Momentum (2015)

Résumé : Une voleuse mystérieuse est amenée à faire un dernier cambriolage par son ancien partenaire. Elle découvrira rapidement que le but de ce vol n’était pas de voler quelques diamants, mais quelque chose d’autre. Il s’en suit alors un jeu du chat et de la souris entre elle et un assassin, un jeu compromettant ses recherches afin de découvrir le mystère derrière ce vol et les secrets derrière les hommes qui ont fait d’elle une cible.

Critique : 

Hollywood a beaucoup de difficulté à accepter une femme en tant qu’actrice du cinéma d’action. Mis à part quelques exceptions comme Angelina Jolie (Salt) ou Michelle Rodriguez (Fast & Furious), les actrices voulant faire des films d’action doivent souvent se réfugier dans le monde des films sortant directement en DVD ou en Vidéo-sur-demande, comme Gina Carano, Kate Beckinsale, Kelly Hu, ou Olga Kurylenko, qui souffre également de ce mauvais sort, même lorsqu’elle joue dans une grosse production africaine…

Alex, une ancienne espionne, vit dans la clandestinité, cachée du reste du monde. Mais lorsqu’elle participe dans un vol de diamants, les choses tournent mal alors qu’elle se fait identifier sur les lieux du crime et que les braqueurs récupèrent une mystérieuse clé USB gardée en compagnie de ces diamants. Alors qu’elle se prépare à jouir des profits de ce crime, des mystérieux tueurs débarquent afin de récupérer cette clé, créant ainsi une folle course poursuite jusqu’aux quatre coins de Cape Town, en Afrique…

Le cinéma d’action au féminin reprend en général le même concept d’origine : Un femme, qui a peut-être perdu sa mémoire, doit se défendre à une forme d’autorité supérieure (mari ou patron) après qu’elle a suivi sa conscience lors d’une mission, ou après que cette autorité veut sa mort en l’accusant d’un crime qu’elle n’a pas commis. Les exemples sont légions. Nous pouvons penser à Kill Bill, Salt, Haywire, ElectraThe Long Kiss Goodnight, Kite, Everly, Hanna

Momentum n’échappe pas à cette règle et suit la même formule, mais en plus pathétique. Après-tout, le long-métrage est scénarisé par le duo Adam Marcus et Debra Sullivan, responsables du pitoyable Conspiracy et de Texas Chainsaw 3D. Malgré tout le respect que nous avons envers ces personnes, en visionnant Momentum, il ne fallait espérer tomber sur le film de l’année… Globalement, Momentum consiste à un énorme jeu du chat et de la souris sur une période de 48 heures, avec plusieurs excellentes scènes d’action ou de tension (Grâce au travail de Campanelli…) et avec beaucoup de remplissage au contenu parfois douteux. Comme le fait que les méchants n’ont aucune idée de l’identité d’Alex, le personnage d’Olga Kurylenko, jusqu’au dernier tiers où tous les méchants se souviennent soudainement qu’ils connaissent ce personnage. Bref, l’histoire est prévisible, les dialogues sont parfois miteux et n’ont peu de sens et il y a de nombreuses incohérences qui minent le peu d’originalité que ce scénario a…

C’est clairement Stephen S. Campanelli (Opérateur de caméra fidèle à Clint Eastwood depuis les années 2000.), un cinéaste montréalais, qui supporte Momentum sur ses épaules, ce qui est assez remarquable si l’on prend pour acquis que ce film est la première réalisation de Campanelli. Cet homme a travaillé pour l’un des plus grands noms d’Hollywood et cela se ressent grandement alors qu’il offre une réalisation supérieure à ce que l’on voit généralement dans ce genre de film. En effet, Campanelli est parvenu à créer des séquences remarquables, en se focalisant sur les meilleurs moments du scénario, comme avec la première rencontre entre Alex (Kurylenko) et Mr. Washington (Purefoy)Campanelli crée l’un des grands moments de tension de 2015 en décidant de filmer le tout hors du champ de la caméra, ou avec la séquence d’ouverture, qui offre un hommage simili-futuriste à Heat.

Néanmoins Campanelli a une énorme faiblesse, il semble avoir beaucoup de difficultés à filmer de façon adéquate une course poursuite, un domaine du cinéma d’action qu’il est incapable d’illustrer de façon fluide et avec un niveau de richesse visuelle équivalant au reste des scènes du film. À sa décharge, il nous faut avouer que le montage saccadé de Doobie White (Ghost Rider: Spirit of Vengeance) n’aide aucunement la cause du réalisateur. Également, il faudrait se questionner sur la gestion des ressources financières (En passant, Momentum a un budget de 20 millions…) qui permet à Momentum de se payer un aéroport bondé de gens et une banque digne d’un film de science-fiction, mais qui ne permet au long-métrage de faire son unique course poursuite de façon adéquate. Soulignons également la direction de la photographie du montréalais Glen MacPherson (Rambo) qui parvient à mettre adéquatement en valeur l’aspect sablonneux et moderne de l’Afrique du Sud et la trame sonore de Laurent Eyquem (Enragés) qui comporte quelques notes chargées en émotions.

Au niveau des acteurs, Momentum se veut être un duel entre deux acteurs, Olga Kurylenko (Quantum of Solace) et James Purefoy (The Following). Même si Kurylenko est formidable dans ce rôle, il nous faut donner l’avantage à Purefoy, qui s’éclate et offre l’une des meilleures performances de sa carrière, malgré des dialogues assez miteux. Morgan Freeman (Million Dollar Baby), qui s’était lié d’amitié avec Campanelli lors de ses collaborations avec Clint Eastwood, vient faire un caméo de service en jouant le grand méchant de l’intrigue. Le reste du casting est composé principalement d’acteurs sud-africains, ce qui fut une bonne idée puisque ces derniers offrent dans l’ensemble de bonnes performances.

Momentum est le genre de film qu’il est préférable d’écouter sous l’effet d’alcool avec des amis, afin que personne ne se concentre réellement sur le scénario du long-métrage même si tout le monde se tournera la tête pour se concentrer sur les magnifiques séquences parcourant Momentum. Surtout que cela vous permettra peut-être de ne pas apprendre, après 90 minutes de visionnement, que Momentum n’est qu’une longue séquence d’introduction pour une éventuelle suite qui n’arrivera possiblement jamais…


Réalisation : Stephen S. Campanelli

Scénario : Adam Marcus, Debra Sullivan

Avec : Olga Kurylenko, James Purefoy, Jenna Saras, Greg Kriek, Hlomla Dandala, Shelley Nicole, Richard Lothian, Karl Thaning, Morgan Freeman

Momentum (2015)
3

En conclusion

Miné par son scénario peu originale sans queue ni tête, Momentum repose désespérément sur les épaules de son réalisateur et de ses acteurs qui peinent à rendre cette aventure totalement divertissante…

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