Vendetta (2015)

Résumé : Lorsqu’un criminel tue sa femme, un policier décide de commettre un meurtre afin de se retrouver dans la même prison que le responsable de son chagrin et de planifier sa vengeance…

Critique : 

À défaut de devenir le plus grand studio hollywoodien, WWE Studios devient, par la force des choses, une sorte d’alternative aux films à grand déploiement, comme les fameux films de super-héros. Même que je pourrais m’étendre sur le sujet en vous disant que ce studio se transforme littéralement en une sorte de «Cannon Films» moderne, la folie et l’extravagance en moins. Pour Vendetta, WWE Studios a décidé de transformer Dean Cain (Lois & Clark: The New Adventures of Superman), un acteur se spécialisant dans les téléfilms miteux et dans l’animation télévisuelle, en vedette d’action…

Trois mois après une arrestation réussie contre les célèbres frères Abbott, Mason Danvers apprend avec étonnement la libération soudaine de ces derniers lorsque Victor Abbott entre par effraction chez lui et tue sa femme. Mason décide alors se faire justice lui-même en tuant le frère de Victor, ce qui lui permet d’aller dans la même prison que Victor, sans se douter du climat de corruption et de terreur qu’il y règne.

Évidemment, le concept même de Vendetta comportait certains risques. Prendre un duo de réalisatrices spécialisées dans le monde de l’horreur (Les sœurs Soska) et leur donner un film centré une vedette coincée dans les bas-fonds d’Hollywood (Possiblement à cause de la malédiction de «Superman»…) et sur un géant dépassant facilement les deux mètres. Avant de démolir légèrement Vendetta dans le paragraphe qui va suivre, il me faut admettre que ce film parvient à attendre son objectif en étant exactement ce que l’on attend de lui.

Néanmoins, malgré son divertissement bourrin, il reste que Vendetta bénéficie, non-intentionnellement, du pire scénario qui soit. Le texte de Justin Shady (Dont c’est le premier scénario.) ne se contente essentiellement que de produire des scènes d’action à la chaîne. Dans un long-métrage comme Bloodsport ou Mortal Kombat, ce détail ne serait pas un problème puisque l’essence même du film consiste à offrir des combats. Mais dans Vendetta, ce qui génère les scènes d’action, c’est la vengeance réciproque entre Abbott et Danvers, une vengeance qui est reléguée au second plan. À cause de cela, les scènes d’action s’enchaînent et se ressemblent, sans offrir une puissance dramatique ou historique pour les personnages qui les constituent.

En fait, à l’exception de nos deux tourtereaux, aucun des personnages n’est réellement développé, ils ne sont que de la chair à canon pour Dean Cain. Et les relations entre Mason Danvers et son entourage immédiat ne se limitent qu’à quelques minutes, tout au plus. Pour vous donner une idée à quel point l’intrigue de Vendetta passe trop rapidement sur de nombreux détails, toutes les séquences montrant l’arrestation des frères Abbott, la vie «régulière» de Danvers, le meurtre brutal de sa femme, le deuil de Danvers et la vengeance de Danvers, n’atteignent même le cap des vingt minutes, en incluant même le générique d’ouverture…

Heureusement pour nous les sœurs Soska (Jen et Sylvia Soska pour être plus précis.) sont là. Pour leur première entrée dans le monde de l’action, elles assurent grandement en se laissant même influencer par leurs expériences dans le monde de l’horreur pour offrir un film assez brutal et généreux en effets sanglants. Même que l’on pourra sentir quelques clins d’œil à ce monde, notamment lors d’une courte scène qui rappelle grandement le film Halloween.

Au niveau des combats, Vendetta montre une certaine compétence de ses réalisatrices, puisque ces dernières ne lésinent pas sur la qualité de ces scènes, préférant même utiliser la force brutale de leurs personnages principaux, au lieu de les transformer en machines à tuer avec des doublures quelconques, comme avec Liam Neeson dans la saga Taken. De plus, si vous êtes attentifs, vous aurez même l’opportunité de visionner un ancien Superman se faire frapper solidement par un acteur utilisant un «superman punch», un célèbre coup de poing inspiré du super-héros de DC Comics et popularisé par des combattants comme Bas Rutten ou George St-Pierre, ce qui est assez ironique dans le contexte de Vendetta. Néanmoins, nous pouvons sentir une certaine paresse dans le montage du vétéran Richard Nord (The Fugitive), une paresse qui se fait grandement sentir dans le combat final qui s’étire péniblement. Également, notons l’excellente trame sonore de The Newton Brothers (Oculus) les actes des personnages du film.

Dans le rôle titre, Dean Cain s’en tire admirablement. Alors que son rôle serait plus adapté pour un acteur expérimenté dans le genre, Cain apporte une grande intensité à son personnage et se débrouille aisément lors des scènes d’action. Paul «The Big Show» Wight a également une bonne présence, dans ce qui constitue son premier grand rôle à l’écran. Wight, malgré un jeu d’acteur parfois limité, a quelques bonnes scènes tout en étant un adversaire physiquement imposant pour CainMichael Eklund (The Call), un habitué des productions de WWE Studios, joue le directeur de la prison. Étrangement, son jeu d’acteur est si décalé, qu’il ne semble pas être dans le même film que Cain et Wight, ce qui peut déranger à de nombreuses occasions. De plus, il nous faut noter que même s’ils n’ont pas beaucoup de scènes, le reste des acteurs offrent également de bonnes présences à l’écran.

Vendetta n’est pas un mauvais film, en fait, il est exactement ce qu’il prétend être, un divertissement bourrin sans prétentions. Mais, alors qu’il aurait pu offrir quelque chose de supérieur, son scénario ridiculement basique et sous-développé rend Vendetta incroyablement prévisible et ennuyeux lors de certaines occasions, ce qui est plutôt remarquable vu le nombre de scènes d’action qu’il contient. Néanmoins, Vendetta est idéal pour votre divertissement du samedi, un divertissement que nous vous recommandons amplement…

Note : 3.75 / 5


Réalisation : Jen Soska, Sylvia Soska

Scénario : Justin Shady

Avec : Dean Cain, Paul Wight, Kyra Zagorsky, Ben Hollingsworth, Michael Eklund, Aleks Paunovic, , Matthew MacCaull, Paul Anthony, Adrian Holmes

Vendetta (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénaario
  • Divertissement
3.1

En conclusion

Dean Cain en vedette du cinéma d’action? Oui oui, c’est possible et Vendetta vous le prouvera si vous lui laissez une petite chance.

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