The Letter for the King – Saison 1 (2020)

Résumé : Tiuri, un écuyer adolescent, répond à un appel à l’aide qui l’envoie en mission périlleuse à travers les trois royaumes pour livrer une lettre secrète au roi.

Critique : 

Avec The Letter for the King, la plateforme tente d’offrir une version jeunesse de Game of Thrones. Enfin, une version jeunesse d’un roman ayant quelques points communs avec le phénomène planétaire d’HBO. Cependant, le divertissement pour enfants et adolescents n’obtient jamais l’argent ou les efforts créatifs du divertissement pour adultes. Sans surprise, The Letter for the King souffre du même problème…

Tiuri est un adolescent intimidé par ses confrères à cause de ses origines et de ses faibles capacités physiques. Il ne parvient qu’à obtenir du succès dans sa formation de chevalier que grâce aux pots de vin de son père adoptif. Cependant, au cours d’un test final, Tiuri aura la chance de prouver sa juste valeur en venant en aide à un chevalier mourant. Faussement accusé de meurtre, le gamin devra parcourir le royaume avec l’aide d’un cheval doté d’une intelligence extraordinaire, avec à ses trousses ses collègues de classe, l’armée du roi et une horde de bandits voulant tenir un coup d’État.

The Letter for the King n’est pas une série faite pour les enfants. C’est une série pour profiter de la naïveté des enfants. Même avec des yeux d’adulte, les nombreux problèmes de la série nous sauvent au visage. The Letter for the King nous démontre tout son niveau d’écriture et la sensibilité de son équipe de production dès la première scène de la série. On débute par un gros plan sur un pigeon faisant un caca dans la chambre de notre héros. En termes de comédie, c’est le truc le plus paresseux qui a traversé mon téléviseur depuis des années.

Et c’est la paresse qui détruit The Letter for the King. Chaque aspect de l’émission est bâclé. L’histoire est horriblement prévisible. Elle va dans toutes les directions, alternant entre un humour provenant d’un dessin animé pour les moins de trois ans, à des sujets assez sombres. The Letter for the King est capable d’alterner entre un cheval qui crache à la figure des gens, et un homme se faisant poignarder devant son fils, puis brûlé vif (?). Il y a même une espèce de sous-entendu avec un lien romantique entre un soldat d’un vieil âge et une gamine de dix ans. Il est toujours bien de montrer aux enfants les biens faits de la pédophilie…

Sarcasme à part, le scénariste principal de The Letter for the King et créateur de la série, William Davies (Stop! Or My Mom Will Shoot), est incapable de garder la moindre trajectoire. Le fond de l’histoire est assez simple : un gamin traverse un pays pour amener une lettre à son roi. En six épisodes, Davies tente de greffer un nombre trop important de sous-intrigues. On ne sait jamais où il semble se diriger.

À un moment, la mère de notre héros se fait kidnapper, puis jeter en prison. On ne sait pas si quelqu’un est venu la sauver… Est-elle toujours en vie? À un autre moment, les gamins sont coincés dans une avalanche. Pourquoi ensevelir des enfants pendant des heures sous de la neige et créer un moment de suspense; si ce n’est que pour les faire sortir miraculeusement la scène suivante? Pourquoi débuter une romance entre deux personnages homosexuels, si ce n’est que pour tuer l’un des deux gamins vingt minutes plus tard? Pourquoi est-ce qu’un personnage a des super-pouvoirs pouvant soigner un personnage dans un épisode, s’il ne peut soigner un autre personnage un épisode plus tard?

Techniquement, The Letter for the King est tout aussi horrible. Des fois on a le droit à beaucoup d’efforts de photographie, à des décors splendides. D’autres fois, la série manque d’argent et se contente de faire des plans de caméra avec un drone, parce que cela fait « The Lord of the Rings ». Nos héros livrent une bataille face à une vingtaine d’hommes armés? Pas grave, on coupe le combat, on passe à une scène où des personnages discutent à des milliers de kilomètres. Lorsqu’on revient à nos héros, tous les méchants sont au sol et nos héros discutent. Pire encore, le climax, le grand combat final et épique, consiste à regarder un nuage noir pendant cinq minutes…

Vous croyez que je suis sévère? Parlons de la distribution… Tous les jeunes sont mauvais. Dans l’ensemble, c’est la faute à un scénario incapable de leur donner des répliques intelligentes à dire, même pour un divertissement pour enfants. Certains d’entre eux sont tout simplement mauvais, mais par respect, on va taire leurs noms. Andy Serkis (Planet of the Apes) vient faire un tour pour quelques scènes, mais il cabotine à fond. Seul David Wenham (la saga The Lord of the Rings) est capable d’élever son texte. Wenham livre de loin la meilleure performance; il est le seul qui semble se forcer à faire un bon divertissement.

Enfin, c’est un mensonge. La seule raison qui me pousse à écrire cette critique et à visionner The Letter for the King, c’est un acteur de haute voltige. Ce que je m’apprête à dire n’est pas un sarcasme ou un mensonge, mais le meilleur acteur de la série est un cheval. Oui, l’un des personnages principaux de l’oeuvre a quatre pattes et il a un sacré caractère. Imaginez un mélange improbable avec R2-D2 et le pitbull de Brad Pitt dans Once Upon a Time in Hollywood. Un caractère adorable, mais il est également capable de vous aplatir la tête.

L’animal est génial, son dresseur l’est également. Et The Letter for the King est totalement conscient de sa carte cachée. La série n’hésite pas à nous balancer un ralenti ou une musique épique à chacune de ses scènes. Cela fonctionne. On rit de l’animal. On a même des frissons qui nous parcourent le corps lorsque ce dernier affronte des soldats. Lorsque l’animal est rempli de rage et qu’il se fonce avec colère vers l’assassin de son premier maître, il est presque impossible de ne pas pleurer de joie.

Mais The Letter for the King est une série horrible. Les séquences avec cette bête méritent à elles seules cinq étoiles. Sauf que le reste de The Letter for the King est horrible. C’est possiblement l’une des pires séries de Netflix. Mieux encore : c’est une série pour les enfants que les enfants ne devraient pas regarder…


Créée par : William Davies

Diffusée sur : Netflix

Avec : Amir Wilson, Ruby Ashbourne Serkis, Thaddea Graham, Islam Bouakkaz, Jonah Lees, Jack Barton, Nathanael Saleh, Gijs Blom, Peter Ferdinano, Andy Serkis, David Wenham

On tient

The Letter for the King - Saison 1 (2020)
0.5

Résumé

The Letter for the King sera très certainement la pire série de l’année…

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Michael Michaud

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