Wolf Warrior (2015)

Résumé : Leng Feng, un membre des forces spéciales chinoises au caractère rebelle, doit repousser un escadron de mercenaires en quête de vengeance. Et la seule façon d’obtenir justice pour ces hommes, c’est de tuer le soldat responsable de la mort de leur patron…

Critique : 

Wolf Warrior était jusqu’à aujourd’hui, l’une de mes grosses attentes cinématographiques de 2015. Wolf Warrior avait tout pour lui : des grands noms du cinéma d’action au générique, un budget énorme, un québécois au générique principal et même une troisième dimension, qui restera exclusive à la Chine. Et il ne faudrait pas oublier la campagne de publicité qui mettait en avant une sorte d’hommage aux films d’action bien bourrins des années 80, comme Rambo, le tout à la sauce asiatique. Malheureusement, Wolf Warrior ne remplit pas du tout son carnet de charge.

Leng Feng (Jacky Wu), un tireur d’élite, est reconnu coupable d’avoir désobéi aux ordres en sauvant un otage lors d’une opération de routine. Envoyé en confinement, il aura une seconde chance en intégrant une unité d’élite nommé Wolf Warrior, composée des meilleurs soldats de l’armée chinoise. Mais lorsque le frère de l’homme tué par Feng lors de la prise d’otage cherche vengeance, un simple exercice d’entraînement pourrait se révéler plus mortel que prévu.

Dans le domaine des films d’action patriotiques américains, il y a deux genres de longs-métrages, ceux qui sont des films offrant de la propagande (Rambo) et ceux qui sont des films faisant de la propagande (The Green Berets). Dit comme cela, la différence peut être minime, mais à l’écran,.nous pouvons sentir un océan de différences. Wolf Warrior, qui est visiblement une co-production du gouvernement chinois, a décidé de s’inspirer de la seconde catégorie et de pousser le tout aux limites de la raison. En gros, le film véhicule ceci comme message : Soyez patriotique, battez-vous pour la Chine et le reste de la planète veut vous tuer. Ce n’est pas une blague, même qu’à un certain moment joue la carte du virus mortel conçu pour tuer tous les Chinois de la planète. Ce n’est tellement pas une blague, que la dernière phrase est presque une citation tirée du film…

Mais, dans l’ensemble, la majeure partie de Wolf Warrior se compose d’une vaste entraînement visant à affronter les «Wolf Warriors» et l’ancienne unité de Leng Feng. Le tout est assez ennuyeux alors que le scénario écrit par des scénaristes aux noms relativement étranges, en plus de Jacky Wu lui-même, sombre dans l’info-publicité en nous montrant des tanks, des hélicoptères, des armes, en nous expliquant la raison d’être de l’armée chinoise et les motivations de nos soldats (Qui portent des badges disant «I fight for China» et qui semblent trouver de la motivation et du confort en regardant cette citation en plein combat…). Heureusement pour nous, la dernière partie, malgré quelques moments extrêmement lourds, livre courageusement la marchandise.

Cela est notamment dû à la réalisation de Jacky Wu (Et oui, il est la vedette principale, le co-scénariste et le réalisateur de Wolf Warrior…) qui a eu l’idée de diviser l’affrontement final, qui dure près de trente minutes, en micro-segments où s’affronte un gentil et un méchant. Sur papier, l’idée est terriblement stupide, puisque nous avons d’un côté l’armée de Chine et de l’autre cinq mercenaires, mais dans l’exécution, le tout est plus fluide qu’il n’y parait. Même que nous avons le droit de visionner la meilleure scène d’action mettant en vedette un tireur d’élite des dernières années (Le tireur d’élite étant joué par le québécois Samuel Thivierge.).

