The Last Witch Hunter (2015)

Résumé : Le dernier chasseur de sorcières doit faire face à l’invasion de New York par des sorcières.

Critique : 

Halloween est souvent un moment propice pour sortir des films d’horreur aux sujets farfelus et insolites. Pour l’année 2015, les cinéphiles de ce genre étaient comblés avec des sorties comme le dernier chapitre de la saga Paranormal Activity, Goosebumps, Tremors 5: Bloodlines et The Last Witch Hunter. Ce dernier sortait cette fin de semaine au Québec et offrait à Vin Diesel l’opportunité de prouver au public québécois, et au public mondial qu’il n’est pas juste l’acteur de la franchise Fast & Furious, mais également un acteur prolifique capable d’une diversité de rôles. Malheureusement, il a largement échoué ce test…

Kaulder, un chasseur de sorcières viking (?), parvient à venger la mort de sa famille des mains d’une sorcière maléfique, sauf que cette dernière le condamne à l’immortalité en guise de représailles. Continuant à chasser ces êtres maléfiques à notre époque, Kaulder voit son acolyte se faire assassiner par l’une d’entre-elles lorsque ce dernier s’approche d’une conspiration visant à détruire la Terre, entraînant Kaulder sur le chemin de la vengeance…

Avec sa prémisse insolite, The Last Witch Hunter avait le choix d’emprunter deux chemins. Soit il allait dans le sentier de l’humour et du divertissement digne d’une série B (Comme Snakes on a Plane ou Lake Placid…), soit il tentait d’être un divertissement de nerd pur et dur (Après-tout, Vin Diesel est un geek fanatique de Donjons & Dragons…). Malheureusement, The Last Witch Hunter décide de jouer le tout de façon très sérieuse, tel un Dark Knight du pauvre, alors que les scénaristes du long-métrage ne sont même pas capables de corriger les nombreuses incohérences et la maigreur des situations que vivent les personnages.

Le tout débute tel un remake d’Highlander, mais très rapidement l’intrigue lorgne du côté de Constantine, un long-métrage de 2005 que les scénaristes semblent aimer grandement, tout comme Inception, Starship Troopers, Blade, etc. The Last Witch Hunter est un gros ramassis vos longs-métrages préférés où le but de l’intrigue pendant près d’une bonne heure consiste à faire voyager Vin Diesel dans ses souvenirs et ses rêves, une action simple que les scénaristes ne parviennent à faire qu’après de nombreux détours inutiles. Et lorsque l’histoire débloque enfin, c’est pour le grand combat final entre la méchante sorcière et Vin Diesel. Certes il y a quelques revirements de situations pour dynamiser l’intrigue, mais l’histoire est tellement ennuyeuse et peu originale que ces derniers paraissent assez bénins et inutiles. Étrangement, en se fiant aux personnes présentes aux personnes lors de mon visionnement de The Last Witch Hunter, il n’y avait que les jeunes adolescents qui semblaient s’intéresser aux événements qui se déroulaient sur le grand écran. Les spectateurs plus vieux, comme moi qui sonne aux portes du quart de siècle, mourraient d’ennui et combattaient une certaine somnolence devant la petitesse de ce scénario.

Même les dialogues sont miteux alors que les phrases dites par les acteurs ne font pas beaucoup de sens tandis que les personnages s’étonnent de découvrir que les sorcières les plus dangereuses de la planète sont emprisonnées dans une prison, que les sorcières ont des forums de sorcellerie, que Michael Caine tente de faire de la publicité pour Apple en tuant une mouche ou que l’un des personnages s’arrache la peau de son visage en poussant un juron, dans l’une des tentatives d’humour peu adéquates que ce permet le scénario. Et le pire du comble provient des derniers instants qui forcent la note pour nous signaler que The Last Witch Hunter est le premier volet d’une franchise.

Techniquement, The Last Witch Hunter ne parvient à faire mieux alors que la réalisation de Breck Eisner (Sahara) est pénible à regarder. Ses scènes d’action suivent de trop près Vin Diesel, et si l’on ajoute le montage qui ne nous laisse pas suffisamment de temps pour assimiler ce que l’on voit, nous avons comme résultat des scènes d’action qui sont totalement indigestes. En fait, les seuls plans où les scènes d’action ne nous donnent pas le goût de vomir, c’est les quelques plans présents dans les bandes-annonces du long-métrage. Comme si ce n’était pas assez, la direction photographique de Dean Semler (Dances with Wolves) est trop sombre, ajoutant ainsi une couche de difficulté visuelle supplémentaire lors des quelques séquences intérieures.

Même la trame musicale de Steve Jablonsky (Desperate Housewives) peine à dynamiser les quelques scènes potables du film, en offrant une bande sonore assez quelconque et générique. Au moins, nous pouvons nous consoler avec les effets spéciaux du film qui sont assez jolis. Avec un budget confortable dépassant les 90 millions, The Last Witch Hunter se permet d’être inventif avec des créatures aux designs inventifs, comme le gardien de la prison des sorcières qui est tout simplement magnifique. Néanmoins, pour une raison inconnue, les quelques écrans verts utilisés par la production sont affreusement visibles…

Par sa part, Vin Diesel (Fast & Furious) semble distant, alors qu’il n’est visiblement pas inspiré pour ce rôle. Il tente de jouer un guerrier de 800 ans comme il joue un criminel / coureur de rue, et cela ne fonctionne tout simplement pas. Même constat pour Elijah Wood (The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring), dont la performance ne fait que nous rappeler l’époque où l’acteur combattait les orcs dans la Terre du Milieu et pour Michael Caine (The Dark Knight) dont le rôle nous rappelle grandement le personnage d’Alfred dans la saga Batman. Au moins, nous pouvons nous consoler avec la présence de Rose Leslie (Game of Thrones), jouant une gentille sorcière de façon assez rafraîchissante et humaine, et avec la présence de Ólafur Darri Ólafsson (Contraband) qui joue un formidable antagoniste, même si son rôle tient plus du caméo allongé.

Par son ton, son scénario sans queue ni tête et sa réalisation empotée, The Last Witch Hunter offre quelque chose de pire qu’un mauvais film, en offrant un long-métrage ennuyeux qui ne divertit pas, prouvant que Vin Diesel est condamné à jouer les bad boys dans les franchises Fast & Furious et XXX. Avec une suite qui est d’ores et déjà en production, nous espérons sincèrement que The Last Witch Hunter se plante au box-office mondial afin que nous puissions retourner s’amuser avec des méchants garçons et leurs voitures de compétition…


Réalisation : Breck Eisner

Scénario : Cory Goodman, Matt Sazama, Burk Sharpless

Avec : Vin Diesel, Rose Leslie, Elijah Wood, Ólafur Darri Ólafsson, Rena Owen, Julie Engelbrecht, Joseph Gilgun, Isaach De Bankolé, Michael Halsey, Michael Caine

The Last Witch Hunter (2015)
1.7

En conclusion

The Last Witch Hunter attaque son sujet si sérieusement, qu’il nous est impossible de se divertir en éclatant de rire devant sa médiocrité. Passez tout simplement votre chemin…

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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