War Pigs (2015)

Résumé : Une unité rebelle connue sur le nom de «War Pigs» doit traverser les lignes ennemies pour exterminer des Nazis et pour capturer une arme secrète d’Hitler par tous les moyens possibles…

Critique : 

Sacré Dolph Lundgren. L’année 2015 n’aura pas été tendre avec lui avec plusieurs sorties cinématographiques assez douteuses. War Pigs était l’occasion pour l’acteur, et pour Luke Goss qui a également connu quelques échecs cette année-là, de finir l’année sur une bonne note. Mission réussie pour War Pigs?

Après la mort de son unité, Jack Eosick est rétrogradé et est affecté à une nouvelle unité, les «War Pigs», qui est composée de soldats aux tempéraments fougueux. Avec l’aide d’un légionnaire français, Eosick devra préparer ses hommes pour une mission en territoire nazi, une mission extrêmement dangereuse où ces hommes devront recueillir des informations sur une nouvelle arme conçue par Hitler. Mais une fois en territoire ennemi, leur mission ne se déroulera pas comme prévu…

War Pigs est la preuve qu’il est possible de faire un film ambitieux avec des moyens modestes. Tourné avec un budget de quelques millions de dollars, le film comprend tout ce que vous espérez d’un long-métrage sur la Seconde Guerre mondiale : des nazis, des tanks, de la bagarre et des soldats américains en rûte. Malheureusement, à un moment donné dans la rédaction du scénario, les scénaristes ont voulu garder le ton sérieux typique de ce sous-genre cinématographique.

Car le film emprunte une avenue non historique pour raconter une histoire éclatée sur Hitler qui construit un canon, long de plusieurs centaines de mètres et qui est capable de tirer, avec beaucoup de précision, à des centaines de kilomètres de distance. Néanmoins, War Pigs s’entête à attaquer ce sujet avec le plus grand sérieux du monde et en suivant les codes de ce sous-genre à la lettre. Cela donne une maturité et un sérieux aux scènes Dewar Pigs, ce qui est en contradiction avec les propos du long-métrage. Le film aurait bénéficié d’un second degré digne d’Inglorious Bastards ou de The Dirty Dozen. Le seul moment où War Pigs laisse exprimer cette folie, c’est lors d’une courte scène où Luke Goss éclate le crâne d’un nazi avec un buste miniature à l’effigie d’Adolf Hitler.

Et puis, il y a le scénario qui fut construit de façon vaguement étrange. C’est peut-être causé par un manque d’argent, mais la première moitié du scénario est grossièrement composée d’une séance d’entraînement assez bizarre qui consiste à former des soldats expérimentés (donc avec une expérience sur le terrain…) à accomplir des tâches diverses, comme dessiner une femme nue ou nettoyer son arme. L’autre moitié se déroule en territoire nazi et lorsque nous arrivons enfin au point de tension final, à ce qui serait le grand affrontement final entre cette unité et les nazis, War Pigs coupe soudainement pour nous offrir le rapport concluant cette mission, comme si ces soldats se sont téléportés magiquement de la France occupée à la France alliée.

Néanmoins, ce qui aide grandement War Pigs, c’est la présence de Ryan Little, un cinéaste ayant une certaine expérience de cette guerre historique puisqu’il est le réalisateur de la trilogie Saints and Soldiers. Dans l’ensemble, Little ne fait pas un mauvais travail et offre quelques bons moments. Son expérience se fait surtout sentir dans le souci des détails, qui nous fait noter que Little semble réellement être un passionné de cette époque historique. Par contre, nous pouvons sentir qu’il manque légèrement de concentration derrière la caméra et qu’il semble incapable de donner suffisamment d’intensité au récit pour le rendre intéressant durant toute la totalité du long-métrage.

Aussi, War Pigs jongle maladroitement avec des effets spéciaux réels et des effets spéciaux par ordinateur pour les munitions et le sang. Puisque le long-métrage est assez fauché, les effets numériques sont assez ridicules, surtout en ce qui concerne le sang, et les tirs nourris (pensons surtout à la séquence d’ouverture…) ressemblent parfois à des effets spéciaux de la saga Star Wars. Notons également la photographique de Ty Arnold (Dawn of the Dragonslayer) qui offre une palette de couleurs assez froides au film, aidant grandement à l’hostilité de la France occupée (même si War Pigs fut tourné aux États-Unis.). Pour en finir avec l’aspect technique Dewar Pigs, soulignons la trame sonore assez générique d’Alex Kharlamov (qui a travaillé en coulisses sur plusieurs productions hollywoodiennes, dont The Dark Knight.) qui nous ennuie, la plupart du temps.

Pour sa part, la distribution Dewar Pigs est assez sympathique. Luke Goss (Blade 2) offre une très bonne performance, tenant avec brio le long-métrage sur ses épaules et sortant ses airs de vedette du cinéma d’action lorsque le scénario lui permet. Dolph Lundgren (Universal Soldier) lui donne la réplique et offre aussi une prestation efficace, en étant décontracté dans ce projet qui semble vraiment lui plaire. Malheureusement, Lundgren interprète un soldat français et il est incapable de parler avec un accent français sans que cela involontairement comique. Notons par la même occasion que les scénaristes ont confondu le mot italien «Salute» et le mot français «Salut», faisant en sorte que le personnage de Lundgren salue celui qui lui donne la réplique à chaque fois qu’il consomme un breuvage, lorsque nous écoutons le film en VO.

Les six soldats dirigés par ces deux hommes n’ont pas vraiment de personnalité et sont interprétés convenablement par des purs inconnus (à l’exception de Jake Stormoen que nous connaissons de la franchise cinématographique Mythica.). Également nous avons aussi Mickey Rourke (The Expendables) qui est ici pour un peu plus d’argent de poche et qui est présent pour quelques scènes dans un rôle assez secondaire et le combattant de l’UFC Chuck Liddell qui a un caméo assez louche en jouant un soldat amputé d’une main.

Même en n’étant pas mauvais, War Pigs échoue à la tâche en étant assez générique et en se dispersant aux mauvais endroits, au lieu de se concentrer sur sa véritable prémisse et d’offrir un groupe de salopards coincés derrière les lignes ennemies. Heureusement, sa courte durée sauve les meubles et évite de nous ennuyer. Néanmoins, nous avions le droit d’espérer mieux d’un long-métrage doté d’une distribution quatre étoiles et d’un scénario avec des idées originales, qui ne sont au final jamais exploitées. Comme dit l’expression : meilleure chance la prochaine fois!


Réalisation : Ryan Little

Scénario : Adam Emerson, Andrew Kightlinger, Steven Luke

Avec : Luke Goss, Dolph Lundgren, Chuck Liddell, Mickey Rourke, Noah Segan, Steven Luke, Ryan Kelley, Jake Stormoen, K.C. Clyde

 

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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