Target (2004)

Résumé : Le tireur d’élite de l’armée américaine Charlie Snow devient maintenant la cible du frère d’un trafiquant d’armes européen qu’il a tué; un homme qui décide de prendre sa revanche sur Charlie et sa famille.

Critique :

Il y a parfois des longs-métrages que l’on visionne durant son adolescence et que l’on garde de bons souvenirs. Target fut l’un de ces longs-métrages, un long-métrage retrouvé par hasard dans une vente à une pharmacie locale. Target a été, pendant quelque temps, le retour de William Webb, un cinéaste prolifique des années 80 qui a créé plusieurs longs-métrages cultes comme California Girls ou The Banker.

Deux décennies plus tard, Webb s’est servi de Target pour revenir au-devant de la scène. Malgré une idée géniale, le film est rapidement tombé aux oubliettes. Seule une poignée de cinéphiles idiots se souviennent de Target; et il faut croire que l’auteur de ces lignes est l’un de ses idiots. Le long-métrage tente de mettre en scène une chasse à l’homme dans les rues de Los Angeles. D’un côté, un tueur d’élite ayant des remords à la suite d’une mission bâclée. De l’autre, un trafiquant d’armes voulant venger la mort de son frère. Malheureusement Target ne parvient pas à lier les deux hommes dans une histoire intéressante et à faire de ces hommes des adversaires crédibles.

En réalité, le scénario de Target se résume à un Daniel Baldwin peu convainquant en un soldat d’élite qui court dans un parc de Los Angeles, voguant d’arbre en arbre. Ce qui aurait pu faire un court-métrage de quelques minutes est étiré à une longueur de 80 minutes. Pire encore, nous avons une sous-intrigue où des policiers idiots interrogent notre héros (tout le film est en réalité un flashback) tout simplement pour atteindre une durée respectable. Si les premières minutes nous permettent d’être présentés à nos personnages principaux, l’heure suivante est consacrée à Baldwin qui marche dans les bois et qui est assis sous une autoroute. Les derniers instants du long-métrage pimentent un peu le tout en faisant marcher notre héros dans un entrepôt, mais c’est trop tard. Target n’a simplement rien pour divertir. C’est un film d’action sans action où les personnages ne font rien et où ils discutent seuls à voix haute pour combler les silences inconfortables du scénario.

Sur le plan technique, Target est une déception. William Webb était un cinéaste capable de produire de bons petits divertissements. Ce n’est malheureusement plus le cas, comme le démontre le produit que nous avons entre les mains. Target est une oeuvre qui ne sait pas où aller, incapable de démontrer une émotion. Le seul moment où Webb est capable de générer un brin d’excitation, c’est lors d’un court plan où le héros marche sous un viaduc avec une musique émotive. Le reste du temps, Webb ne fait rien pour rendre son long-métrage plaisant à regarder. Il n’y a aucun rythme. Le tout se vit un mauvais film étudiant réalisé en quelques jours avec quelques acteurs célèbres ne voulant pas être là. Webb commet même l’erreur de scinder en deux la conclusion de Target – l’affrontement final entre le gentil et le méchant – pour y insérer une longue conversation entre deux personnages secondaires n’ayant aucun impact.

Dans le rôle principal, Daniel Baldwin (The Usual Suspects) offre une interprétation honnête. Il est incapable de rendre son personnage crédible, mais si nous devons parier, nous serions prêts à gager que sa monotonie est liée au scénario et à la réalisation de Target. Lui donnant la réplique, James Russo (Beverly Hills Cop) n’en sort mieux et est crédible; grâce à un personnage amical mieux conçu que notre héros. Yorgo Constantine (Live Free or Die Hard) est un mauvais antagoniste. Il débute comme un clone du méchant de Die Hard 3 pour devenir un méchant pleurnichard; et Constantine n’est guère reluisant dans les deux facettes de ce personnage. Et pour les intéressés, il est possible de voir un « jeune » Igor Jijikine (Safe) dans un rôle secondaire. Target étant l’un de ses premiers longs-métrages à Hollywood.

Target est si mauvais qu’il est impossible d’en rire ou d’y trouver des choses positives. Le film n’est qu’une longue vidéo de mise en forme où un réalisateur déchu filme un acteur au bas-fond de sa carrière courir dans les bois de Los Angeles. Après ce rafraîchissement, il est clair que l’auteur de ces lignes va remettre Target aux oubliettes et oublier ce vague souvenir de son adolescence.


Réalisation : William Webb

Scénario : Jim Makichuk

Avec : Stephen Baldwin, James Russo, Yorgo Constantine, Igor Jijikine, Debra Wilson, Deborah Worthing

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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