The Meg (2018)

En eaux troubles critique

Résumé : Après avoir échappé à une attaque par ce qu’il prétend être un requin de 70 pieds, Jonas Taylor doit faire face à ses craintes pour sauver ceux qui sont coincés dans un submersible submergé.

Critique : 

En eaux troubles critique Depuis le succès de Jaws, Hollywood s’est mis à produire régulièrement des films des requins pour reproduire ce succès, tant sur le plan critique que populaire. Cette fois-ci, Hollywood tente d’adapter un roman populaire en compagnie de la Chine pour créer un film de monstre qui saura plaire à un public global. Un film qui opposera une vedette du cinéma d’action à un requin géant d’une vingtaine de mètres…

Dans The Meg, un plongeur nommé Jonas Taylor tente de secourir en vain un groupe de scientifique coincé sur un sous-marin après une attaque de requins. Cinq années plus tard, Taylor doit replonger sous l’eau lorsque son ancienne femme et une partie de son expédition sont attaquées par un monstre. Malheureusement, la mission de sauvetage ne se déroulera pas comme prévu. Ce qui forcera le groupe à tuer la créature géante avant qu’elle touche la population humaine.

Il y a définitivement un excellent film qui se cache au fond de The Meg. Hélas, il est difficile de le trouver. Bien que par le passé, les films qui tentent de rejoindre les publics chinois et nord-américains ne réussissent pas à créer une histoire intéressante, The Meg ne tombe pas dans le panneau. En réalité, si le long-métrage ne parvient pas à atteindre ses objectifs, nous ne pouvons que blâmer les producteurs du divertissement, qui ont massacré The Meg, du moins selon ce que le réalisateur et la vedette principale du film sous-entendent…

Le scénario de The Meg tente d’être un film sérieux avec beaucoup de science et prend son temps pour installer son univers. Mais en même temps, il y a un autre film qui se cache sous The Meg; un film où nous voulons voir Jason Statham combattre à mains nues le requin. Dean Georgaris (Paycheck), Jon Hoeber (Battleship) et Erich Hoeber (Battleship) mettent beaucoup d’efforts pour parvenir à faire de ces deux idées un film cohérent. Cela ne fonctionne pas. Au fur et à mesure que le long-métrage s’approche du générique de fin, le divertissement perd de son intérêt.

L’angle et le ton utilisé par le long-métrage vont dans toutes les directions. On rit lorsque le film n’est pas drôle. Et lorsque les scénaristes tentent de faire des blagues, nous restons de marbre, avec un profond malaise. Il y a même une sorte de triangle amoureux entre le héros, son ancienne femme et un personnage principaux qui n’apporte rien, sauf un bonbon pour une portion du public féminin. The Meg commet son pire péché avec ses personnages qui ne sont aucunement intéressants. Dès que le film se concentre sur eux et tente de leur faire vivre des émotions et de la profondeur, nous avons tout simplement envie de voir le requin; qui est le seul personnage du film à ne pas déblatérer des dialogues médiocres…

Parlant du requin, Jon Turteltaub (3 Ninjas) fait tout son possible pour nous impressionner dès que le monstre géant se trouve devant nos yeux. Cela fonctionne totalement. Le requin est magnifique et le cinéaste parvient à créer des moments de tensions spectaculaires. Hélas, dès que le scénario quitte son poisson préhistorique, The Meg devient terriblement ennuyeux. Eh oui, il est clair que nous ne visionnons pas The Meg pour son scénario, mais cela impacte le divertissement, le rythme du film, ainsi que la réalisation de Turteltaub. De plus, le fait que le long-métrage vise un public large et jeune minimise grandement la violence, avec plusieurs morts qui se comparent à un Coca-Cola diète et un troisième acte qui n’est pas aussi jouissif qu’on l’aurait voulu.

L’autre point faible de The Meg demeure sa distribution. Jason Statham (The Transporter) est solide. On peut sentir les raisons qui l’ont poussé à prendre ce rôle, mais avec un résultat final moins sanglant que prévu, l’acteur ne semble pas à sa place et est même une distraction. Même chose pour le reste de la distribution qui ne brille pas réellement. Surtout les acteurs asiatiques qui semblent avoir une certaine difficulté à livrer leur dialogue dans la langue de Shakespeare. Seule Ruby Rose (John Wick 2) parvient à générer de l’intérêt envers son personnage avec un rôle secondaire assez solide de sa part. Rainn Wilson (The Office) vise le même objectif, mais sa performance se trouve tellement dans un autre univers (lire ici Sharknado), que l’acteur en devient presque irritant.

The Meg n’est pas le film de requins que nous voulions, mais il est celui que nous méritons. Dans la mesure où il doit plaire à des enfants, à des adultes, à des intellectuels et à une mondialisation globale de ses spectateurs, The Meg parvient à atteindre parfaitement son objectif. Mais cela ne veut pas dire que nous sortons de la salle obscure avec une belle expérience cinématographique entre les mains…


Réalisation : Jon Turteltaub

Scénario : Dean Georgaris, Jon Hoeber, Erich Hoeber

Avec : Jason Statham, Bingbing Li, Rainn Wilson, Cliff Curtis, Winston Chao, Shuya Sophia Cai, Ruby Rose, Page Kennedy, Robert Taylor, Ólafur Darri Ólafsson

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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