Mission: Impossible – Ghost Protocol (2011)

Résumé : La Force Mission Impossible est démantelée lorsqu’elle est impliquée dans un attentat contre le Kremlin, forçant Ethan Hunt et sa nouvelle équipe d’aller sous couverture afin de blanchir le nom de son organisation.

Critique : 

Après trois volets aux qualités mitigées, Tom Cruise (Top Gun) enfile à nouveau le costume d’Ethan pour un quatrième volet qui a connu un accueil assez positif lors de sa sortie en salles américaines en 2011. Il faut dire qu’à l’époque, nous avions le droit d’être légèrement inquiets, puisque nous avions un nouveau venu, Brad Bird (Ratatouille), à la réalisation, puisque jusqu’à cette époque, la carrière de Bird n’était constituée que de longs-métrages d’animation. Mais heureusement pour Bird, il a accouché du meilleur long-métrage de la saga à ce jour (au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore vu le sixième volet!!).

Récemment évadé de prison, Ethan Hunt doit revenir à la Force Mission Impossible afin d’infiltrer le Kremlin. Mais après avoir été faussement accusés de la destruction de ce monument, Hunt et son équipe devront blanchir leur nom en traversant la planète afin d’arrêter le coupable, dont les plans pour une destruction planétaire ne font que commencer…

Étrangement, les trois premiers volets de cette saga cinématographique n’ont jamais suivi de ligne directrice. Chaque film se laissait influencer par son réalisateur, pour créer une histoire indépendante, dont la cohérence avec les autres volets pouvait parfois laisser à désirer. Mais, l’arrivée de Brad Bird changea la donne, offrant pour la première fois une suite directe à un précédent volet. L’histoire débute quelque temps après Mission: Impossible 3, alors qu’Ethan Hunt, est maintenant séparé de Julia Meade (Michelle Monaghan, Pixels) (une séparation qui marquera grandement la dynamique entre certains membres du groupe.) et qu’il croupit dans une prison russe. D’ailleurs, la scène d’évasion de Hunt est la meilleure scène d’action de toute la saga, jouant avec le minimaliste du décor, avec le silence de Cruise (qui reste silencieux durant la quasi-totalité de la scène.), avec le fait que le spectateur ne sait rien du contexte de cette scène, le prenant ainsi au dépourvu, et avec quelques pointes d’humour bien senti, se risquant même à faire de l’humour métaphysique afin d’introduire le générique de Mission: Impossible – Ghost Protocol.

Par la suite, Mission: Impossible – Ghost Protocol enchaîne un scénario assez conventionnel où Hunt et sa nouvelle équipe partent à la poursuite d’un terroriste. Mais, plutôt que de tenter, en vain, de complexifier le scénario (comme Mission: Impossible a tenté en vain en 1996.), les scénaristes de Mission: Impossible – Ghost Protocol ont décidé de concentrer leurs efforts sur les personnages en eux-mêmes. Cela donne l’impression au spectateur que les personnages de ce long-métrage sont humains, réalistes et qu’ils ont un vécu qui transcende la vie durée de ce film. Et, cela crée de nombreux petits moments de fraternité notamment grâce au personnage de Simon Pegg (Hot Fuzz), puisque Benji se retrouve à la croisée des chemins professionnels, lui qui est récemment devenu un agent de terrain.

Par contre, pour la quatrième fois, la franchise Mission: Impossible n’a toujours pas de grand antagoniste. Hendricks est le vilain de service pour Mission: Impossible – Ghost Protocol, malheureusement pour lui, il n’a aucun développement, se contentant d’apparaître pour quelques scènes. Le pire dans cette histoire, c’est que le policier russe sur les traces de Hunt (pour l’attentat de Moscou.) a une présence plus forte à l’écran créant ainsi un meilleur antagoniste pour ce long-métrage.

À la réalisation, Brad Bird impressionne. Mission: Impossible – Ghost Protocol est un long-métrage assez bien filmé, où nous pouvons sentir une certaine passion de Bird envers cette franchise. Le montage est impeccable, la cinématographie est époustouflante (cela se remarque notamment lors de la poursuite à pied dans une tempête de sable où le sable change littéralement de couleur selon l’éclairage et selon l’influence des bâtiments entourant les acteurs.) et les scènes d’action sont réalisées au quart de tour. Pour sa grande cascade du long-métrage, Cruise décide même de faire un peu d’escalade sur un célèbre édifice de Dubaï, ce qui n’empêche pas Bird d’offrir la quatrième version de la fameuse cascade qui a tant marqué les esprits lors du premier volet (Cruise suspendu à un câble lors du braquage d’une salle ultra-secrète de la CIA.), mais cette fois-ci, c’est Jeremy Renner qui est recalé à cette tâche. Sans vouloir me plaindre pour rien, il serait bien que les personnes derrière cette franchise puissent avoir un brin d’originalité.

Aussi, on dénotera que les effets spéciaux vieillissent avec quelques difficultés, démontrant un léger manque de finition notamment lors de la séquence de Dubaï. D’autre part, il faut également souligner la trame sonore de Michael Giacchino (Lost) qui compose à nouveau une formidable bande-son qui s’agence parfaitement avec les péripéties de nos héros.

Dans le rôle-titre, Tom Cruise  (Top Gun) excelle comme à son habitude, le personnage d’Ethan Hunt lui allant comme un gant. Cette fois-ci, il est entouré par Paula Patton (2 Guns), par Simon Pegg (Hot Fuzz) et par Jeremy Renner (Avengers : Age of Ultron). Puisque le scénario de ce Mission: Impossible se concentre (enfin…) sur les compagnons de Cruise, chacun de ces acteurs parviennent à avoir quelques moments, même si Patton aurait pu facilement être remplacée par n’importe quelle autre actrice… Michael Nyqvist (Millenium) fait un bon travail en étant l’antagoniste de service, même si le scénario ne développement aucunement son personnage et l’abandonne à de nombreuses reprises. Vladimir Mashkov (Behind Enemy Lines) a bonne présence, lui qui joue un policier russe poursuivant Hunt aux quatre coins de la planète. On notera également que la distribution de long-métrage comprend plusieurs acteurs connus dans de petits rôles. Dans ce lot, nous pouvons compter Darren Shahlavi (Ip Man 2) qui se paie un combat à mains nues contre Jeremy Renner et Anil Kapoor (24) dont on regrettera grandement la présence pour des raisons de médiocrité… De plus, Mission: Impossible – Ghost Protocol a un caméo assez discret de l’un des personnages secondaires du premier volet de cette franchise. Soyez attentifs, puisque nous allons vous garder la surprise!!

Mission: Impossible – Ghost Protocol est à ce jour le meilleur volet de cette franchise centrée autour de Tom Cruise. Mené par les visuels surprenants de Brad Bird, ce long-métrage parvient à mieux respecter la série télévisée du même nom des années 60 tout en créant enfin des liens entre les différents longs-métrages de la franchise qui continue à s’allonger, avec un sixième volet devant sortir en 2018…


Réalisation : Brad Bird

Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec

Avec : Tom Cruise, Paula Patton, Simon Pegg, Jeremy Renner, Michael Nyqvist, Vladimir Mashkov, Samuli Edelmann, Ivan Shvedoff, Anil Kapoor, Léa Seydoux, Josh Holloway, Tom Wilkinson

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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