Actionerd

Paradis du cinéma d'action

The Chase (1994)

Résumé : Jack Hammond, un détenu en cavale, prend une femme en otage et s’enfuie vers le Mexique avec la police à leur poursuite.

Critique : 

Il y a de ces films qui ont marqué l’enfance du gamin né au début des années 90 que j’étais. Nous parlons ici de Die Hard : With a Veangeance, de Terminator 2: Judgment Day, d’Operation Condor, de Speed et d’une liste de films si longue qu’elle ne pourrait rentrer dans cet article. Un de ces longs-métrages était The Chase, un petit film d’action mettant en vedette Charlie Sheen. Des années après mon dernier visionnement, il est maintenant le temps de donner une nouvelle chance à The Chase

Jack Hammond, un clown en fuite, est pris de panique dans une station service et kidnappe Nathalie Voss, une jeune inconnue qui se révéla être Nathalie Voss, la fille d’un riche homme d’affaires. Poursuis par la police et victimes de la folie générée par les médias tentant de couvrir cet événement,  le duo tentera par tous les moyens d’atteindre la frontière mexicaine…

Sorti en 1994, The Chase a connu une sortie en salles plutôt désastreuse, se faisant couper l’herbe sous le pied par Speed, sorti quelques semaines plus tard en Amérique du Nord. Malgré un échec au box-office (Un peu plus de 8 millions) et un échec vis-à-vis la critique américaine, nul ne se doutait de l’impact qu’aurait ce film en 1994. Telle une prémonition, The Chase a décrit, dans sa globalité, l’immense course-poursuite entre le joueur de football américain et acteur O.J. Simpson et la police de Los Angeles qui se produisit quelques mois après la sortie en salles de The Chase. Depuis cet événement, le long-métrage est rapidement sombré dans les oubliettes de la culture cinématographique occidentale (Après-tout, quel genre de cinéphile serait à la recherche d’un obscur film d’action mettant en vedette Charlie Sheen…), mais pourtant, il a beaucoup à vous offrir.

Conçu autour d’une idée simple vue des milliers de fois, une course-poursuite entre un protagoniste et la police, The Chase parvient à révolutionner le tout en étirant cette poursuite sur la durée entière de son scénario. Adam Rifkin (Chillerama) débute en effet son projet par la prise d’otage en elle-même, qui dégénère très rapidement dans ce qui constituera le nœud de l’intrigue, la course-poursuite. Et même si peu de choses s’y déroule de façon concrète, après-tout le tout se passe sur une autoroute, Rifkin est parvenu à introduire une certaine critique des médias (Qui tient toujours en 2015.) et plusieurs moments comiques comme un déversement de cadavres sur l’autoroute (Une séquence qui fut d’ailleurs reprise dans Bad Boys II.) ou la scène où Charlie Sheen se met à chanter du Village People. Néanmoins, le dernier tiers de ce projet souffre terriblement de l’essoufflement du scénariste qui ne sachant pas comment terminer son histoire, nous offre une fin en queue de poisson à la frontière du Mexique.

Étant également le réalisateur, Rifkin est parvenu, sans passer à l’histoire, à créer les techniques de réalisations préférées des réalisateurs actuels (Montage agressif, plusieurs prises de vues, caméras branlantes, etc.). Même que techniquement parlant, The Chase n’a rien à envier aux productions contemporaines, puisque son Rifkin a réalisé son long-métrage comme un film de 2015. Cela implique également que The Chase souffre des mêmes défauts que les longs-métrages de 2015 puisque son montage est trop agressif, la caméra peut être nauséeuse et que les plans de caméra sont parfois confus.

Un autre signe de confusion réside dans sa gestion de son propre final qui inclut une scène romantique. Cette dernière pose d’entrée de jeu un certain problème dans le fait que les voitures de police disparaissent subitement du décor ou que la voiture conduite par Charlie Sheen change subtilement de modèle (Un changement assez difficile à observer, il me faut l’admettre…). Néanmoins, la seule justification de sa présence réside dans le fait qu’elle n’est en fait qu’un prétexte pour transporter l’intrigue du jour (Début de l’après-midi.) vers le milieu de la nuit grâce à quelques écrans verts maladroitement camouflés. De plus, Rifkin a eu quelques difficultés à trouver une doublure ressemblant à Charlie Sheen et à camoufler cette dernière, nous offrant ainsi quelques moments involontairement comiques. Musicalement parlant, Richard Gibbs (Battlestar Galactica) parvient à nous une palette de sons assez intéressante, optant pour un style musical proche du ton des événements décrits par le scénario et en y ajoutant quelques chansons populaires de l’époque.

Dans le rôle titre, Charlie Sheen (Two and a Half Men) fait de l’excellent travail. En toute honnêteté, peu d’acteurs auraient été capable d’offrir une bonne performance avec le rôle de Jack Hammond et le fait que Sheen ait réussi cet exploit est un miracle en soi. Également, il a une bonne chimie avec Kristy Swanson (Buffy the Vampire Slayer), fantasme de plusieurs adolescents de ma génération. Sans égaler Sheen, cette dernière offre aussi une bonne présence en jouant avec une certaine puissance la naïveté et le manque d’expérience de son personnage. Henry Rollins (Heat) et Josh Mostel (Bag Daddy) sont les seuls membres du casting restant de The Chase qui ont une bonne présence à l’écran et ils font de l’excellent boulot. Le reste du casting valse entre le très bon et le très mauvais (Notamment les policiers présents lors de la prise d’otages qui sont assez insupportables.). Mais, nous pouvons nous réjouir puisque ce casting secondaire comprend plusieurs caméos (Ou petits rôles.) de célébrités diverses comme Ray Wise (RoboCop), deux membres du groupe Red Hot Chili Peppers, l’acteur porno Ron Jeremy ou Cary Elwes (The Princess Bride).

The Chase est un pur produit des années 90 et le nostalgique que j’étais a retrouvé son cœur d’enfant le temps de ce visionnement. Sans être parfait, ce long-métrage tient toujours la route en 2015 et offre un divertissement convenable que l’on pourrait qualifier comme étant le «Big Mac» du cinéma américain. Donc, si vous êtes en manque de malbouffe, The Chase est définitivement à recommander…


Réalisation : Adam Rifkin

Scénario : Adam Rifkin

Avec : Charlie Sheen, Kristy Swanson, Henry Rollins, Josh Mostel, Wayne Grace, Rocky Carroll, Miles Dougal, Ray Wise

The Chase (1994)
3

En conclusion

The Chase est un film des années 90 assez méconnu et qui est malheureusement mal-aimé par par les cinéphiles que nous sommes. Et pourtant, nous avons ici un divertissement sans queue ni tête qui tient la route (Sans mauvais jeu de mots…) le temps d’une course-poursuite en Californie…

Sending
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueueurs aiment cette page :