The (Silent) War (2019)

Résumé : Un révolutionnaire rebelle contre la dictature de Franco, qui devient sourd après un sabotage manqué, tente d’échapper aux forces militaires qui le poursuivent.

Critique : 

Netflix nous propose aujourd’hui de plonger dans la Seconde Guerre mondiale. Enfin, pas nécessairement celle où des nazis se sont abattre comme des chiens. Non, celle d’Espagne, qui fut plus « tranquille », sous la dictature de Franco, un homme impitoyable qui a su traverser les décennies. The (Silent) War, ou Sordo dans sa version originale, nous permet d’explorer un pays méconnu en Amérique, surtout à l’ombre d’une époque exploitée en long et en large au cinéma.

Octobre 1944. Des révolutionnaires espagnols se battent contre le dictateur Francisco Franco. Dans un recoin rural, un groupe se prépare à l’arrivée de renforts français et tente d’exploser un pont. L’opération est un échec, ne laissant que deux survivants. L’un est capturé par Bosch, un officier de l’armée espagnole sadique idolâtrant les États-Unis. L’autre, un dénommé Rojas, y perd son ouïe et part en fuite dans la forêt. Il s’en suit alors une guerre de guérilla entre Bosch et Rojas. Enfin jusqu’à l’arrivée d’une tueuse borgne aux trousses de Rojas…

Adaptation d’une bande dessinée, The (Silent) War est un thriller militaire assez sombre. Entre deux magnifiques plans, on sent l’amour du cinéaste Alfonso Cortés-Cavanillas pour le Western. À mi-chemin entre le cinéma de Sergio Leone et de John Wayne, le réalisateur prend reproduire à perfection l’atmosphère de ces classiques poussiéreux, pour y transposer l’Espagne des années 40. C’est un exploit majestueux pour un homme qui réalise un véritable coup de circuit, un miracle, pour sa première réalisation.

Dès les premiers instants, The (Silent) War nous propose un véritable coup de poing avec l’assaut raté d’un pont désert. Une minuterie erronée fait exploser l’infrastructure sous les pieds et sur la tête de ces soldats de fortune. Tandis que les quelques survivants reprennent connaissance, nous avons le droit au plus beau plan de The (Silent) War. Un révolutionnaire repousse les premiers renforts de l’armée alors que la caméra se promène des mètres au-dessus des ruines.

Il en découle alors une véritable chasse à l’homme étalée sur des jours entre Rojas et Bosch. Rojas, armé d’un chapeau de cow-boy et d’armes rudimentaires, fuit à gauche et à droite. Sans trop savoir où se diriger et d’où ses ennemis vont arriver. Car il est sourd, il faut se le rappeler. The (Silent) War parvient à être spectaculaire durant les fusillades et moments de tensions. Il utilise le handicap de son héros à la perfection, nous faisant vivre toute l’angoisse du personnage solidement interprété par Asier Etxeandia (Ma ma).

Face à lui, Bosch est homme qui y voit l’occasion de chasser un Indien de sa terre, à l’image des colonisateurs américains. Aitor Luna (Captain Alatriste) parvient à créer l’un des meilleurs méchants depuis des lustres. Enfin, selon mon goût personnel… Son désir de tuer Rojas est palpable et la folie qui entoure son dévouement à son armée impressionne. Une impression encore plus évidente dès que l’on compare Bosch à l’incompétence relative de ses hommes. Cela en devient presque humoristique, même si The (Silent) War n’est pas le genre d’oeuvre donnant envie de sourire.

Ultimement, c’est l’incompétence des hommes de Bosch qui ruine l’expérience offerte par The (Silent) War. L’arrivée d’une mercenaire russe retire toute crédibilité au film. À mi-chemin, The (Silent) War prend tente un virage à 180 degrés avec cette femme qui massacre des révolutionnaires, pour ensuite massacrer des officiers de l’armée espagnole dans une séquence digne d’un Quentin Tarantino. Elle rejoint ensuite ce petit village pour aider l’armée espagnole à traquer notre héros.

Le film change complètement de ton avec cette cinglée amatrice de torture et de viol. Parfois sa présence est justifiée. Mais dans l’ensemble, sa présence tire l’oeuvre vers le bas et retire à cette-ci toute once de crédibilité. The (Silent) War devient terriblement mauvais. Un film plus que parfait se transforme en un truc indescriptible, étrange et de mauvais goût. Les fondations du film ressortent ici et là, sauf que la seconde moitié de The (Silent) War trébuche constamment. C’est dommage et triste. Plusieurs spectateurs risquent de mourir d’ennui et de quitter le film. Et étonnamment, il est impossible de ne pas être d’accord avec eux.

Nous avons ici un film splendide avec une production soignée, un bruitage astucieux et une trame sonore habile et avec des acteurs grandioses. Même si on aime beaucoup The (Silent) War, le long-métrage est incapable de rester concentré durant une seconde partie qui alterne constamment entre génie et folie.


Réalisation : Alfonso Cortés-Cavanillas

Scénario : Alfonso Cortés-Cavanillas, Juan Carlos Díaz Martín

Avec : Asier Etxeandia, Marian Álvarez, Hugo Silva, Aitor Luna, Imanol Arias, Olimpia Melinte, Ruth Díaz

The (Silent) War (2019)
3.3

Résumé

Malgré un départ prometteur, The (Silent) War est incapable de livrer la marchandise.

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