Zombie Ninjas vs Black Ops (2015)

Résumé : Un ancien soldat se retrouve coincé au beau milieu d’un édifice pris d’assaut par des zombies créés par une expérience scientifique ratée.

Critique : 

Les petites heures du cinéma d’exploitation sont passées depuis des décennies. Les cinéastes australiens, italiens et thaïlandais ont dû s’adapter et offrir quelque chose de plus moderne. L’époque où foisonnaient les copies de Mad Max, les westerns spaghettis et les films de Weng Weng et de Franco Nero est révolue. Maintenant, le cinéma de ces pays se tourne vers l’avenir et tente de proposer des divertissements de qualité, des divertissements parfois surprenants, avec des films comme La vie est Belle, The Raid, ou Zombie Ninjas vs Black Ops

Les scientifiques d’une agence de sécurité et d’armement japonaise parvient à ressusciter des mercenaires tués au combat, créant ainsi des zombies qu’ils ne peuvent contrôler. Pris dans le chaos qui en résulte, Dillon, un ancien membre des forces spéciales, assiste malgré-lui à la prise de force du bâtiment de cette agence par ces zombies. Lorsqu’une équipe de Black Ops débarque sur les lieux, Dillon et quelques compagnons d’infortune feront tout pour survivre en étant coincés au milieu de ce combat.

Avant de débuter cette critique, il nous faut s’entendre sur le fait que nous ne sommes pas en présence de zombies, ni même de ninjas. En fait, si le long-métrage utilise le titre «Zombie Ninjas vs Black Ops» c’est qu’il n’existe pas de définition pour ce type de morts-vivants. Les créatures de ce long-métrage sont une sorte de mélange entre un ninja, un chien et un Xénomorphe (Alien), et même cette définition personnelle ne parvient pas à les décrire avec justesse.. Ce mélange aide à créer une atmosphère unique alors que nous avons exceptionnellement une race de zombies dont les actions sont totalement imprévisibles.

Le tout nous est servi dans un huis clos centré sur Dillon, un personnage au mauvais endroit, au mauvais moment, dans une situation qui fait grandement écho à Die Hard. L’objectif des personnages est bien attendu de survivre à ce qui leur tombe sur la tête, un peu comme John McClane dans Die Hard. Sauf qu’au lieu de se concentrer sur le verbal, le scénario de Zombie Ninjas vs Black Ops se focalise sur les scènes d’action et parvient à atteindre le juste milieu entre les scènes verbales et les scènes non-verbales, nous donnant suffisamment de contenu pour se sentir investi par notre trio de protagonistes. Malheureusement, lorsque les personnages parlent trop, notamment lors d’une scène explicative qui cherchait désespérément à dire les termes suivants : Zombies, Ninjas et Walking Dead, le scénario démontre quelques faiblesses pouvant jouer sur notre attention. Également, le scénario contient quelques incohérences comiques comme le fait que le héros principal semble avoir, par moments, une réserve de munitions illimitée dans son pistolet…

Néanmoins, la grande force de Zombie Ninjas vs Black Ops se trouve derrière la caméra. Rody Claude, un réalisateur australien qui trouve ici sa deuxième réalisation en carrière, parvient à faire beaucoup avec peu de moyens. Le long-métrage a même des allures de blockbuster alors que Claude explore en long et en large le gratte-ciel servant de terrain de jeu à son intrigue. Ce décor contribue grandement à la tension que le réalisateur installe dès les premiers instants du film, une tension décuplée par les agissements des «zombies», dont les comportements imprévisibles ajoutent un effet de surprise supplémentaire. Ce même décor aide grandement la photographie de Zombie Ninjas vs Black Ops avec un éclairage lumineux, haut en couleurs, mais pas dénudé de noirceur, un style contribuant à l’atmosphère unique du film. Malheureusement, Claude ne parvient pas à camoufler l’étroitesse de son budget dans certains éléments pouvant déranger, comme les maquillages des zombies ou dans les effets spéciaux utilisés pour simuler une explosion.

Mais soyons francs et parlons des scènes d’action. Grâce à la magie du montage et aux talents des acteurs et des cascadeurs du film, nous avons le droit à de magnifiques scènes d’action. Ces dernières impressionnent alors que le comportement erratique des zombies offre des combats énergétiques, dynamiques, avec une rapidité d’exécution et une précision rappelant le cinéma asiatique. Même qu’à certains moments, Zombie Ninjas vs Black Ops parvient tellement à exceller dans ce domaine, il parvient à égaler des classiques du genre comme John Wick ou The Raid

D’ailleurs, Zombie Ninjas vs Black Ops parvient à agencer son action parfaitement avec la trame musicale. Cette dernière, bien qu’elle soit trop forte (Il faut parfois mettre les sous-titres pour comprendre certains dialogues…) et qu’elle est ennuyeuse à l’occasion, réussit à insinuer un léger climat de peur dans des moments plus tendus, comme lorsque des personnages se cachent des affreux zombies, et à apporter de l’émotion lors des scènes plus tragiques, notamment lors de la scène d’action finale, alors que les bruits, les cris de douleur et le son des armes à feu parviennent à disparaître presque complètement pour laisser place à la musique d’un certain Rory Chenoweth, un choix audacieux qui rapporte grandement au final.

Dans le rôle de Dillon, nous avons un certain Adam T. Perkins, un acteur du monde du théâtre reconverti dans le monde du cinéma, qui offre une superbe performance, et il nous faudra définitivement garder un œil sur lui dans l’avenir, surtout s’il participe dans d’éventuels films d’action. Malheureusement, les acteurs qui l’accompagnent sont, dans l’ensemble, légèrement mauvais à cause du manque d’expérience relatif de ce casting. L’athlète de l’UFC Soa ‘The Hulk’ Palelei fait également parti de ce long-métrage et il a une bonne présence à l’écran, lui qui joue le chef des «Zombie Ninjas».

Malgré une prémisse digne d’un Call of DutyZombie Ninjas vs Black Ops étonne et surprend par l’efficacité de l’équipe de production (Que nous pouvons compter sur le bout de nos doigts…) qui parvient à offrir un long-métrage de grande qualité. Zombie Ninjas vs Black Ops n’est pas le film de l’année, mais il offre un divertissement décomplexé, avec une prémisse relativement unique, et ce pendant 90 minutes remplies de scènes d’action dignes d’un jeu vidéo, ce qui nous satisfait amplement…


Réalisation : Rody Claude

Scénario : Kylie Claude

Avec : Adam T Perkins, Korum Ellis, Neil MacKinnon, Kira Caine, Tegan M. Gregory, Paul Boucher, Tony Spencer, Soa ‘The Hulk’ Palelei

Zombie Ninjas vs Black Ops (2015)
3.8

En conclusion

Zombie Ninjas vs Black Ops est un long-métrage assez surprenant avec sa prémisse fortement originale. Un long-métrage que nous recommandons grandement…

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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