Luke Cage – Saison 1 (2016)

Résumé : Quand une expérience sabotée lui donne une super force et une peau incassable, Luke Cage devient un fugitif qui tente de reconstruire sa vie à Harlem et qui doit bientôt affronter son passé et se battre pour le cœur de sa ville.

Critique :

Une chose est certaine, c’est que la première saison de la série de Netflix, Luke Cage, parvient à prendre les codes du mouvement cinématographique que l’on appelle « Blacksploitation » pour créer une série moderne et audacieuse. Et dans ce sens, nous pouvons affirmer que Luke Cage est une série unique en son genre et, sous cet angle, la plus originale d’univers télévisuel créé par Netflix. Mais cela ne fait pas de Luke Cage une émission parfaite…
Se situant après les événements de Jessica Jones, cette saison se résume grossièrement à l’histoire de Luke Cage, un homme doté de super-pouvoirs qui se cache à Harlem, cumulant deux emplois jusqu’au jour où une série d’événements le force à sortir de l’ombre pour protéger le quartier du trafic d’armes perpétré par une famille locale. Enfin c’est ce que la série représente pour une première moitié, jusqu’au moment le tout se transforme dans une espèce de quête de vengeance stupide et trop exagérée.
Au moins, durant sept épisodes, Luke Cage est une porte d’entrée dans le monde de la communauté noire dans les quartiers plus « pauvres » des États-Unis. Un drame culturel qui risque de plaire aux plus cérébraux de ce monde, avec des scènes d’action visuellement spectaculaire. La série fait vraiment un effort pour nous présenter un conflit entre le monde de la rue, avec une figure modèle et des gamins de la rue, et entre le « 1% » de la société, composé de par un puissant gangster et une politicienne corrompue. Et avec un excellent adversaire, Luke Cage ne tombe pas dans la facilité du héros qui doit détruire un méchant. Cela aurait rapidement dû devenir répétitif, alors que là, l’émission parvient à raconter quelque chose de socialement crédible, tout en présentant une brute invincible comme héros.
Dans la seconde moitié, Luke Cage perd beaucoup de son intérêt. Nous n’assistons plus au duel entre un héros impliqué entre sa communauté et un puissant trafiquant d’armes caché dans sa forteresse remplie d’argent, de fusils et d’hommes de main. Tout en restant vague, les six derniers épisodes nous transportent ailleurs avec l’arrivée d’un vilain en costume doté de pouvoirs similaires à Luke. Évidemment, cela permet d’augmenter les enjeux. Mais la saison se sépare ainsi en deux moitiés situées à des extrémités extrêmes. Et malheureusement, le tout se conclut dans une indifférence causée dans le fait que Luke Cage nous gave de caviar pendant sept chapitres, pour conclure son repas avec un dessert constitué de Big Mac.
Sur le plan technique, Luke Cage représente un cas d’analyse intéressant. Les réalisateurs sont parvenus à générer des séquences d’action palpitantes. Hélas, ils sont tombés dans le piège de constituer la majorité de ces scènes en un amalgame de balles qui rebondissent sur notre héros et sur des méchants qui sont lancés dans les airs par Cage. Le tout reste divertissant, malgré la redondance. Également, ces treize épisodes sont fort jolis sur le plan esthétique avec une vision vivante et crédible de Harlem et une ambiance superbe créée par le Harlem’s Paradise, le repaire de la famille Stokes. Cette saison de Luke Cage se permet même un joli clin d’oeil au costume original de la bande dessinée lors d’un épisode centré sur le passé de notre héros. Et, il ne faudrait pas oublier la trame musicale de la série qui est un véritable personnage en soi; un petit bijou qui offre le meilleur du Jazz de la planète.
Dans le rôle-titre, Mike Colter (Jessica Jones) est solide en tant que Luke Cage. Son personnage étant déjà été introduit dans une autre série de Netflix, Colter a tout le champ libre et l’expérience nécessaire pour faire de Cage le meilleur rôle de sa carrière. Mahershala Ali (Moonlight) est pour sa part un adversaire incroyable pour Cage, notamment grâce à une performance d’Ali qui fait de lui le meilleur antagoniste des séries de Marvel à ce jour. Malgré son rôle « limité » , l’acteur représente la révélation de la série, volant chacune des scènes dans lesquelles il se trouve. Jouant les antagonistes secondaires, Erik LaRay Harvey (Boardwalk Empire), Theo Rossi (Sons of Anarchy) et Alfre Woodard (Star Trek: First Contact) ont également de bonnes présences même s’ils font de pâles comparaisons avec Ali.
La première saison de Luke Cage n’est pas parfaite. Pendant sept épisodes, elle parvient à être la meilleure série de Netflix. Sans entrer dans les détails, la conclusion de la série déçoit un peu, car elle transforme la série en un divertissement générique et classique. Malgré six épisodes tout droits sortis d’un cartoon des années 90, la première saison de Luke Cage représente un excellent divertissement et un incontournable pour tous les fans d’action.


Créée par : Cheo Hodari Coker

Diffusée sur : Netflix

Avec : Mike Colter, Mahershala Ali, Frankie Faison, Simone Missick, Erik LaRay Harvey, Frank Whaley, Theo Rossi, Darius Kaleb, Alfre Woodard, Jaiden Kaine, Kellen C Wingate, Jade Wu

https://www.youtube.com/watch?v=ytkjQvSk2VA

Luke Cage - Saison 1 (2016)
3.5

Résumé

La première saison de Luke Cage est une introduction satisfaisante à l’univers du héros profondément établi dans la communauté de Netflix.

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