The Darkest Minds (2018)

Résumé : Emprisonnés par un monde d’adultes qui craint désormais tous les moins de 18 ans, un groupe d’adolescents forme un groupe de résistance pour se défendre et reprendre le contrôle de son avenir.
Critique : 
Même si le phénomène ralentit depuis quelques années, le monde des romans pour adolescents continue à peupler le monde cinématographique américain. Aujourd’hui, c’est au tour de The Darkest Minds de débarquer dans les salles de cinéma. S’inspirant d’un roman du même nom, le divertissement tente de permettre à une réalisatrice réputée de films d’animation (Jennifer Yuh Nelson, Kung Fu Panda 3) de faire une entrée fracassante dans le cinéma d’action; à l’image de Brad Bird avec Mission: Impossible – Ghost Protocol.
The Darkest Minds débute alors le monde est dévasté par une infection qui a tué 98% des enfants de la planète. Les survivants de l’épidémie sont devenus des êtres dotés de super-pouvoirs. Une jeune adolescente nommée Ruby, qui est une « orange »pouvant contrôler les esprits, parvient à s’échapper de sa prison et tente de survivre dans le monde extérieur. Avec l’aide de trois compagnons, un bleu (pouvoirs psychiques), un vert (super-intelligence) et une jaune (électricité), Ruby tentera de trouver un refuge.
Il est clair que le long-métrage reprend les trophées de tous les films pour adolescents sur la Terre et il est clair que Yuh Nelson a réellement envie d’utiliser ces clichés pour créer quelque chose d’épique, de mémorable. Par contre, le scénario de Chad Hodge (Wayward Pines) est une monstruosité de la pire espèce. Les aventures de ces gamins alternent entre une romance fausse et irritable digne d’un dessin animé sur Barbie, un humour totalement raté et des discours moralisateurs trop évidents. Malgré le rythme conséquent de l’oeuvre, le tout n’a rien de fluide et le moindre effort pour tenter d’apporter quelque chose à cet univers ne mène nulle part.
Le long-métrage a la prétention de penser qu’il démarrera une nouvelle franchise, en n’expliquant rien de son univers et en laissant une conclusion ouverte afin de résoudre le tout dans d’éventuelles suites, tirées dans les six bouquins de cette série. Pour ceux qui, comme moi, n’ont aucune familiarité avec ces livres, The Darkest Minds ne fait rien pour nous accompagner. Ce qui nous force à suivre ces quatre gamins dans leur voyage vers un endroit sûr, avec peu d’éléments à se mettre sous la dent. À l’exception, bien sûr, de « quelques moments excitants » impliquant une chasseuse de primes à la trousse de Ruby et des références aux X-Men. Puisque le long-métrage nous donne l’impression de visionner, spécialement dans le dernier tiers, une imitation de la célèbre bande dessinée de Marvel, avec des mutants libres, une confrérie de mauvais mutants, le gouvernement, et tous les éléments typiques de la bande dessinée que l’on a pu voir dans le passé dans des adaptations cinématographiques de cet univers de Marvel.
Jennifer Yuh Nelson tient plus ou moins le long-métrage sur ses épaules. The Darkest Minds reste bien encré dans les limites du cinéma pour adolescents. Cela n’empêche pas la réalisatrice de tenter de nous donner quelques moments intéressants en termes d’action; notamment avec une course poursuite qui n’est pas si mauvaise que ça. Notons également que la cinéaste est parvenue à créer une photographique assez intéressante, principalement à cause de la notion de couleurs présente dans le récit et à cause de la nature des pouvoirs qu’ont les personnages principaux. Mais avec le scénario qu’elle a entre les mains, Yuh Nelson est incapable de sauver son long-métrage du désastre qui est en train de parcourir les salles de cinéma…
La distribution principale de The Darkest Minds est tout aussi potable. Bien qu’ils n’ont aucune chimie, Amandla Stenberg (The Hunger Games) et Harris Dickinson (Beach Rats) livrent d’honnêtes performances. Le reste du casting est essentiellement composé de jeunes gamins assez génériques, mais qui ne sont pas foncièrement mauvais. Gwendoline Christie (la saga Star Wars), Mandy Moore (This is Us) et Bradley Whitford (Get Out) ont également des petits rôles qui gaspillent leur talent d’acteur.
Il ne faut pas se sentir mal de visionner The Darkest Minds. Il est certain qu’une certaine partie de la population va aimer The Darkest Minds et le film est assez divertissant pour ne pas trop s’ennuyer. Par contre, avec son scénario toxique et incomplet, l’oeuvre de Jennifer Yuh Nelson sera rapidement oubliée par les cinéphiles et risque de ne pas réussir à débuter la franchise que le studio américain Fox souhaitait tant obtenir…


Réalisation : Jennifer Yuh Nelson
Scénario : Chad Hodge
Avec : Amandla Stenberg, Mandy Moore, Gwendoline Christie, Harris Dickinson, Skylan Brooks, Miya Cech, Patrick Gibson, Wallace Langham, Bradley Whitford

The Darkest Minds (2018)
1.6

Résumé

The Darkest Minds est une occasion ratée pour Jennifer Yuh Nelson, dont le talent est coincé dans les sables mouvants du scénario entre ses mains…

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