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Paradis du cinéma d'action

Run All Night (2015)

Résumé : Un tueur à gages sur le déclin, ayant tué pour la mafia new-yorkaise par le passé, doit retourner dans son milieu lorsque son fils est témoin d’un crime commis par cette organisation criminelle et que ce dernier devient la cible numéro un du clan de gangsters…

Critique : 

Notre Charles Bronson des temps modernes est de retour sur les grands écrans, quelques semaines seulement après l’affreux Taken 3. Liam Neeson joue ici, pour une autre fois, un homme alcoolique, doté de compétences particulières. Mais es-ce que Run All Night vaut-il un déplacement en salles? La réponse ici…

Run All Night raconte le périple d’un ancien tueur à gages devenu la risée de la mafia, qui, après une soirée à boire et à jouer au Père-Noël, doit redevenir l’homme qu’il a déjà été lorsque son fils est témoin d’un crime et qu’une série de circonstances force cet homme à tuer le fils du mafieux en question. Et, c’est ce qui démarre l’escalade d’événements composant ce long-métrage, qui se déroule dans un court laps de temps, en une seule nuit, permettant de raconter le tout sans temps morts (ou presque), et avec des artifices dignent d’un épisode de 24.

Mais le scénario de Brad Ingelsby (Out of the Furnace) se permet quelques nuances, ajoutant de la profondeur à un récit bien simple. Centré sur un conflit familial, Run All Night utilise cet aspect, et un tueur à gages professionnel qui est un véritable Terminator humain, pour camoufler le fait qu’à la base, le script n’apporte rien de nouveau avec une histoire qui a été vue des dizaines, voire des centaines, de fois, rendant par la même occasion, le récit immensément prévisible, surtout que Run All Night débute en nous spoilant les dernières minutes du long-métrage, avant de nous plonger dans un flashback pour l’heure et demie qui va suivre.

Pour ce film, Liam Neeson retrouve Jaume Collet-Serra pour la troisième reprise, après Unknown et Non-Stop. Ce dernier effectue dans l’ensemble, un bon travail, offrant une réalisation honnête. Malgré-tout, il y a quelques points dans son travail qui m’ont légèrement perturbé. Pour une intrigue qui doit se dérouler dans la nuit du 18 et du 19 décembre 2014, la production ne s’est pas suffisamment forcée pour nous donner l’illusion que l’action se déroule réellement à cette époque de l’année. Mettre quelques décorations de Noël et un manteau d’hiver à des enfants, alors qu’il fait clairement chaud à l’extérieur, ne suffisent pas à me faire croire de l’exactitude temporelle du récit.

Aussi, Collet-Serra a l’affreuse idée d’utiliser cette technique de réalisation «moderne» qui consiste à éditer les scènes d’action d’une façon si rapide qu’il est impossible pour le spectateur pour bien discerner ce qu’il se passe, surtout lorsque la caméra utilisée est branlante. Ce qui est extrêmement dommage puisque le réalisateur montre un grand talent pour filmer ces scènes, nous offrant même une course-poursuite fort enlevante, montrant par la même occasion l’amour qu’a le réalisateur pour Bullitt, le classique du cinéma américain avec Steve McQueen. Mais, lorsque Liam Neeson doit se battre à mains nues, le réalisateur oublie toutes ses bonnes matières, et filme le tout comme un grand bourrin.

Pour accompagner le travail de Collet-SerraMartin Ruhe (Control) qui l’assiste amplement avec sa filmographie. Ce dernier fait un excellent boulot, donnant gracieusement vie à la ville de New York, tout en lui donnant une touche très «british», une touche qui est grandement apprécié. Aussi, nous pouvons compter au générique la présence de«l’apprenti» du compositeur Hans Zimmer (The Dark Knight), Junkie XL (300 : Rise of an Empire). Ce dernier offre des compositions qui sont facilement oubliable, en plus d’utiliser à répétition le son de corne grave et assourdissant créé par Hans Zimmer pour le film Inception.

Dans le rôle titre, Liam Neeson démontre l’immensité de son talent. Depuis quelques longs-métrages, il joue un rôle similaire à celui qu’il interprète dans Ran All Night et on peut facilement voir cette facette de son jeu à l’écran. Et si on lui offre un scénario qui offre une construction des personnages de qualité, comme c’est le cas ici, il ne surpasse pour notre plus grand plaisir. Pour lui donner la réplique, nous avons Ed Harris (The Rock), un acteur qui interprète de façon grandiose des antagonistes et qui interprète de façon magistrale un personnage qui passe par une immense gamme d’émotions en quelques heures seulement. Joel Kinnaman (Robocop) joue de façon honnête le fils du personnage de Neeson, mais lorsqu’on le compare à Neeson et à Harris, la comparaison est peu flatteuse.

De plus, nous pouvons remarquer les présences de Vincent D’Onofrio (Law & Order: Criminal Intent), de Boyd Holbrook (Gone Girl) et de Common (Smokin’ Aces) qui font également de l’excellent boulot. En fait, la seule erreur de casting consiste en la présence de Genesis Rodriguez (Man on a Ledge) qui n’est aucunement aidé par un script laissant son personnage de coté et qui offre une performance assez fade. Aussi, nous pouvons noter la présence d’un grand acteur d’Hollywood dans un caméo assez anecdotique, un caméo causé par un montage qui a éliminé les apparitions de l’acteur.

Run All Night est un bon petit film. Offrant une qualité de divertissement supérieure à la moyenne des dernières présences de Neeson, ce long-métrage souffre d’un scénario limité par son manque d’originalité et de surprises. Après un visionnement, nous pouvons facilement voir les raisons qui ont forcé le studio Warner Brothers à avancer la sortie en salles de ce film pour une sortie printanière (Run All Night devant sortir à l’origine durant la période cinématographique estivale.). Et puisque Liam Neeson a récemment déclaré en entrevue qu’il allait bientôt se retirer du monde de l’action, nous allons devoir nous contenter de ce long-métrage, comme un possible héritage de l’acteur dans ce genre cinématographique.

3.75/5


Réalisation : Jaume Collet-Serra

Scénario : Brad Ingelsby

Avec : Liam Neeson, Joel Kinnaman, Ed Harris, Genesis Rodriguez, Boyd Holbrook, Vincent D’Onofrio, Common, Bruce McGill, Holt McCallany

Run All Night (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
3.8

En conclusion

Idéal pour un dimanche pluvieux, Run All Night souffre d’un manque d’originalité scénaristique et de quelques détails qui font de ce long-métrage un divertissement facilement oubliable. C’est d’autant plus dommage puisque nous pouvions apercevoir ici les fondations d’un divertissement de grande qualité…

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