Top Line (1988)

Résumé : L’auteur Ted Angelo découvre un vaisseau extraterrestre dans la jungle colombienne. Lorsqu’il tente d’en avertir le monde, il vit une aventure plus grande que nature alors qu’il est chassé par plusieurs organisations, incluant le KGB et la CIA, qui tentent de maintenir ce secret enfoui pour toujours.

Critique : 

Malheureusement pour vous, cette critique va contenir quelques détails croustillants sur l’intrigue. Top Line étant un vrai bordel scénaristique, il nous est impossible de faire autrement, mais puisque nous parlons d’un film de 1988 que peu de gens n’ont visionné, ce n’est pas si grave. Et oui, car Top Line se veut être un mélange de la bande dessinée Tintin et les films suivants : Invasion of the Body Snatchers, The Terminator, Alien, They Live, Raiders of the Lost Ark, Romancing the Stone et The Goonies. Est-ce un mélange réussi?? Là est la question…

Ted Angelo, un auteur alcoolique travaillant pour son ex-femme, est à la recherche d’une nouvelle histoire palpitante. Lorsque son amante lui propose de rencontrer son petit-ami qui aurait trouvé un trésor, Angelo accepte sans se douter de la découverte qui l’attend. En effet, au lieu de découvrir dans une caverne mystérieuse, un vaisseau rempli d’or, il y découvrira les preuves d’une vie extraterrestre. Une découverte qui fera d’Angelo l’homme le plus recherché d’Amérique du Sud…

Top Line n’est pas le pire échec du cinéma italien, un cinéma qui est reconnu pour nous avoir donné les plus grands nanars occidentaux des années 70 / 80. En fait, il m’est presque aisé de vous recommander ce long-métrage. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’amalgame d’une bonne partie des succès cinématographiques américains des années 80 permet de créer une histoire avec assez de cohérence pour nous éviter de nous lamenter durant l’heure et demie de cette pellicule.

Tout n’est pas parfait puisqu’une certaine proportion des scènes et des dialogues sortent littéralement de nulle part. Par exemple, lors d’une course poursuite entre Ted Angelo et des nazis, Angelo court au beau milieu d’une rue et, soudainement, une bonne centaine d’enfants à moitié nus sortent de nulle part et accompagne Angelo pour ensuite disparaître quelques secondes plus tard. Mais il faut également dire que certains éléments techniques n’aident pas Top Line à camoufler ces faiblesses scénaristiques, mais nous y reviendrons plus tard.

Oui, car le scénario de Top Line se la joue «From Dusk Till Dawn» en proposant plusieurs changements de genre assez brusques. Le premier tiers se veut être une sorte de clone d’Indiana Jones, le deuxième tiers joue à fond dans la conspiration gouvernementale et le dernier tiers tourne les aventures de notre héros en intégrant un Terminator (et des choses encore plus étranges…) dans l’histoire. Malheureusement, les deux premiers tiers du film sont assez ennuyeux, surtout si on les compare avec les dernières minutes du récit qui offrent du grand divertissement italien.

Lorsque le film Top Line sortit en salles italiennes, Nello Rossati était au top de sa forme. Il venait de sortir avec un certain succès Django Strikes Again, la seule et unique suite officielle au classique du cinéma italien Django (puisque Django a connu des dizaines de suites non autorisées et de films reprenant de près ou de loin l’univers de Django (le plus célèbre de ces films étant Django Unchained de Quentin Tarantino…).). Alors qu’il aurait pu faire n’importe quel film italien, il a décidé de travailler à nouveau avec Franco Nero, dans ce qui est devenu Top Line. Malheureusement, Rossati semble avoir un intérêt plus grand à réaliser la dernière section de ce long-métrage (et nous le comprenons…), nous donnant l’impression que Rossati n’a pas envie d’infuser assez de rythme dans ces parties du film, les rendant assez ennuyeuses (ce qui reflète possiblement son attitude…) par la même occasion. Pourtant Rossati semble démontrer une technique supérieure à la majorité de ses collègues italiens, en adoptant des plans de caméras assez audacieux pour le budget et le niveau technique du reste de la production.

Et le pire dans cette histoire, c’est que le montage de Top Line semble avoir été fait par une brute. Adalberto Ceccarelli (The Grand Duel) découpe les scènes tel un alcoolique, n’offrant aucune transition entre ces dernières. Comme s’il ne respectait pas ce long-métrage Ceccarlli, découpe maladroitement chacune des scènes, nous faisant sauter du coq à l’âne. Notamment, en mi-parcours, une scène de fusillade entre des hommes accompagnant Angelo et l’armée locale se conclut brusquement par la fuite d’Angelo, qui court dans la forêt locale, pour ensuite se retrouver une seconde plus tard au beau milieu d’une course poursuite entre un camion de l’armée et un camion rempli de poulets qui est conduit par un couple d’alcooliques. D’ailleurs, ayons une pensée pour ces poulets, pris au centre de cette bataille «d’autotamponneuses». La majorité de ces poulets a très certainement subi des blessures lors du tournage de cette scène. Je n’ai même aucun problème à affirmer que certains de ces poulets sont morts d’une crise cardiaque tandis qu’ils se faisaient percuter violemment par un camion. Pauvres poulets…

Bien plus, il faut saluer l’ingéniosité des techniciens de cette production. Bien que certains effets spéciaux de Top Line sont dignes d’un nanar (Mannequin en mousse…), Top Line parvient à démontrer une certaine maîtrise technique, notamment lors de la fin surprenante, qui parvient à rivaliser avec certaines des productions hollywoodiennes de l’époque. Pour sa part, Maurizio Dami (The Green Inferno (Film de 1998)) offre une sonorité bipolaire à l’oeuvre, alors qu’il agence ses effets musicaux avec les différentes parties de Top Line, passant de la musique d’ambiance dépressive à des tonalités électroniques assez intéressantes pour l’époque.

Pour le rôle-titre, nous avons le droit à l’une des plus grandes vedettes de l’histoire du cinéma italien, Franco Nero (Django). Nero offre une excellente performance, en exploitant à fond les nombreuses facettes de son personnage et en se donnant totalement à l’étrangeté du scénario de Top LineDeborah Moore (la fille de Roger Moore) lui donne la réplique de façon assez fade. Même chose pour Mary Stavin (A View to a Kill) qui joue l’ancienne femme et patronne de Ted Angelo. Top Line comprend également des apparitions anecdotiques de William Berger (Sabata), de Rodrigo Obregón (Collateral Damage) et de George Kennedy (The Naked Gun). D’ailleurs, Kennedy qui joue un criminel nazi a vu sa voix être doublée en postproduction, ce qui rend ses scènes d’autant plus étranges, alors que ce dernier nous propose un jeu d’acteur assez bizarre et nullissime.

Même si Top Line a de nombreux charmes, il n’en reste pas moins que ce film est difficile à recommander. En visionnant Top Line, nous avons tout simplement l’envie de sauter directement au dernier tiers qui est assez remarquable. Mais, juste en évitant la case «nanar», ce long-métrage réussit un exploit que nous sommes prêts à lui accorder, même si certains poulets ont, possiblement, souffert de cruauté envers les animaux durant cette production…

P.S. Aucune bande-annonce n’est présentement disponible sur le net pour illustrer Top Line.


Réalisation : Nello Rossati

Scénario : Roberto Gianviti, Nello Rossati

Avec : Franco Nero, Deborah Moore, Mary Stavin, William Berger, Shirley Hernandez, Larry Dolgin, Robert Redcross, Rodrigo Obregón, Steven Luotto, George Kennedy

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.