Mission: Impossible – Rogue Nation (2015)

Résumé : Ethan Hunt et son équipe s’attaquent désormais à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat, une organisation internationale secrète et sans scrupules. Cette dernière va se révéler aussi puissante que résolue à détruire l’IMF (Impossible Mission Force).

Critique : 

Après cinq volets, la plupart des franchises ont tendance à s’effondrer sur elle-même. Nous avons juste à penser à Rocky V, à Death Wish V: The Face of DeathNational Lampoon’s Christmas Vacation 2 ou à Star Wars Episode II: Attack of the Clones. Heureusement pour nous, Mission: Impossible – Rogue Nation ne fait pas partie de cette catégorie. Mais est-ce que cette série a toujours quelque chose d’original à offrir??

Un an après les événements de Mission: Impossible – Ghost Protocol, Ethan Hunt est toujours à la recherche du syndicat. Mais lorsque la Force Mission Impossible est désavouée, Hunt est forcé de devenir un fugitif afin de continuer son enquête et de démanteler ce réseau terroriste, même si cela signifie avoir la CIA à ses trousses…

D’entrée de jeu il me faut admettre que ce long-métrage a des couilles, en commençant par sa plus grande cascade, avec Tom Cruise (Top Gun) sur le rebord d’un avion. Cette scène sert de séquence prégénérique, un peu comme la majorité des James Bond produits à Hollywood jusqu’à ce jour. Mais en jouant si gros dès le départ, Mission: Impossible – Rogue Nation commet un acte de foi, un acte de confiance, qui nous dit que le reste du film est aussi solide que du béton. Malheureusement, ce n’est pas le cas…

Les scénaristes de Mission: Impossible – Rogue Nation ont eu la brillante idée de reprendre les points des précédents volets de la série (à l’exception de Mission: Impossible II…) pour créer un tout spectaculaire, du moins c’est ce qu’ils avaient prévu. Dans l’exécution, cela tombe rapidement en vrille puisque le scénario de Mission: Impossible – Rogue Nation est dans sa forme et dans son exécution, totalement identique à celui de Mission: Impossible – Ghost Protocol, ne laissant que peu de place à quelques rares surprises, spécialement pour un spectateur ayant visionné l’entièreté de la franchise en rafale au cours des dernières semaines. Heureusement que le personnage de Rebecca Ferguson (Hercules) est là pour nous offrir les seuls renversements de situation imprévisibles, puisque la loyauté de son personnage reste discutable pour les deux premiers tiers du récit, jouant ainsi le rôle de l’électron libre dans un jeu de cartes calibré au quart de tour.

Et puisque Mission: Impossible – Rogue Nation se veut être la suite directe de Mission: Impossible Ghost Protocol, nous devons vous dire que sur ce point, le film échoue lamentablement. À la fin du quatrième volet, Ethan Hunt toujours marqué par la perte de son ex-femme avait pour mission «officielle» d’enquêter sur le Syndicat, sauf qu’ici, Hunt est perçu comme étant un lunatique enquêtant sur une organisation qui n’existe pas, même si les services secrets américains étaient au courant de cette dernière dans Ghost Protocol. Même chose pour le personnage de Jeremy Renner qui est passé d’analyste pour le secrétaire de la Force Mission Impossible (ou du Président des États-Unis puisque cela n’a jamais été totalement clair.) à agent de terrain pour ensuite devenir «chef» de la Force Mission Impossible dans le film qui nous préoccupe en moins d’un an (l’intrigue se déroule un an après celle de Ghost Protocol.). Mais, personnellement, ce qui le plus dérangeant, c’est le fait que la franchise perd sa notion d’équipe (obtenue lors du précédent volet.) pour redevenir un véhicule uniquement pour Tom Cruise, pour ensuite retrouver sa notion d’équipe au dernier tiers dans un final mielleux recalibrant la franchise sur les bases de la série télévisée pour conclure sur un message assez étrange, donnant vaguement l’impression qu’il a fallu cinq films pour raconter les origines de la franchise…

À la réalisation, Christopher McQuarrie (Jack Reacher) fait un travail remarquable. Démontrant à nouveau qu’il est possible de réaliser un bon film d’action sans le remplir de fusillades, McQuarrie revient aux sources en proposant des scènes d’action se focalisant sur la tension. Cela fonctionne à merveille, notamment lors de la séquence dans un opéra, où la tension atteint un sommet alors que l’on suit plusieurs assassins planifier leur coup en ajustant leurs gestes au spectacle se produisant simultanément sur scène. Même que vous devons également le remercier d’offrir la meilleure course poursuite de 2015 et d’offrir des plans magnifiques des courbes de Rebecca Ferguson. Cette fois-ci, Joe Kraemer (Joy Ride 2 : Dead Ahead) remplace Michael Giacchino (Lost) à la bande-son. Dès les premières minutes, cela se remarque instantanément, puisque Kraemer a pondu des musiques aucunement inspirées, ennuyantes et facilement oubliables. En fait, dans ce domaine, il nous faut remercier la séquence se déroulant à l’opéra de Vienne qui offre le seul moment inspiré du film, musicalement parlant.

Dans le rôle-titre, Tom Cruise continue à être sans failles. Et, même s’il prend de l’âge, il continue à avoir l’énergie d’un jeune de vingt ans et il ne vieillit pas d’un poil, tel un cyborg venu du futur. Simon Pegg (Hot Fuzz) prend du gallon dans un rôle tout aussi secondaire, mais qui lui permet d’utiliser toute l’étendue de son talent d’acteur comique et dramatique. Rebecca Ferguson (Hercules) est une véritable révélation, répliquant tout ce que Cruise parvient à accomplir, tant sur les cascades que sur le jeu d’actrice. Jeremy Renner (Avengers : Age of Ultron) et Ving Rhames (Con Air) sont également de retour dans des rôles de soutien. Ils ont une bonne chimie à l’écran pour les quelques scènes les mettant en vedette. Sean Harris (Prometheus) joue le méchant de service pour quelques scènes. Même s’il est sous-utilisé, Harris a fait de l’excellent travail pour que chacune de ses présences à l’écran soit mémorable.

Mission: Impossible – Rogue Nation n’est pas le meilleur volet de cette franchise, mais il offre suffisamment de contenu pour être l’une des bonnes superproductions de cet été. Cependant, son manque d’originalité et d’audace n’est aucunement compensé par la force de la réalisation de McQuarrie qui signe ici les meilleures séquences d’action de l’histoire de la franchise.


Réalisation : Christopher McQuarrie

Scénario : Christopher McQuarrie, Drew Pearce

Avec : Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Sean Harris, Simon McBurney, Jingchu Zhang, Tom Hollander, Jens Hultén, Alec Baldwin

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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