Malgré ces moments forts en émotions, le reste de la réalisation de Wu est assez mauvaise. La première section jouit d’un montage et de plans de caméra trop agressifs rendant certaines scènes d’action assez médiocres. Surtout que Wu ne sait pas comment modérer ses intentions et donne le maximum de chaque situation, comme lorsque l’antagoniste du récit est sauvé par Adkins et ses mercenaires en début de parcours et que l’un de ces derniers utilise une gatling géante (Pensez à l’énorme fusil du film Predator.) pour tuer une escouade de police entière qui entoure ledit méchant, sans même le blesser. Même l’humour est dosé de façon maladroite alors que Wu tente de nous faire rire avec la romance forcée entre son personnage et la commandante en chef de son commando (Jouée par Nan Yu), qui est d’ailleurs étrangement entourée d’une équipe de demoiselles dans la majorité de ses scènes, alors que certaines séquences si intenses font rire de façon non-intentionnelle, comme lorsque le personnage de Wu et d’Adkins font du jardinage avec leurs armes de poings dans le combat final. Et oui, il font réellement du jardinage…

Même les effets spéciaux sont utilisés de façon maladroite et douteuse. Techniquement, ils sont hideux et dignes d’une série télévisée à faible budget sont utilisés à de trop nombreuses occasions, comme pour démembrer artificiellement un personnage ou pour mettre en scène le combat entre des membres de l’équipe «Wolf Warrior» et une horde de loups créés par-ordinateur.

De plus, il est malheureux de constater que Wu semble plus intéressé à s’éclater durant ses propres cascades qu’à diriger ses acteurs. Scott Adkins (The Expendables 2) est coincé à ne faire que des grimaces de méchant dans les deux premiers tiers. Heureusement, le dernier tiers lui donne plus de substance et il démontre alors toute l’étendue de son talent. Même chose pour Nan Yu (The Expendables 2) qui voit son talent d’actrice gaspillé dans un rôle de soutien comportant des scènes assez discutables. Le reste du casting est assez bipolaire. Les acteurs asiatiques offrent des bonnes performances sans plus, mais les acteurs occidentaux sont laissés à eux-mêmes, en étant devant la caméra pour leur physique et non pour leur capacité à jouer une scène sans que cela se transforme en un nanar amateur. En fait, il y a juste Samuel Thivierge (La fille du Martin) qui est capable de véhiculer un certain charisme et un certain professionnalisme devant la caméra et nous le remercions de ne pas nous faire honte, à nous les québécois.

Wolf Warrior n’est pas un désastre, mais ses faiblesses sont si grandes qu’il nous est difficile d’apprécier ce long-métrage à sa juste valeur, surtout que le scénario d’un patriotisme fanatique provoque de nombreux malaises, allant même à des extrémités qu’Hollywood n’a jamais osé atteindre durant la Guerre Froide ou la Guerre du Vietnam. Néanmoins, pour ceux qui, comme nous, attendaient Wolf Warrior avec beaucoup d’attentes devront baisser fortement ces dernières ou devront se contenter de visionner un autre long-métrage…

NB : Il est à noter que Wu Jing est crédité au générique original de Wolf Warrior sous le nom de Jacky Wu, mais qu’en Amérique du Nord, il est crédité sous son nom d’origine, Wu Jing, sur la jaquette du DVD et du Blu-ray du film. Puisque sur la majorité de ses projets il est crédité sous le nom de Jacky Wu, nous avons décidé de conserver ce pseudonyme dans cette critique, mais nous voulions que vous sachiez que Wu Jing et Jacky Wu sont la même personne.


Note : 0 / 5

Réalisation : Jacky Wu

Scénario : Jacky Wu, Yi Liu, Fengwuyaoji, The Last Guardian
Avec : Jacky Wu, Scott Adkins, Kevin Lee, Nan Yu, Sona Eyambe, Samuel Thivierge

Wolf Warrior (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
1.3

En conclusion

Malgré un dernier tiers jouissif, Wolf Warrior n’est tout simplement pas à recommander. Passez tout simplement votre tour…

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