Shark Lake (2015)

Résumé : Une policière d’une petite ville bordant le lac Tahoe doit faire face à l’invasion du lac par des requins, une invasion qui pourrait être causée par un criminel qu’elle a arrêté cinq années plus tôt.

Critique : 

Comme l’a effleuré mon collègue dans une critique publiée récemment (Voir la critique d’Into the Grizzly Maze.), le film de survie animalier est un genre assez difficile à maîtriser. Que l’on parle d’ours, de requins, de chauves-souris, d’oiseaux ou de crocodiles, le film de survie animalier a eu la vie dure, puisque la vaste majorité des longs-métrages présents dans ce sous-genre se sont cassés la figure. Une des nombreuses raisons de cet échec, c’est la difficulté technique qu’ont les réalisateurs de mettre en scène des attaques d’animaux crédibles. Prendre des animaux réels représente un danger pour les acteurs, un danger que peu de réalisateurs sont près à assumer et utiliser des «copies» d’animaux coûte assez cher, surtout si l’on veut transformer des marionnettes en «animaux réels». Mais, grâce aux effets par ordinateur, les réalisateurs ont trouvé une façon peu coûteuse pour mettre en scène ces attaques d’animaux, même si ces effets confirment l’impossibilité de ces réalisateurs de mettre efficacement en scène une agression animale…

Meredith Hendricks, mère surprotectrice et policière, tombe des nues lorsque Clint Gray, un trafiquant qu’elle a arrêté, sort de prison et tient à revoir sa fille, qui fut adoptée par Hendricks. Néanmoins, au même moment, elle se lie d’amitié avec Peter, un charmant biologiste vu travailler dans sa ville et elle est témoin des nombreuses attaques de requins, des requins qui apparaissent près du jour de la sortie de prison de Gray. Pour différentes raisons, tout ce beau petit monde convergera sur lac, à la recherche des fameux requins…

Comme vous vous en doutez, Shark Lake a décidé d’utiliser la voie de la facilité et utilise des effets par ordinateur pour illustrer ses requins. Après-tout, Shark Lake est un long-métrage souffrant d’un petit budget, ce qui l’oblige à faire de nombreux choix tant techniques et scénaristiques. D’ailleurs, il me faut féliciter les personnes qui ont conçu la bande-annonce du long-métrages. Ces gens sont parvenus à créer un résumé du film totalement différent de la réalité en deux minutes.

Soyons francs, Shark Lake est une copie d’un téléfilm, comme ceux qui passent sur Showtime ou sur Vtélé, mais avec quelques attaques de requins et un Dolph Lundgren qui fracture les bras de quelques truands. L’histoire est ennuyeuse à mourir, il ne se passe rien. Tout le scénario du film se base sur le fait que des requins ont bu vivre cinq ans dans un lac, sans dévorer personne, et que la semaine où l’homme responsable de la propagation des requins dans ce lac, ces animaux décident de manger tous les humains et les animaux qui vont dans le lac. Mais puisque Jerry Dugan a peu de moyens à sa disposition, Shark Lake focalise le récit sur la «lutte» entre Sara Malakul Lane et Dolph Lundgren pour la garde de la fille de ce dernier et sur un vedette de la chaîne BBC, qui se téléporte magiquement dans cette petite communauté pour filmer un reportage sur la capture des bêtes.

D’ailleurs, c’est durant cette scène que nous pouvons voir l’amateurisme de la production, qui contient un bon nombre d’incohérences et d’éléments suspects. Shark Lake est la première réalisation de Jerry Dugan. Dugan a un certain talent de cinéaste, surtout si l’on regarde la vision d’ensemble de sa caméra. Ce qui fait de lui un homme assez talentueux en apparence, mais qui est incapable d’occuper de pleins de détails mineurs qui font de Shark Lake un nanar, ou presque. Par-exemple, lors d’une scène, Garreth Ross, l’homme de la BBC, décide de faire une entrevue avec une femme stupide et vaguement salope. Durant cette scène, il est filmé par son cameraman, que Dugan filme, un cameraman qui est évidement joué par un acteur. Sauf que Dugan a décidé d’utiliser la prise de vue de cette caméra (En cours de scène??) dans la scène suivante, forçant un technicien à passer «devant la caméra» de Dugan pour activer la caméra de l’acteur filmant le reporteur, un technicien qui est aussi visible que du ketchup sur le bout du nez…

Pour parler des requins en tant que tel, disons que leur qualité visuelle est digne d’un navet de la société Asylum. Ils ne sont à l’écran que pour quelques secondes à la fois. En fait, leur plus grande présence à l’écran, ce fut lorsque Dugan tente de faire quelques «jumps scares» (Lorsqu’un film tente de vous faire peur en faisant «Bouh!!».» avec une poignée de kayaks, et ils n’étaient même pas dans cette scène, puisque ce n’était, au final, que des kayaks… Musicalement parlant, Shark Lake se paie le luxe d’avoir un compositeur vétéran aux commandes de sa sonorité. Nicholas Rivera (Project A) Malheureusement, sa musique va dans tous les sens, voguant entre le son du légendaire Hans Zimmer et le son du téléfilm préféré de vôtre grand-maman…

Comme vous l’avez probablement douté, Dolph Lundgren (Universal Soldier) n’est pas l’acteur central du récit, mais il offre tout de même une performance excellente. À un point tel que l’on se demande même ce qui a pu l’attirer dans ce projet. La dernière que Lundgren s’est mis à jouer dans tout et n’importe, c’était à cause de son divorce qui l’a ruiné financièrement. Et malheureusement, même avec les meilleures intentions du monde, il ne peut pas sauver Shark Lake, même lorsqu’il fait de la lutte sous-marine avec un requin. La vedette de Shark Lake c’est Sara Malakul Lane, une actrice habituée des productions d’Asylum, qui a une présence assez forte à l’écran. Par-contre, la véritable révélation du long-métrage, c’est Lily Brooks O’Briant, qui est incroyablement bonne pour un enfant… Malheureusement, le reste du casting n’est pas digne de mention, vacillant entre le mauvais et l’exécrable. C’est un film à petit budget après-tout…

Shark Lake n’est même pas un film digne de mention, ce n’est qu’un autre navet à mettre dans la longue liste d’échecs que comporte le sous-genre du film de survie animalier. Restez loin de Shark Lake, un long-métrage qui n’offre aucune possibilité de divertissement réel, même lorsque l’on voit Dolph Lundgren se battre contre un requin. Une scène qui aurait valu à elle seule le prix de la location…


Note : 0.5 / 5

Réalisation : Jerry Dugan

Scénario : David Anderson, Gabe Burnstein

Avec : Dolph Lundgren, Sara Malakul Lane, James Chalke, Michael Aaron Milligan, Ibrahim Renno Jr., Miles Doleac, Melissa Bolona, Lance E. Nichols, Ele Bardha, Ted Ferguson

Shark Lake (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
0.9

En conclusion

Shark Lake est une déception de la première à la derrière minute. À la place, voyez, ou revoyez, Piranha 3D ou Jaws, des longs-métrages biens plus efficaces dans ce sous-genre…

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