs des antagonistes d’exception et il le fait à nouveau dans ce film, tout en nous offrant une référence bien placée à Pulp Fiction, dans une scène bien comique. La danseuse Sofia Boutella l’accompagne dans sa tache, avec un scénario qui exploite à fond ses talents de gymnastique et sa beauté corporelle, même si son personnage est amputé des jambes. Pour sa part, Mark Hamill (Star Wars) s’offre une apparition courte mais mémorable, pour deux scènes, en début de long-métrage.

Kingsman: The Secret Service offre un spectacle rafraîchissant. Apportant un nouveau souffre au cinéma d’espionnage (un genre qui fut grandement exposé en 2015 avec 4 films (5 en comptant Taken 3, qui a un espion comme personnage principal.).) et au cinéma d’action, le film de Matthew Vaughn est un classique instantané, un film comme on n’en voit peu. Kingsman : The Secret Service est le premier film d’action de qualité qu’a offert Hollywood en 2015. Ne pas le visionner serait une erreur de votre part.


Réalisation : Matthew Vaughn

Scénario : Jane Goldman, Matthew Vaughn

Avec : Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sophie Cookson, Sofia Boutella, Mark Hamill

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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