Three Days To a Kill (1992)

Résumé : Un mercenaire est engagé afin de sauver un ambassadeur kidnappé avant que ce dernier soit exécuté dans trois jours.

Critique : 

Three Days To à Kill est un film produit par la chaîne de télévision américaine HBO avec un budget assez minime. Avec Fred Williamson (From Dusk Till Dawn) dans le rôle-titre, à la réalisation, au scénario et à la production, nous pouvons dire que ce long-métrage est son bébé à lui. Par contre, est-ce que ce bébé est nécessairement joli?? Je ne crois pas…

Three Days To a Kill est un film d’action en manque d’action, faute de moyens et d’ambition de la part de Williamson. Le scénario part sur le principe que nos héros vont devoir aller secourir l’ambassadeur du Mexique, ambassadeur qui est kidnappé par le chef d’un puissant cartel américain. Le hic, c’est que le film n’a pas les moyens de se rendre au Mexique, donc il tente par tous les moyens possibles d’éviter de traverser la frontière, et il y parvient, sans trop spoiler.

Des fois, c’est subtil, comme lorsque nos héros tombent sur une prostituée que l’on surnomme Godzilla, pour des raisons de poids évidentes. Et d’autres fois, ce n’est pas très subtil, comme cette fameuse scène dans un bar de danseuses, qui malgré un stationnement rempli de véhicules, est totalement vide. Même si c’est une scène qui s’éternise (entre 10 et 15 minutes), il me faut admettre que ce fut mon moment préféré du long-métrage.

Puisque Three Days To a Kill m’a offert une des meilleures scènes de bar de danseuses, que j’aie pu voir dans ma carrière de cinéphile., et vu que le long-métrage n’est jamais sorti sur DVD, laissez-moi vous décrire cette scène. Nos deux protagonistes (Fred Williamson et Bo Svenson) entrent dans le bar pour y rencontrer leur contact. Une fois-là, Svenson tente désespérément d’avoir une boisson alcoolisée et après une tentative de drague de la part d’une effeuilleuse, Williamson découvre, après paiement, que leur contact est la personne en train de danser sur la scène. Les deux hommes s’approchent donc et ils commencent une longue discussion sur la performance de leur contact et sur son physique. Ensuite Williamson part rejoindre cette fille dans sa loge pendant que Svenson drague une autre employée. Lorsque Williamson trouve cette demoiselle, elle retire sa petite culotte et place en position subjective puisque «le propriétaire mate en secret ses employées féminines». Sauf qu’au même moment Svenson découvre qu’il doit payer la fille, ce qui conclut leur aventure dans une bagarre à la sortie du bar. Même ces dernières lignes prouvent que je ne suis pas un grand raconteur, il reste que cette scène représente à elle seule mon seul facteur de revisionnement et représente la seule chose que j’ai réellement appréciée dans ce film.

Puisqu’en toute franchise, Three Days To a Kill est un long-métrage assez ennuyeux. La réalisation de Williamson est assez télévisuelle, mais sombre dans la paresse un certain nombre de scènes d’action où cela se résume à mettre une caméra sur un trépied et à suivre l’action en tournant lentement la caméra. Déjà que les scènes d’action sont rares et fauchées, si’il faut que la réalisation soit ennuyeuse, nous ne sommes pas sortit du bois…

Comme mentionné ci-haut, la réalisation est assez télévisuelle, mais dans les scènes que l’on peut qualifier de «tranquilles», on peut remarquer que Williamson semble avoir quelques difficultés à être la tête d’affiche du film, tout en le réalisant. Il y a plein de détails qui semblent avoir été mal faits, entraînant ainsi des faux raccords et des moments cocasses. Et dans le rôle-titre, Williamson s’en titre plutôt bien. Sans friser la perfection, nous pouvons dire qu’il est égal à lui-même, ce qui me convient parfaitement.

Lui donnant la réplique, Bo Svenson (The Inglorious Bastards) est totalement en roue libre, en faisant tout et n’importe quoi, pendant une heure trente. Je ne sais pas comment il voyait son personnage, mais on voit qu’il est dans ce film pour une seule raison, avoir du plaisir, surtout que son personnage est peu utile. Il joue un spécialiste en explosif et à l’exception de quelques pétards pour gamins qui explosent dans la première partie du final, il n’est pas nécessaire à l’intrigue. L’acteur est seulement là pour faire plaisir (et avoir du plaisir…) à son grand ami Fred Williamson. Mais pour revenir à la performance de Svenson, même après 24 heures de réflexion, je ne sais toujours pas si cet acteur était incroyablement bon ou incroyablement mauvais dans Three Days To a Kill, ce qui vous dit à quel point que Svenson se laissait aller durant la production.

Pour donner la réplique aux deux hommes, nous avons Kim Dakour, dont la carrière cinématographique se limite à deux projets, incluant notre film, et l’on ne peut pas dire qu’elle soit une grande actrice. Dans les rôles des protagonistes, nous retrouvons Henry Silva (Above the Law) et Sonny Landham (Predator). Ces derniers apparaissent sporadiquement à partir de la deuxième moitié du long-métrage et n’offrent rien de spectaculaire. Au casting, on remarque également les légendes du cinéma américain Van Johnson (The Caine Mutiny) et Chuck Connors (la série The Rifleman, ou pour les plus jeunes, le film Soylent Green), dont c’est la dernière présence au cinéma, avant sa mort la même année. Les deux hommes font presque figure de figurants et ne semblent pas très intéressés à jouer dans Three Days To a Kill.

La trame sonore est également mauvaise, puisqu’elle superpose un rythme de percussions (comme ceux que l’on retrouve dans les pianos électriques disponibles en magasin à grande surface.) et une musique typique des téléfilms américains des années 90. Et je vous assure qu’après 90 minutes à écouter la même boucle et les mêmes percussions, j’avais hâte de sortir le VHS de mon lecteur…

Même si Three Days To a Kill réunit à nouveau Fred Williamson et Bo Svenson à l’écran, et que les deux hommes semblent avoir beaucoup de plaisir à jouer à nouveau ensemble, il reste que ce long-métrage est raté sur plusieurs points. Après un bon visionnement, il nous faut admettre que Three Days To a Kill n’est à conseiller qu’aux fans des deux acteurs et seulement à ces fans…


Réalisation : Fred Williamson

Scénario : Steven Iyama, Charles Eric Johnson, Fred Williamson

Avec :  Fred Williamson, Bo Svenson, Kim Dakour, Henry Silva, Van Johnson, Chuck Connors, Sonny Landham

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.