The Spy Who Dumped Me (2018)

Résumé : Audrey et Morgan sont des meilleures amies qui, sans le savoir, se retrouvent mêlées à une conspiration internationale lorsqu’une des femmes découvre que le petit ami qui l’a larguée était en réalité une espion.
Critique : 
Le mélange entre comédie et action contient un équilibre que peu de longs-métrages parviennent à atteindre pleinement. Lorsque des réalisateurs tentent de faire une véritable comédie d’action, il y a souvent qui dérape. Ou bien, le film n’est pas drôle, ou bien l’action est reléguée à l’arrière-plan. Aussi étrange que cela puisse paraître, The Spy Who Dumped Me est l’un des rares divertissements qui réussit presque à la perfection ce tour d’équilibriste.
Une jeune femme nommée Audrey est en peine d’amour après que son petit copain l’ait larguée. Après sa soirée d’anniversaire, ce dernier recontacte Audrey afin de récupérer certaines affaires. Le lendemain, Audrey découvre que son copain est de la CIA et qu’il est pourchassé par un groupe terroriste international. Après avoir assisté au meurtre de l’homme, Audrey embarque avec sa meilleure amie dans un voyage en Europe pour compléter la mission de l’homme qui l’a largué.
The Spy Who Dumped Me est un long-métrage assez frustrant. À la base, le divertissement commet l’erreur classique de reprendre une formule épuisée. Dès les premiers instants, les dialogues et les acteurs ne peuvent nous cacher les revirements de situation. Le squelette du scénario de Susanna Fogel (Chasing Life) et de David Iserson (Mad Men) utilise les idées de base de films comme Spy, Get Smart ou Killers, en y ajoutant un humour plus moderne. Avec son bon rythme et quelques bonnes blagues, The Spy Who Dumped Me parvient presque à fuir et à se démarquer de ses semblables.
Les aventures de deux femmes ne manquent pas d’intérêt, alors qu’elles s’enfoncent dans le monde de l’espionnage. Un prétexte idéal pour multiplier les situations loufoques. Et si la salle de cinéma où j’étais semblait rire à coudées franches, un spectateur mâle dans la vingtaine risque de s’éclater que lorsque le scénario se lance dans les blagues d’excréments et d’insertions vaginales. Le problème pour ma part provient de la lourdeur du personnage de Kate McKinnon, qui est excellente quand elle est placée au second plan, mais très corrosive, lorsque mise de l’avant.
Bien que The Spy Who Dumped Me soit drôle pour un certain public, il reste que le film n’avance pas parfaitement pour une autre raison assez simple. Fogel, qui réalise le divertissement en plus de le coécrire, aurait facilement été capable de raccourcir le film de plusieurs minutes. Cela n’aurait pas réellement affecté le récit, qui souffre de quelques erreurs scénaristiques de toute façon. The Spy Who Dumped Me aurait été capable de perdre quelques temps morts et longueurs inutiles, voire même de s’amputer d’une séquence post-générique qui brise même la logique de sa prémisse de base. Qui plus est, cela aurait même permis à The Spy Who Dumped Me d’être un film d’action pur et dur.
Car, Susanna Fogel, en collaboration avec Gary Powell (Casino Royale), est parvenue à créer un divertissement qui serait, en théorie, capable de se tenir debout uniquement avec ses séquences musclées. Sans rivaliser avec les Mission: Impossible ou les John Wick de ce monde, il reste que The Spy Who Dumped Me surpasse la majorité des productions estivales à ce chapitre. Que ce soit avec une course poursuite musclée, la destruction d’un restaurant durant une fusillade, ou avec un final acrobatique impliquant une gymnaste tueuse mannequin déguisée en Borg de Star Trek, l’oeuvre ne rate jamais la cible. Le montage n’est pas intrusif, les caméras n’obstruent pas la vue et il y a un brin d’inventivité. Bref tous les ingrédients nécessaires pour faire de The Spy Who Dumped Me l’une des meilleures comédies d’action. Du moins, en ce qui concerne l’action…
Dans le rôle principal, Mila Kunis (That 70’s Snow) est efficace dans le rôle de demoiselle de service. Mais c’est surtout par la chimie avec Kate McKinnon (Ghostbusters) que l’actrice se démarque. Les deux dames sont très crédibles en tant que meilleures amies, ce qui est utile pour apprécier le personnage de McKinnon, surtout lorsque l’actrice part en vrille et devient trop intense pour tenter de nous décrocher un sourire. Justin Theroux (The Girl on the Train) et Sam Heughan (Outlander) sont également efficaces en tant qu’espions faisant miroiter le cœur de notre héroïne. Notons pour conclure que Gillian Anderson (The X-Files) et que Kev Adams (Les nouvelles aventures d’Aladin) traversent l’écran, le temps de petits caméos.
The Spy Who Dumped Me ne réussit pas à être pleinement une comédie d’action, mais il passe très près d’être parfait à ce niveau, surtout pour un public cible essentiellement féminin. Pour les autres, The Spy Who Dumped Me reste une expérience cinématographique à vivre, ne serait-ce que pour l’effort et la maîtrise technique de ses scènes d’action. Et elles sont suffisamment nombreuses pour rentabiliser le prix du billet de cinéma…


Réalisation : Susanna Fogel
Scénario : Susanna Fogel, David Iserson
Avec : Mila Kunis, Kate McKinnon, Sam Heughan, Justin Theroux, Gillian Anderson, Hasan Minhaj, Ivanna Sakhno, Kev Adams

The Spy Who Dumped Me (2018)
3.8

Résumé

The Spy Who Dumped Me propose une virée intéressante dans les profondeurs de l’Europe, ainsi que plusieurs scènes d’action très intéressante.

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