The Finest Hours (2016)

Résumé : Février 1952, une des pires tempêtes à avoir frappé la Côte Est des États-Unis endommage un pétrolier sur les côtes de Cape Cod et le coupe littéralement en deux. Sur un petit bateau de sauvetage, quatre membres de la garde côtière doivent combattre des températures glaciales et des vagues de 70 pieds afin de sauver la trentaine de marins coincés sur cette épave qui sombre rapidement dans l’eau.

Critique : 

The Finest Hours est un long-métrage dont la sortie fut décalée pour faire place à Star Wars: The Force Awakens. La sortie de ce blockbuster a forcé le long-métrage à tomber légèrement dans l’oubli du mois de janvier, un mois poubelle pour les distributeurs américains. Et puisque petit bateau va loin (Sans faire de mauvais jeu de mots…), The Finest Hours est sorti cette fin de semaine au Québec et nous avons saisi cette chance de voir ce long-métrage et de le critiquer…

Bernie Webber, un garde côtier en quête de rédemption depuis l’échec d’une opération de sauvetage en mer, planifie de se marier avec une belle répartitrice téléphonique. Alors qu’il tente de demander à son supérieur la permission de se marier, Webber apprend qu’un bateau, coincé dans une tempête, vient de se séparer en deux. Dernier capitaine encore à quai, il part à la rencontre du paquebot avec un petit bateau de sauvetage tandis que les hommes coincés sur l’épave désespérément d’empêcher cette dernière de couler au fond de l’océan.

The Finest Hours a tout du film catastrophe parfait. À un point tel que nous pourrions presque dire que le long-métrage est un vulgaire téléfilm de la chaîne Syfy. Attention, nous disons cela de façon positive, même si dans le cas de The Finest Hours c’est assez négatif, puisque le scénario du long-métrage est construit comme une véritable peinture à numéros. À aucun moment le film nous surprend ou nous étonne, scénaristiquement parlant.

Vous avez probablement déjà vu ce film une bonne centaine de fois; vous connaissez déjà la fin, les principaux moments de tensions et les clichés utilisés. Et puisque c’est une histoire vraie, il est difficile de juger le manque d’originalité du scénario sans se demander si la véritable histoire vraie était aussi pathétique avec des êtres humains aussi stéréotypés. D’un côté nous avons l’homme qui trouve un certain réconfort à suivre les règles à la lettre et qui devra apprendre à utiliser son libre-arbitre pour réussir son objectif et de l’autre nous avons une femme rebelle qui refuse d’être soumise comme toutes les femmes de la société. Entre les deux, nous avons tous les clichés présents dans les productions cinématographiques douteuses, en passant du supérieur grincheux et incompétent à la personne étrangère qui parle avec un accent incompréhensible. Si The Finest Hours était une production indépendante sortant directement en DVD nous ne serions pas aussi sévère, sauf que le long-métrage est une grosse production hollywoodienne de plusieurs dizaines de millions de dollars, qui devrait être scénarisé, en théorie, par des personnes compétentes.

Heureusement pour nous, Craig Gillespie (Fright Night) est là pour compenser. Le réalisateur parvient à élever le scénario assez mauvais de cette production et à l’élever suffisamment pour nous offrir un divertissement de qualité. En deux heures, nous n’avons jamais envie de regarder notre montre ou de sortir pour uriner. Gillespie est parvenu à nous faire oublier le temps qui passe durant les deux heures que durent le film. De plus, le réalisateur ne se gêne pas à nous montrer les moments épiques de ce sauvetage dans leur peine grandeur, nous montrant qu’il est la seule personne à avoir compris la grandeur de l’exploit réalisé par ces hommes en 1952. D’ailleurs, nous pouvons remercier que le long-métrage ne s’attardent pas trop aux personnages et à leur vie terrestre, afin de laisser le champ libre aux scènes se déroulant en mer ou dans la moitié restante du SS Pendleton avec les 33 membres toujours vivants de l’équipage qui tentent tout simplement de survivre.

Malheureusement, Gillespie sera gêné dans sa démarche par les effets spéciaux du film (Malgré un certain esthétisme, ils donnent un aspect «plastifié» à de nombreuses scènes…) et par la 3D inutile qui assombrit une direction photographique déjà sombre et monotone. Néanmoins, le principal défaut de la réalisation de Gillespie se situe dans un manque notoire dans la gestion de ses acteurs. The Finest Hours se déroule au beau milieu d’une tempête hivernale sur une mer glaciale. Étrangement, il semblerait que le réalisateur n’ait jamais mentionné ce fait aux acteurs du film, n’ait pas songé à réaliser The Finest Hours dans un environnement froid ou n’ait pensé à mettre numériquement de la buée qui sort de la bouche des acteurs lorsqu’ils parlent, créant par la même occasion u une grosse incohérence involontairement comique. Musicalement parlant, notons la composition sympathique de Carter Burwell (Fargo) qui supporte adéquatement le long-métrage avec plusieurs notes mélancoliques qui parviendront à vous faire verser quelques larmes en fin de parcours.

Dans l’un des rôles principaux, Chris Pine offre une formidable prestation avec un personnage qui est aux antipodes du capitaine Kirk, même si nous pouvons sourire du fait qu’il semble se spécialiser à jouer des capitaines, tant sur l’eau que dans l’espace. Notons également qu’il est parvenu à quelques scènes à créer une véritable chimie avec Holliday Grainger (Qui est excellente dans le rôle de la fiancée du personnage de Pine.). Dans la moitié du long-métrage consacrée à leurs personnages, nous pouvons également apercevoir Ben Foster (3:10 to Yuma)Kyle Gallner (American Sniper)John Magaro (My Soul to Take) et Eric Bana (Star Trek). Si les trois premiers interprètent de façon convaincante l’équipage de Bernie Webber, nous pouvons sentir un certain malaise dans la performance de Bana. Pour ce qui est de l’équipage du pétrolier tombant en ruines, nous avons un sans fautes avec une panoplie d’acteurs connus qui ont tous leur moment de gloire et qui livrent tous de formidables performances, malgré un scénario qui ne laisse pas assez de temps à l’écran pour tous ces hommes.

Malgré un scénario nullement intéressant, extrêmement paresseux et aucunement original, The Finest Hours réussit un exploit grandiose et mémorable en étant divertissement et émotionnellement prenant. Un peu comme ces hommes qui ont dû affronter une mer déchaînée, Craig Gillespie a dû affronter les déboires d »un scénario plus que douteux pour parvenu à nous offrir ce divertissement plus que convenable. Au final, nous ne pouvons que saluer que l’exploit de ces véritables héros en nous disant que les faits réels sont, sans le moindre doute, plus intéressants que ce que le long-métrage laisse sous-entendre…


Réalisation : Craig Gillespie

Scénario : Scott Silver, Paul Tamasy, Eric Johnson

Avec : Chris Pine, Casey Affleck, Ben Foster, Eric Bana, Holliday Grainger, John Ortiz, Kyle Gallner, John Magaro, Graham McTavish, Michael Raymond-James, Beau Knapp, Josh Stewart, Abraham Benrubi, Keiynan Lonsdale

The Finest Hours (2016)
3.5

En conclusion

Malgré un scénario vieillot manquant d’originalité, The Finest Hours est dans le moindre doute une option à considérer lors de votre prochaine sortie au cinéma…

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