Mission: Impossible III (2006)

Résumé : Ethan Hunt doit affronter un trafiquant d’armes dangereux et sadique tout en tentait de garder son identité secrète afin de protéger sa copine.

Critique : 

Après un troisième volet relativement mauvais, c’est avec beaucoup de pression que Mission: Impossible III sortit en salles en 2006. Cette fois-ci, ce fut J.J. Abrams qui était à la tête de cette production, qui fut sa première réalisation, le tout sous la supervision de Tom Cruise, évidemment. À l’époque, Mission: Impossible III connut un certain succès au box-office, mais il reçut un accueil mitigé de la part du public et de la critique mondiale. Et, puisque Mission: Impossible – Fallout sort bientôt sur les écrans canadiens, c’est à notre tour de vous donner notre avis sur ce long-métrage…

Maintenant retiré du service actif, Ethan Hunt vit paisiblement avec une infirmière, avec qui il compte se marier. Mais lorsqu’une de ses anciennes élèves est capturée par un trafiquant d’armes et assassinée lors de son sauvetage, Hunt reprend le service actif afin de traquer le coupable sans se douter des effets que cela pourrait engendrer sur sa vie personnelle…

Pour ce troisième chapitre dans la saga Mission: ImpossibleMission: Impossible III tente d’aborder ses personnages sur un nouvel angle, celui de la famille. Après tout, c’est l’occasion de montrer Hunt sous un nouveau jour, lui qui n’existait jusqu’à ce jour que pour une seule raison, défendre notre planète bleue des méchants agents corrompus de Force Mission Impossible. Par contre, Mission: Impossible III débute en commettant un péché capital, en montrant une séquence de l’affrontement final entre Hunt et le méchant de service (une erreur puisqu’au final cette dernière confrontation n’est aucunement palpitante…), ce qui a pour effet de retirer tout élément de suspense des trois premiers quarts du film.

Étrangement, le rythme de Mission: Impossible III est hyperactif, enchaînant les scènes sans donner une seule chance au spectateur de respirer entre les quelques moments d’action et les nombreux placements de produits (merci DHL…), passant à côté de plusieurs moments marquants dans la vie de Hunt comme son mariage avec la chère Julia. C’est un peu comme si Mission: Impossible III réalisait que plusieurs éléments de son scénario manquent de sens et de logique comme le fait que le Vatican a une pièce secrète qui ne l’est aucunement ou le fait que certains personnages aient des facultés physiques surhumaines. Et puis, soyons francs, tout le scénario de ce film tente d’être le prochain Jason Bourne, sauf que les nombreuses incohérences et drôleries emprisonnent ce long-métrage dans la multitude de films d’action banals qui sortent chaque semaine dans nos bacs à DVD.

Heureusement, pour la première fois de son histoire, la franchise Mission: Impossible a un antagoniste à la hauteur de Hunt. Owen Davian est l’un des personnages marquants de cette franchise. À aucun moment nous n’avons un doute sur sa méchanceté et sur ses intentions et Philip Seymour Hoffman (Capote) l’interprète avec brio. Néanmoins, puisque le scénario de Mission: Impossible III est peu original et commet l’erreur de reléguer ce personnage au rôle de méchant générique, ce qui diminue grandement son impact à l’écran.

À la réalisation, J.J. Abrams (Lost) apporte son style unique à cette franchise, ce qui inclue une caméra assez branlante (heureusement pour nous, il est le maître dans cette technique ce qui permet à l’action de rester visible la plupart du temps.) et quelques reflets de lumières dans la caméra. Au niveau de l’action, Mission: Impossible III est bien fourni, le rythme effréné de ce film lui permettant d’offrir plus de scènes d’action qu’à l’habitude. Néanmoins, aucune ne parvient à se démarquer. Même que le moment où Cruise tente de reproduire la première cascade mémorable de la franchise (le vol dans un bureau de la CIA lors de Mission: Impossible.) tombe à l’eau puisque Cruise se «contente» de descendre en chute libre un mur du Vatican, de la façon la plus neutre et ennuyeuse possible.

On notera également l’esthétisme certain de ce long-métrage, qui ne vieillit pas d’un poil, et ce après quelques années. Les effets spéciaux sont toujours invisibles et la palette de couleurs choisie par les caméras d’Abrams est éblouissante. Mission: Impossible III marque également la première collaboration entre Michael Giacchino (Lost) et cette franchise. Comme à son habitude, Giacchino a fait un travail magnifique avec plusieurs sonorités remarquables. Néanmoins, la majorité de la trame sonore du film semble être composée des restants de la série Lost, démontrant une certaine forme de paresse de la part de Giacchino au passage.

Dans le rôle-titre, Tom Cruise est parfait, il n’y a rien, de dire de plus qui n’a pas déjà été dit. Idem pour Philip Seymour Hoffman qui offre une performance magistrale. Cette fois-ci, l’équipe de Hunt est composée de Ving Rhames (Pulp Fiction), de Jonathan Rhys Meyers (The Tudors) et de Maggie Q (Nikita). Ils ont tous quelques bons moments, et l’on retiendra surtout le personnage de Luther (Rhames) qui devient une sorte de figure paternelle / conseiller matrimonial, offrant quelques-uns des meilleurs dialogues de l’ensemble. Billy Crudup (Watchmen), Keri Russell (Felicity) et Michelle Monaghan (Source Code) ont également des rôles mineurs, mais leurs présences sont facilement oubliables…

Non, Mission: Impossible III n’est pas le meilleur volet de la franchise. Il peine même à rivaliser avec le premier volet. Malheureusement, à un point de la production de ce film, on a tenté de tout miser sur le contenant plutôt que sur le contenu. C’est peut-être la définition d’un film estival, mais cela ne fait que reléguer Mission: Impossible III au titre de film d’action banal. Au moins, ce demi-échec a permis de revitaliser la franchise, après l’échec monumental du précédent volet, et pour cela, nous devons lui donner un peu de crédit.


Réalisation : J.J. Abrams

Scénario : Alex Kurtzman, Roberto Orci, J.J. Abrams

Avec : Tom Cruise, Philip Seymour Hoffman, Ving Rhames, Billy Crudup, Michelle Monaghan, Jonathan Rhys Meyers, Keri Russell, Maggie Q, Simon Pegg, Eddie Marsan, Laurence Fishburne, Aaron Paul

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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