Mission: Impossible (1996)

Résumé : Un agent américain faisant face à de fausses accusations de trahison doit découvrir et exposer le vrai espion derrière ses problèmes sans l’aide de son organisation.

Critique : 

Alors qu’Hollywood était encore capable de faire des films originaux, un certain Tom Cruise décida de produire une adaptation de sa série télévisée préférée, une adaptation qui a eu quelques difficultés à respecter cette dernière et qui a connu les foudres des acteurs de cette dernière. Mais Mission: Impossible a connu un accueil assez chaud à l’époque et il est maintenant le temps de voir si ce long-métrage tient toujours la route 19 ans plus tard.

Lors d’une mission à Prague visant à surveiller une transaction d’informations top-secrètes, le célèbre Jim Phelps et son équipe est la cible d’un traître tuant la majorité de cette équipe, incluant Phelps, ce qui met en danger l’identité de tous les espions de la CIA. Traqués par leur employeur, les deux membres restants de cette unité doivent planifier la mission la plus dangereuse de leur vie afin de blanchir leur réputation et de débusquer ce traître.

Puisque ce long-métrage a presque vingt ans, attendez-vous à quelques spoilers tout au long de cet article. Mission: Impossible fut le dernier grand film de De Palma (Scarface) et encore aujourd’hui, et après toutes ces années, il tient encore la route, sans avoir pris une seule ride, ce qui est magnifique. L’histoire, sous fond de paranoïa, veut être complexe et simple à la fois. En réalité, Mission: Impossible n’est que trois grandes scènes, qui symbolisent la structure narrative en trois actes du film avec beaucoup de dialogues qui tentent de camoufler en vain la non-complexité du scénario.

Ces dialogues inutiles rendent le scénario ardu à comprendre avec de nombreux revirements de situations qui n’ont pas de sens. Et nous ne parlons pas de la course poursuite entre un hélicoptère ou un train, mais d’éléments bien plus concrets comme le fait que la CIA soit assez stupide pour oublier que les méchants veulent obtenir une liste confidentielle d’agents secrets à partir de la deuxième moitié du long-métrage où que le méchant de l’histoire décide de voler une bible, créant ainsi la révélation de sa méchanceté, un point qui n’était pas si dur à trouver, grâce au mauvais jeu d’acteur de Jon Voight.

Parce que c’est en grande partie grâce au jeu des acteurs que nous savons qui est un protagoniste et qui est un antagoniste. En fait, la plus grande erreur de la production fut de dire à ces acteurs la nature de la loyauté de leurs personnages. Jon Voight (Transformers) semble avoir de quelques difficultés à camoufler sa vraie nature, rendant obsolète sa présence dans l’introduction. Au lieu d’interpréter un gentil qui camoufle ses intentions, il joue un méchant qui tente d’être gentil en vain, un détail anodin mais qui traverse l’écran sans aucune difficulté. Même chose pour Jean Reno (Godzilla) dont le langage corporel empeste la méchanceté et pour Emmanuelle Béart (Un Cœur en Hiver) qui, en plus, n’a aucun charisme pour son premier grand rôle anglophone (il y a aussi eu Date with an Angel en 1987.).

Jouant pour la première le rôle célèbre d’Ethan Hunt, Tom Cruise (Top Gun) offre une solide performance. De plus l’acteur a une excellente chimie avec Ving Rhames (Pulp Fiction) et Vanessa Redgrave (Deep Impact) ce qui aide grandement sa présence à l’écran. Henry Czerny (Revenge), dernier acteur ayant un rôle d’envergure dans cette production, fait un travail honnête dans le rôle d’un agent de la Force Mission Impossible aux trousses de notre héros, un rôle assez traditionnel que l’on a vu des centaines de fois au cinéma américain.

Cependant, la grande vedette de Mission: Impossible, c’est le réalisateur Brian De Palma. Sa caméra est presque sans fautes, démontrant le travail d’un grand maître du cinéma contemporain. Plusieurs de ses plans n’ont même pas vieilli d’un poil, démontrant une maîtrise technique que peu de réalisateurs sont capables d’atteindre. Même les moments où l’utilisation d’effets spéciaux (comme la séquence finale.) sont encore crédibles en 2018 et n’ont même pas vieillis d’un poil. Mais, la grande forme de De Palma ici, c’est surtout sa gestion du suspense, puisque ce dernier est parvenu à offrir de grands moments d’action et de tension sans le tout vire en fusillade. Même que nous avons suffisamment de doigts pour compter les nombres de coups de feux tirés dans Mission: Impossible, dénombrant à quel point De Palma est parvenu à faire beaucoup avec peu, en quelque sorte.

Par contre, il y a quelques éléments assez troublants dans ce film. D’abord, le générique d’ouverture vous dévoile toute l’intrigue de Mission: Impossible en nous montrant que Jim Phelps est le grand méchant de cette histoire. Ce qui est assez cocasse, c’est que nous pouvons être sûrs que la plupart des spectateurs n’y ont vu que du feu, mais après quelques visionnements, ce fait comique devient assez évident. Et ensuite, il y a le moment où Jim Phelps «simule» sa mort. C’est l’un des rares moments de ce long-métrage où De Palma a semblé baisser les bras, ne parvenant pas à créer une illusion parfaite et crédible qui justifie l’angle de prise de Phelps qui se tire une balle en plein ventre. Mais, même en étant pas un grand admirateur de la série Mission: Impossible, j’ai visionné un nombre suffisant d’épisodes pour comprendre que ce long-métrage n’a peu de liens avec son matériel d’origine. Ce film n’est un bon film d’espionnage où Cruise se sert de la notoriété de la série pour aider sa carrière (après-tout nous passons d’une équipe «Force Mission Impossible» à l’équipe Tom Cruise et ses acolytes.). Ce n’est pas un problème en soi, puisque Mission: Impossible reste un grand long-métrage des années 90, mais cela démontre un léger manque de respect au matériel d’origine.

Malgré une intrigue assez lourde, Mission: Impossible reste un classique des années 90, grâce à Tom Cruise qui se surpasse et à la formidable réalisation de Brian De Palma qui nous rappelle qu’il a été l’un des grands réalisateurs Hollywoodiens à une époque. Il n’est que dommage que l’ensemble de la saga n’ait pas suivi son exemple…


Réalisation : Brian De Palma

Scénario : David Koepp, Steven Zaillia, Robert Towne

Avec : Tom Cruise, Jon Voight, Emmanuelle Béart, Henry Czerny, Jean Reno, Ving Rhames, Kristin Scott Thomas, Vanessa Redgrave, Ingeborga Dapkunaite, Andreas Wisniewski, Emilio Estevez

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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