Luke Cage – Saison 2 (2018)

Résumé : Quand une expérience sabotée lui donne une super force et une peau incassable, Luke Cage devient un fugitif qui tente de reconstruire sa vie à Harlem et qui doit bientôt affronter son passé et se battre pour le cœur de sa ville.

Critique :

Frustration. C’est le mot idéal pour décrire la deuxième saison de Luke Cage, disponible depuis peu sur la plateforme Netflix. Au lieu de s’envoler vers de nouveaux horizons, cette nouvelle vague d’épisodes se retrouve coincée par le folklore établi en 2016. Un folklore qui fait du personnage de Luke Cage un personnage secondaire de sa propre série. Un élément qui a un impact si grand que cela affecte profondément la série de Marvel.
Située après les événements de The Defenders, la deuxième saison de Luke Cage voit notre héros poursuivre sa quête de justice pour les habitants de Harlem et son combat contre la machiavélique Mariah Dillard, qui dirige la criminalité locale du haut de Harlem’s Paradise. Néanmoins lorsque cette dernière décide de quitter la vente d’armes, un individu nommé Bushmaster fait son apparition et profite de l’occasion pour assouvir une vieille vengeance envers la famille Stokes / Dillard.
Si l’on se fit à ce résumé, il est évident que la saison devrait avoir des airs prometteurs. Ce n’est pas le cas, puisque ces nouveaux épisodes sont trop longs, trop nombreux et manquent de focus. La série Luke Cage est excellente lorsqu’elle se concentre sur son personnage principal et sur la communauté de Harlem. Cette fois-ci, ces deux éléments sont mis de côté dès le premier épisode dans un détail subtil, mais évident. Le salon de coiffure de Pops, un lieu culte et neutre où se déroulait une partie de la première saison, devient un lieu vide et monotone où l’on peut acheter la « marchandise officielle » de Cage. Par la suite, la vie de Harlem se résume essentiellement en des montages de la popularité de Cage dans son quartier.
Cette saison tourne essentiellement autour de Mariah Dillard / Stokes et de Bushmaster. Ils sont les deux personnages au centre de ces épisodes, à un point tel que la série vit et meure avec ces derniers. D’un côté, le personnage de Mariah, et son organisation, deviennent un poids lourd avec arc principalement constitué de dilemmes moraux et des mêmes conversations dans les mêmes décors avec les mêmes personnages. Même son repaire mythique, le Harlem’s Paradise, se transforme en un agent de remplissage pour Mariah et les scénaristes qui ruinent l’excellence de la trame sonore employée par la série. Au lieu du dosage parfait de la première saison, l’aspect musical sabote le rythme de tous les épisodes avec des numéros musicaux inutiles et longs. Ce n’est pas une blague, le dernier épisode de la série comprend trois pièces musicales, totalisant presque dix minutes de perdues à regarder des artistes (et des acteurs) interpréter diverses chansons.
De l’autre, nous avons Bushmaster. Un adversaire remarquable qui apporte les meilleurs moments de cette nouvelle saison. Tel un Comte de Monte Cristo à la sauce Netflix, ce personnage parvient à nous faire ressentir de la sympathie dès les premiers instants et à nous faire comprendre son point de vue. L’antagoniste apporte beaucoup de fraîcheur à la série, avec un être complexe pouvant être un adversaire sur tous les niveaux pour notre héros; tant sur le plan physique que psychologique.
D’ailleurs, la série améliore grandement son côté « action » grâce à la présence de ce Bushmaster. Ce dernier apporte beaucoup de variété et permet à l’émission d’offrir une alternative aux combats génériques de la première saison. Lorsque les deux colosses s’affrontent, nous assistons à un conflit de styles et mastodontes avec une scène notamment qui est la meilleure de la Netflix; une scène impliquant les deux hommes et des criminels asiatiques . Nous avons également le droit à un épisode avec Danny Rand / Iron Fist qui n’est pas désagréable, tant sur le plan du divertissement que de l’action. Évidemment, le fait que la série « s’intéresse moins » à la communauté de Harlem vient un peu gâcher le plaisir visuel de la série, tandis que ses décors emblématiques semblent fades et monotones.
De retour dans le rôle principal de la série, Mike Colter (Jessica Jones) continue à être solide, mais il est à nouveau éclipsé par les vilains de la saison. Malgré un arc ennuyeux, Alfre Woodard (Star Trek: First Contact) vise les étoiles avec sa performance nuancée, et elle y parvient presque. Elle se fait malheureusement battre à la ligne d’arrivée par Mustafa Shakir (Brawl in Cell Block 99) qui est tout simplement parfait dans le rôle de Bushmaster. Cette saison voit aussi l’arrivée, dans son casting principal, de Gabrielle Dennis (Rosewood) qui interprète la fille de Mariah Stokes et qui offre une performance honnête, avec des bons et mauvais moments. Le regretté Reg E. Cathey (House of Cards) est également présent, le temps de quelques épisodes.
Cette nouvelle saison de Luke Cage parvient à résoudre plusieurs pépins de son année recrue, notamment grâce à l’arrivée d’un vilain solide. Hélas, en cours de route, l’intrigue s’enlise rapidement avec des épisodes trop longs et trop musicaux. Les dernières minutes de la série promettent un rattrapage solide de la part des scénaristes, avec une troisième saison qui s’annonce comme déjà plus laborieuse que cette deuxième saison de Luke Cage.


Créée par : Cheo Hodari Coker

Diffusée sur : Netflix

Avec : Mike Colter, Simone Missick, Theo Rossi, Gabrielle Dennis, Mustafa Shakir, Alfre Woodard, Reg E. Cathey, Rosario Dawson

https://www.youtube.com/watch?v=sB1in0KkoG4

Luke Cage - Saison 2 (2018)
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Résumé

En attendant une troisième année qui n’annonce épique, la deuxième saison de Luke Cage offre un divertissement correcte, sans plus…

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